Piraterie internationaliste : «Là où les États ont échoué à faire respecter le droit international, des gens ordinaires sont intervenus pour l’appliquer»

Depuis le 12 avril, la plus grande flottille humanitaire de l’histoire est partie de Catalogne vers les rives de Palestine. Plusieurs dizaines de bateaux et des centaines de participant·es de 70 pays, dont de nombreux professionnels de santé, juristes et ingénieurs sont à bord. Il s’agit de la troisième Global Sumud Flotilla pour briser le blocus imposé au peuple de Gaza.
Cette fois-ci, la flottille mène d’ores et déjà des actions directes en mer Méditerranée. Ce lundi 20 avril, plus d’une douzaine de navires de la flottille ont réussi à détourner un navire transportant des matières premières destinées à l’armement israélien, annonce la Global Sumud Flotilla dans un communiqué. «C’est la première fois qu’une flottille civile intervient directement pour perturber le transport maritime de matériel lié aux opérations militaires d’un État».
Concrètement, le trajet du MSC Maya, un porte-conteneurs appartenant à la multinationale du transport maritime MSC – Mediterranean Shipping Company – mesurant près de 400 mètres et battant pavillon du Panama, a été forcé à dériver. Il se dirigeait vers les ports israéliens d’Ashdod et de Haïfa. Une image de radar maritime montre le MSC Maya encerclé par d’autres navires, le poussant à dévier sa trajectoire.
La flottille pointe le rôle de MSC «comme axe logistique essentiel pour l’appareil militaire de l’occupation israélienne» et ajoute : «Bien que la compagnie affiche une apparence de neutralité commerciale, des enquêtes et des observateurs du travail ont mis en évidence un transport systématique d’acier allié de haute qualité utilisé dans la fabrication d’artillerie lourde».
Le communiqué fait référence à l’enquête publiée par la chaîne Al Jazeera et le Mouvement de la jeunesse palestinienne, basée sur des «documents commerciaux obtenus via les bases de données d’importation américaines», qui révélaient en février dernier que la compagnie maritime «transportait régulièrement des marchandises provenant d’entreprises situées dans des colonies israéliennes en territoire palestinien occupé». «Entre le 1er janvier et le 22 novembre 2025, MSC aurait facilité au moins 957 expéditions de marchandises depuis des avant-postes israéliens vers les États-Unis. Parmi ces expéditions, 529 ont transité par des ports européens, dont 390 en Espagne, 115 au Portugal, 22 aux Pays-Bas et deux en Belgique». Le média Off investigation explique également que «de l’acier destiné à produire des munitions en Israël est présent en grande quantité» dans les cargaisons de MSC.
L’action de la flottille «s’inscrit dans un mouvement mondial croissant visant à lutter contre la complicité où qu’elle se manifeste : dans les conseils d’administration, les usines, les ports et, désormais, en mer». La Méditerranée est à la fois un cimetière pour les réfugié·es et une zone de non-droit où les capitalistes font transiter des armes utilisées pour un génocide, pendant que l’aide humanitaire est empêchée de circuler et où l’armée israélienne se permet d’attaquer en toute illégalité des flottilles vers Gaza.
Face à la violence impérialiste : la piraterie internationaliste.
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