Le ministre des Affaires Étrangères reprend une citation suprémaciste anti-palestinienne

À droite : Golda Meir, ancienne cheffe du gouvernement israélien et suprémaciste ayant organisé le nettoyage ethnique de la Palestine.
À gauche : Jean-Noël Barrot, le ministre macroniste des Affaires Étrangères qui cite la première à l'Assemblée.

Le vertige et la nausée. Voilà ce qu’inspirent les déclarations du gouvernement macroniste. Le 9 avril, Jean-Noël Barrot, sinistre Ministre des affaires étrangères, prononçait un discours à propos de la nouvelle loi israélienne instaurant la pendaison pour les détenus palestiniens accusés d’intentions terroristes.

Alors que nous assistons à un génocide en direct mené par un État fasciste et militariste, Jean-Noël Barrot a choisi, dans son intervention, de saluer «l’éthique humaniste et universaliste» d’Israël. Cela ressemble à une provocation, mais le ministre enfonce le clou.

Peu après, il cite Golda Meir, ancienne dirigeante israélienne : «Nous pouvons pardonner aux Arabes d’avoir tué nos enfants. Nous ne pouvons pas leur pardonner de nous avoir obligés à tuer leurs enfants».

Jean-Noël Barrot reprend ainsi l’une des citations les plus perverses et les plus fascistes qui aient jamais été prononcées. Celle-ci inverse les responsabilités et impute des massacres d’enfants aux parents des victimes. Il faut être un raciste de la pire espèce pour suggérer qu’un peuple opprimé force celui qui l’opprime à tuer ses propres enfants. C’est du suprémacisme assumé, brut, une phrase qui aurait pu être prononcée par un SS.

Choisir cette citation alors qu’Israël a tué des dizaines de milliers d’enfants, dont des milliers de nouveaux nés à Gaza depuis 2023, est un summum de sadisme. En son temps, Golda Meir avait d’ailleurs ajouté : «Nous n’aurons pas la paix avec les Arabes, nous ne l’aurons que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent». Perversité maximale, à nouveau.

La déclaration de Jean-Noël Barrot est tellement choquante que nous sommes allé vérifier, et le vertabim de ce discours est bien en ligne sur le site du ministère.

Revenons sur le profil de Golda Meir. Première ministre israélienne entre 1969 et 1974, sioniste de «gauche», inflexible et sans scrupules, elle a été l’une des dirigeantes les plus violentes contre le peuple palestinien, dont elle a organisé le nettoyage ethnique. Elle vivait dans la maison qui a été volée à la famille palestinienne Bisharat, expulsée de Jérusalem en 1948. Golda Meir utilisait déjà une rhétorique qu’on entend aujourd’hui chez les génocidaires : la négation pure et simple du peuple palestinien. Elle disait à propos des zones colonisées : «Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre». Ou encore cette phrase terrifiante : «Les Palestiniens n’ont jamais existé». «Gaza deviendra un endroit où aucun être humain ne peut exister. Nous menons une guerre existentielle» disait récemment le général israélien Giora Eiland, s’inscrivant dans la même logique.

Dans les années 1970, le village palestinien d’Aqraba en Cisjordanie est choisi pour établir une nouvelle colonie israélienne. Golda Meir va d’abord organiser la destruction des récoltes, puis ordonner de pulvériser un produit chimique afin d’empoisonner les terres pour en chasser les habitants.

Après la guerre du Kippour, elle organise des politiques d’occupation et de colonisation dans les territoires conquis en 1967. Suite aux attentats de Munich en 1972, elle lance une opération appelée «Colère de Dieu» : une campagne d’assassinats extrajudiciaires, comme Israël adore en commettre. Au moins une personne innocente est assassinée par erreur par les services israéliens en Norvège.

Dans le contexte actuel de guerre généralisée et de radicalisation fasciste d’Israël, Jean-Noël Barrot choisit de recycler la rhétorique déshumanisante d’une ancienne dirigeante ayant multiplié les violences. Et tout cela dans le cadre d’un discours qui prétendait, apparemment, dénoncer la loi sur la peine de mort en Israël. Soit le Ministre des affaires étrangères ne comprend même pas ce qu’il lit, et c’est gravissime. Soit il le comprend et le fait sciemment, et c’est criminel.

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