Contre les assassinats politiques à Paris : riposte internationaliste le 10 janvier


Appel à rejoindre le cortège internationaliste de la manifestation Justice & Vérité. Rendez-vous samedi 10 janvier à 10h rue de Dunkerque, à Paris


Le 9 janvier 2013 et le 23 décembre 2022, deux attentats ont frappé le cœur de Paris. À deux reprises, trois militant·es kurdes ont été froidement assassiné·es. Deux crimes politiques, deux attaques contre le mouvement kurde, deux messages de terreur envoyés depuis l’étranger.

Le 9 janvier 2013, Sakine Cansız, Fidan Doğan et Leyla Şaylemez étaient victimes d’un triple féminicide dans le 10ème arrondissement de Paris. Le 23 décembre 2022, Evîn Goyî, Mîr Perwer et Abdurrahman Kızıl tombaient à leur tour, assassiné·es au Centre culturel kurde Ahmet Kaya dans le même quartier.

Sakine Cansız (Sara), cofondatrice du PKK aux côtés d’Abdullah Öcalan, survivante des prisons et de la torture de l’État turque, fut l’une des architectes de la révolution des femmes et à l’origine de l’armée des femmes, les YJA-Star. Fidan Doğan (Rojbîn), responsable diplomatique du CDK-F, incarnait le lien entre le mouvement kurde et les forces politiques françaises et internationales. Leyla Şaylemez (Ronahî), jeune militante engagée dans la jeunesse kurde, portait l’espoir d’une nouvelle génération en lutte.

Evîn Goyî, à l’image de Sara, était une pionnière de la révolution des femmes. Combattante dans les quatre parties du Kurdistan, blessée au Rojava, elle incarnait la résistance vivante. Mîr Perwer, chanteur reconnu, avait demandé l’asile en France pour pouvoir chanter librement dans sa langue et est devenu une cible pour cette seule raison. Abdurrahman Kızıl avait fui son village détruit par l’armée coloniale turque et trouvé refuge en Europe, avant d’y être rattrapé par la violence d’État.

Ces crimes ne sont ni isolés, ni accidentels

Ils portent la marque de l’État fasciste turc et de ses services secrets, le MIT. Les enquêtes journalistiques ont établi la responsabilité directe du MIT dans le triple féminicide de 2013. De nombreux éléments indiquent également une implication, au minimum incitative, dans l’attentat de 2022. Depuis des années, des projets d’assassinats, des tentatives d’enlèvement et des opérations de surveillance visant des journalistes, militant·es, élu·es kurdes ou opposant·es turques en exil ont été déjoués sur le sol européen.

Pourtant, ces crimes se déroulent dans un climat de complaisance active des États impérialistes occidentaux. En France, le « secret-défense » continue de bloquer l’accès à des preuves essentielles dans l’enquête sur le triple assassinat de 2013. En Belgique, la coopération est entravée dès lors que les enquêtes mènent aux réseaux du MIT. Ailleurs, les autorités ferment les yeux, minimisent, étouffent les informations.

Aujourd’hui encore, malgré les discours sur un nouveau « processus de paix », l’État turc poursuit sa politique de négation, de répression et de guerre. Malgré l’auto-dissolution du PKK, l’annonce du dépôt des armes et le retrait des forces du nord du Kurdistan, l’État fasciste turc continue de nier l’existence même du peuple kurde.
Il menace les Forces démocratiques syriennes (FDS), exige leur soumission aux conditions imposées par le régime de HTC, pendant que se multiplient les attaques contre les Kurdes et les Alévis.
Aucune avancée n’est constatée concernant les conditions de détention d’Abdullah Öcalan, maintenu dans un isolement total.

Si l’État turc agit avec une telle arrogance, c’est parce qu’il est soutenu, armé et protégé. Par la France, qui couvre des attentats commis sur son propre sol. Par l’Allemagne, qui transmet des informations sur des réfugié·es politiques. Par l’ensemble des puissances impérialistes qui continuent d’armer l’armée coloniale turque.

Face à cette alliance des États impérialistes, une réponse s’impose : l’internationalisme et l’antifascisme.
C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des forces politiques, syndicales et associatives qui se reconnaissent dans cet appel à se mobiliser le 10 janvier 2026 à Paris, pour construire un bloc internationaliste au sein de la manifestation en mémoire des six camarades kurdes assassiné·es à Paris.

Pour Sara, Rojbîn et Ronahî, nous crions : Jin Jiyan Azadî !

Pour Evîn, Mîr et Abdurrahman, nous exigeons : Vérité et Justice !


Signataires :

L’Offensive Lille
Tsedek!
CNT-F
La Fédération Syndicale Unitaire – FSU
Socialisme ou Barbarie
Mut Vitz 13
AFA Paris-Banlieue
Samidoun Paris-Banlieue
Organize Fight Win
Collectif 1871
Jeunesse Communiste
Lignes Anti-Imp
Palestine Action

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