Morandini maintenu sur Cnews malgré ses condamnations, Thomas Bauder, directeur de l’information de la chaîne, condamné pour des violences sur ses enfants. Le média de Bolloré, ennemi des plus vulnérables et protecteur de pédocriminels.

La droite française impose ses idées réactionnaires et homophobes depuis toujours au nom de la «protection des enfants». Ils étaient des millions dans la rue contre le Mariage pour tou·tes en 2013, afin de réclamer «un papa, une maman» pour le prétendu bien-être des têtes blondes. C’est aussi ce courant politique qui se réclame de l’ordre et des bonnes mœurs, veut des familles nombreuses, multiplie les sujets anxiogènes à propos des enfants «pervertis par le wokisme» et promeut une éducation stricte «pour leur bien». Pourtant, c’est cette même droite qu’on retrouve derrière le pensionnat Bétharram et des milliers d’écoles privées ayant abrité des prédateurs pédocriminels. C’est cette même droite qui frappe et agresse des enfants.
Le cas de la chaine d’extrême droite Cnews est emblématique de cette hypocrisie. Son animateur fétiche, Jean-Marc Morandini, a été condamné en appel après 10 ans de procédures pour avoir envoyé des messages à deux jeunes de 15 ans évoquant des scénarios sexuels et cherchant à obtenir une photo dénudée. L’homme de 60 ans avait aussi demandé à un adolescent de 16 ans de se mettre nu et de se masturber lors d’une audition pour le remake d’un film qui n’a jamais vu le jour. Pourtant, après cette condamnation définitive pour harcèlement sexuel et «corruption de mineurs», et à rebours des engagements pris par Cnews en 2016, l’animateur restera finalement à l’antenne. La nouvelle a de quoi glacer le sang.
Par ailleurs, Thomas Bauder, directeur de l’information de CNews, a été condamné en décembre 2025 à quatre mois de prison avec sursis pour des violences commises sur ses trois enfants entre 2017 et 2023. Le témoignage de sa femme révèle qu’il «leur donnait des douches froides, les giflait, les insultait et les rabaissait régulièrement». Les deux hommes, haut placés dans la hiérarchie de la chaîne d’extrême droite, conserveront leurs postes dans un climat général conciliant envers les violences à l’encontre des enfants.
Non contente de continuer à engraisser ces deux délinquants, la chaîne accueille ainsi régulièrement des discussions ou des invité·es minimisant systématiquement les violences éducatives, alors que d’après l’IFOP 8 parents sur 10 continuent d’en commettre régulièrement.
Visiblement pas le plus à jour sur la gravité de la question, Julien Pasquet, autre présentateur de Cnews, déclarait par exemple en janvier 2024 que «la claque, la fessée, c’est pas pour autant qu’on finit en hôpital psychiatrique». Avant d’être aussitôt rejoint par l’essayiste Naïma M’Faddel : «Moi je vais vous dire, j’ai mon gamin qui fait ça, ce n’est pas deux claques mais quatre claques que je lui mets» en référence aux révoltes après le meurtre de Nahel. Du «bon sens» conclut un autre invité. En effet, pour Cnews, les enfants non-blancs sont, de toute manière, déshumanisés, considérés comme suspects, et méritent d’être réprimés par la police quel que soit leur âge. Le racisme se superpose à l’âgisme.
Pour rappel, et les personnes qui en sont victimes n’ont de cesse de le rappeler, ces violences sont traumatisantes et occasionnent des souffrances profondes pour des enfants évoluant plus largement dans une société qui nie les droits des plus jeunes à la dignité.
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