Nantes : action contre l’entreprise chargée de construire un centre de rétention

La façade de l'entreprise Léon Grosse repeinte près de Nantes alors qu'une banderole est déploye contre la construction d'un CRA.

À Nantes, un nouveau Centre de Rétention Administrative, c’est-à-dire une prison pour personnes n’ayant pas les bons papiers, est programmé pour l’année prochaine. Le site choisi se trouve près de la maison d’arrêt de Carquefou, et il s’agira de l’un des plus importants centres du pays, avec 140 places disponibles. En comparaison, celui de Rennes compte 56 places et celui d’Orléans 90. Une annexe du tribunal est également prévue à proximité. Coût minimum de l’opération : 36 millions d’euros hors taxes, sans compter le salaire des 200 policiers implantés dans ce lieu d’enfermement.

En février 2026, la préfecture de Loire-Atlantique a fait classer le CRA en Projet d’Intérêt Général, malgré une consultation publique affichant une opposition massive de 94% des participant·es. En parallèle, le nom du maître d’œuvre sélectionné pour ce projet était dévoilé : l’entreprise de BTP Léon Grosse.

Ce dimanche 19 avril, dans la zone industrielle de Saint-Herblain, un groupe est allé rendre visite au siège de l’entreprise. Dans le cadre de la journée de mobilisation nationale contre les Centres de Rétention Administratives, les organisations XR Nantes et les Soulèvements de la Terre Nantes ont repeint la façade du bâtiment et déployé une banderole.

Leur communiqué dénonce l’existence des CRA comme l’incarnation «d’un système capitaliste néocolonial et raciste qui se perpétue notamment par l’exploitation des personnes issues de l’immigration, en les criminalisant et les précarisant» et demande à Léon Grosse de se retirer du projet. «Nous tenons à rappeler qu’à Nantes une résistance de plus en plus forte et structurée s’oppose à la construction du CRA, elle se poursuivra et s’intensifiera jusqu’à l’abandon du projet» précise le texte.

Quant à la mairie socialiste, elle est invitée à cesser son double discours : d’un côté, elle fait semblant de dénoncer le projet de CRA et les violences policières, de l’autre, elle valide et accompagne toutes les mesures racistes et sécuritaires de l’État. Si la mairie veut garder le peu de crédit qui lui reste, elle doit prononcer l’abandon du projet.

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