Notre classe politique française s’inspire de Trump, avec deux projets de lois pour criminaliser toute critique de l’État génocidaire israélien et inscrire les groupes antifascistes sur la liste des organisations terroristes

En France, beaucoup ricanent ou s’épouvantent de la situation aux USA et des politiques néofascistes de Trump, tout en pensant que c’est loin, que cela n’arrivera jamais en France. Mais notre pays est déjà en voie de fascisation avancée, et Trump fait des émules dans les rangs du pouvoir et des médias. Deux propositions de lois qui viennent d’être déposées sont des copies conformes de ce qui a été appliqué outre-Atlantique.
L’apologie du terrorisme est un outil de maintien de l’ordre et de criminalisation de toute voix s’élevant contre le narratif imposé par nos gouvernements. La lutte contre le terrorisme est utilisée, notamment depuis 2015 et la mise en place de l’état d’urgence, pour réprimer la population musulmane, lancer des mesures répressives contre les militant·es écologistes et anticapitalistes. Nous sommes sur le point de franchir un nouveau cap.
Proposition de loi Yadan
Depuis octobre 2023, au moins un millier de personnes en France ont été poursuivies pour apologie du terrorisme pour leur soutien à la Palestine. Mais ce n’est toujours pas assez pour les sionistes fanatisés. Lundi 12 janvier sera examinée à l’Assemblée nationale une proposition de loi des plus dangereuses. Cette dernière est déposée par la députée Caroline Yadan, sioniste forcenée qui avait notamment déclaré « Le lien du Peuple Juif à la terre d’Israël n’a pas eu besoin de l’ONU pour exister, le sionisme est un rêve plusieurs fois millénaire et réduire Israël à une seule décision de l’ONU c’est nier l’histoire du Peuple Juif » et appelé à la dissolution de la France Insoumise pour lutter contre l’antisémitisme.
Ce projet du porte-voix direct de Netanyahou en France prétend « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » en criminalisant toujours plus les soutiens au peuple palestinien. L’article 1er étend considérablement le délit d’apologie du terrorisme. Ainsi, des « provocations indirectes » sans aucune définition légale, ou bien parler de « légitime résistance » pour la lutte du peuple palestinien, rentreront dans la définition déjà floue et fourre-tout de l’apologie du terrorisme. L’article 2 invente un nouveau délit : « Provoquer à la destruction ou à la négation d’un État ». Un article purement créé pour assimiler la critique de l’entité génocidaire israélienne à de l’antisémitisme, un combat que mènent les sionistes depuis des années.
Si cette loi est adoptée, de simples slogans comme « Free Palestine » pourront vous valoir 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. L’article 4 est tout aussi grave : il entend assimiler la critique d’Israël à la négation des crimes nazis. Cet article est particulièrement dangereux puisqu’il interdit tout simplement toute analyse critique, même académique et historique, du génocide commis par Israël en Palestine. Le Conseil d’État a d’ores et déjà pointé l’inconstitutionnalité de ces dispositions, et l’ensemble des organisations luttant pour la Palestine comme Urgence Palestine et les organisations juives décoloniales comme l’UJFP ont appelé à se mobiliser contre ce texte.
Proposition Le Rudulier
Stéphane Le Rudulier, sénateur Les Républicains aux relents de petit nazillon, qui assume qu’il «voterait pour Le Pen ou Bardella» en cas de duel avec Mélenchon aux présidentielles, et qui n’arrête pas de réclamer la dissolution du mouvement Insoumis, rêve de voir la France se transformer en régime ouvertement fasciste. Il évoquait début décembre au micro de la purulente « radio » Frontières la nécessité « d’ouvrir le débat » de classer les organisations antifascistes comme terroristes. Au niveau international, seuls la Hongrie et les États-Unis, régimes ouvertement néofascistes, ont osé un tel retournement. Il a même qualifié cette décision de Donald Trump de «décision de bon sens». C’est à présent chose faite, il a déposé sa proposition de résolution.
Ainsi, il «invite le Gouvernement à promouvoir l’inscription des groupes dits « antifas » ainsi que de toutes les entités et les personnes physiques directement ou indirectement liées à ce mouvement, sur la liste des personnes, groupes et entités faisant l’objet de mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre le terrorisme sur la base du règlement (CE) n° 2580/2001 du Conseil du 27 décembre 2001».
C’est le résultat d’une campagne idéologique pour inverser le réel : depuis des années des idéologues et des médias mettent sur le même plan le nazisme et l’antifascisme, et répètent à longueur de journée que les «vrais fascistes sont les antifascistes». Les nostalgiques d’Hitler aimeraient faire détester les résistants d’aujourd’hui. Et il ne faut pas – seulement – prendre ce Le Rudulier pour un illuminé. Il fait le pont entre la droite classique et l’extrême droite depuis des années, et lance dans le débat public de nombreuses idées liberticides qui finissent parfois par être appliquées. Par exemple il exigeait les dissolutions de groupes pour la Palestine ou écologistes avant tout le monde, et cela a fini par avoir lieu.
L’accusation de terrorisme pour écraser la contestation est une méthode classique des dictatures. Bienvenue en France.
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