Dans les médias, François Ruffin cultive une image de modéré, d’homme de gauche mais pas trop, il parle de nuance et de pondération dès qu’il faut prendre position sur les sujets importants.

Pourtant, il vient de publier un communiqué d’une rare radicalité ce vendredi 13 février. Alors qu’un militant d’extrême droite qui avait attaqué un meeting de la France Insoumise est entre la vie et la mort, et que personne ne sait rien des circonstances exactes qui ont conduit à cette situation, François Ruffin se précipite, il s’excite, il éructe. François Ruffin affirme, sans aucun élément, pas même un début d’enquête, que ce militant lyonnais aurait été «tabassé» et appelle à ce que les antifascistes soient «sévèrement punis». Des condamnations sans procès, on dirait du Sarkozy dans le texte. Même la police est plus prudente que François Ruffin, et elle explique dans le journal Le Monde qu’«aucune scène d’agression de cette nature n’apparaît sur les images de vidéosurveillance».
En 2017, le même François Ruffin était beaucoup plus prudent. Il refusait publiquement de soutenir les proches d’Adama Traoré et disait qu’il n’était «pas convaincu» par la version de la famille de la victime. Il demandait même au comité de soutien de lui «filer les preuves» sur la mort du jeune homme entre les mains des gendarmes. 2017, c’était un an après le décès par asphyxie d’Adama dans un commissariat. Visiblement, Ruffin n’avait pas eu le temps de se forger un avis ni de s’informer sur cette affaire.
Une lenteur et une modération qui contraste avec l’actualité. En 2026, François Ruffin n’aura mis que quelques heures pour voler au secours de l’extrême droite. Moralité, il a plus d’empathie pour les néo-nazis que pour les victimes de la police.
François Ruffin est un exemple caricatural de cette gauche qui préfère séduire l’extrême droite que la gauche. Mais il n’est pas seul. Un concert de condamnations des antifascistes et de soutien au militant d’extrême droite inonde tous les canaux de la classe politique de gauche, LFI comprise. Pourtant, imaginons qu’un groupe antifasciste ait attaqué un meeting du RN et qu’un militant soit gravement blessé ou mort dans un affrontement. Pensez-vous sérieusement que les élus de droite et d’extrême droite auraient rendu hommage à l’antifasciste touché, et auraient demandé des punitions contre les troupes d’extrême droite ? Bien sur que non. Ils auraient même criminalisé davantage les victimes, et justifié les faits.
Plus grave encore, les politiciens de gauche n’ont pas un mot pour les dizaines de victimes de l’extrême droite à Lyon. Depuis 20 ans, les néo-nazis, très présents dans cette ville, ont tabassé, poignardé, attaqué des prides, des librairies, des manifestations, des lieux de cultes, des bars, des squats, des boucheries, des concerts… Ils ont semé la terreur, implanté des locaux. Et ils étaient de nouveau présents contre le fameux meeting de Lyon qui a mal fini.
Personne ne le rappelle nulle part. Si le fascisme revient, c’est largement parce que la classe politique l’accueille à bras ouverts.
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