ICE assassins : la milice fasciste de Donald Trump


Le 7 janvier, Renee Good, mère de famille de Minneapolis, était exécutée de trois balles dans la tête alors qu’elle dénonçait les manœuvres de l’ICE, la police anti-immigration, près de chez elle. 48 heures plus tard, les autorités font bloc pour défendre ce crime, une énorme campagne de réécriture du réel s’est imposée, et les violences commises par l’ICE se poursuivent. On fait le point.


L'ICE, une milice paramilitaire particulièrement violente au service de Donald Trump.

Soutien inconditionnel

«Je veux que chaque policier de ICE sache que le président, le vice-président et toute l’administration sont derrière eux». Ce sont les mots de JD Vance, numéro 2 des USA, deux jours après l’exécution de Renee Good.

Il a aussi affirmé que l’agent de l’ICE qui a tiré va bénéficié d’une «immunité absolue». Vance a également repris le narratif qui sert à dédouaner le tueur : selon lui, le tireur était «traumatisé» par un accident de voiture survenu six mois auparavant, et était donc «un peu sensible». C’est justement le problème : donner des armes et garantir l’impunité à des individus qui n’ont pas de maîtrise de soi.

Diffamations post mortem

La porte parole de la Maison Blanche, qui a déjà traité la victime de «terroriste», assène désormais que les tirs étaient «le résultat d’un mouvement d’extrême gauche plus vaste et sinistre qui s’est répandu dans tout le pays».

Une immense opération de renversement du réel est en cours dans les médias étasuniens et sur les réseaux sociaux. Des montages ignobles sur Renee Good circulent, des internautes exhument sa vie privée, épluchent ses relations, publient des témoignages à charge de ses proches, utilisent ses poèmes ou des photos personnelles pour la discréditer. Elle est traitée partout de militante «radicale» et «d’extrême gauche», mais aussi de «folle» et de mauvaise mère. Sa relation amoureuse avec une autre femme, qui était présente lors des tirs, est massivement utilisée contre elle par les réseaux LGBTphobes. À l’ère de l’IA, le vrai et le faux se confondent, mais toujours pour salir la victime post mortem, et la rendre coupable de sa propre mort.

L’ICE continue de tirer

Deux personnes étrangères ont été blessées jeudi 8 janvier à Portland par des tirs de la police aux frontières, dans le cadre d’un présumé «refus d’obtempérer». Elles sont gravement blessées par balles mais toujours en vie. Le ministère de la Sécurité intérieure prétend que les victimes auraient tenté «rouler sur les policiers». Le même scénario que celui utilisé contre Renee Good, ou en France lorsque des automobilistes sont abattus. L’antenne locale du FBI a annoncé une enquête, avant de supprimer sa publication sur les réseaux sociaux.

9 personnes visées

En quatre mois seulement, des agents de l’ICE ont tiré sur au moins neuf personnes. Par exemple, Silverio Villegas-Gonzalez, immigré mexicain, tué au volant à Chicaho au mois de septembre, alors qu’il venait de déposer ses enfants à l’école. Au Texas, c’est un homme de nationalité mexicaine qui a trouvé la mort en croisant la route de l’ICE. À Los Angeles, Keith Porter, homme noir tué la nuit de réveillon par un agent de l’ICE hors service. Les paramilitaires racistes des unités anti-immigration raflent, et tuent régulièrement.

32 morts en 2025

L’ICE gère aussi des prisons et centres de rétention, où s’entassent des dizaines de milliers de personnes, y compris des enfants, en attente d’expulsion. Durant l’année passée, 32 personnes sont mortes derrière les barreaux de ces centres enfermant les étrangers. Le bilan le plus lourd depuis 20 ans. La plupart de ces décès sont liés à une absence de soins. Parmi les victimes, des demandeurs d’asiles ou des personnes vivant aux USA depuis leur enfance. Rien qu’au mois de décembre 2025, 6 personnes sont décédées dans les centres de l’ICE.

Mercenaires surpayés

L’ICE bénéficie d’un budget pharaonique de 170 milliards de dollars, un montant supérieur à celui des plus grandes administrations en France. Et cette police recrute à tour de bras. À peu près n’importe qui peut intégrer ces groupes paramilitaires, qui agissent comme bon leur semble, parfois en civil, parfois en tenue complète de soldat.

Le gouvernement Trump diffuse des publicités agressives avec le slogan «Join ICE», promet des salaires et des primes confortables, et il a même abaissé la limite d’âge à 18 ans pour entrer dans le service. C’est-à-dire qu’aux USA, vous pouvez chasser des migrants en étant armé jusqu’aux dents avant de pouvoir boire une bière. Le recrutement est tellement large que des personnes condamnées pour des crimes, ou ayant échoué les tests de stupéfiants, ont été admises.

L’ICE attire donc les plus brutaux et les plus racistes, qui peuvent ainsi agir et être équipés directement par l’État. Les dépenses en armes de l’ICE ont d’ailleurs augmenté de 600% en 2025. C’est ainsi une milice ultra-violente, composée des plus radicaux du trumpisme, qui se constitue, et à qui le gouvernement vient de promettre, à l’occasion de l’assassinat de Renee Good, l’impunité absolue.

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