«May day strong» : plus de 4000 actions contre Trump, la guerre, le racisme d’État et les milliardaires aux USA

Le saviez-vous ? Aux USA, pays présenté comme un phare de la démocratie et le champion du monde libre, le droit de grève est quasiment aboli. Dès la sortie de la seconde guerre mondiale, sur fond d’obsession anticommuniste, la loi Taft-Hartley votée en 1947 a drastiquement réduit la possibilité de faire grève. Débrayages interdits, préavis de 60 jours avant une mobilisation, interdiction totale du droit de grève pour les fonctionnaires, possibilité d’interdire toute grève qui «mettrait en danger la sécurité nationale» et obligation pour les syndicalistes de prêter le serment d’être «non-communiste ». Cette loi est toujours en vigueur.
Le 1er mai célébré dans la plupart des pays du monde n’est ni férié ni chômé aux USA. Le «Labor day», la «fête du Travail» et non des travailleur·ses, est organisée le premier lundi de septembre, histoire de se différencier de la vraie fête des travailleurs et travailleuses. Une particulière ironie, puisque cette date commémore la répression d’anarchistes de Chicago, exécutés injustement après une grève. Trump a même qualifié le 1er Mai de «Jour de la loyauté».
Et pourtant, malgré ce travail acharné des gouvernants étasuniens pour détruire toute conscience de classe, il vient de se passer quelque chose d’historique. Le mouvement «No Kings» qui avait mobilisé à trois reprises des millions de personnes contre Donald Trump depuis l’an dernier, a voulu se réapproprier la date du 1er Mai, et reprendre le flambeau de la lutte des classes.
Des grèves, des boycotts, des blocages et des manifestations ont eu lieu dans tout le pays. Alors que les organisateurs avaient prévu de 3000 à 3500 actions, il y en eu 4000. Des dizaines, peut-être des centaines de milliers de personnes ont participé aux manifestations du 1er Mai, et des campagnes de boycott du travail, de l’école et des achats ont eu lieu derrière le mot d’ordre «May Day Strong».
Il ne s’agissait pas d’une «grève générale» au sens littéral, mais d’une vague de désobéissance à grande échelle. Des salarié·es se sont mis en arrêt maladie, d’autres ont contourné les lois anti-grève d’une manière ou d’une autre, par exemple dans l’entreprise de grande distribution Target ou chez les infirmières à la Nouvelle Orléans. D’autres encore se sont fait porter «absent·es» comme de nombreux·ses enseignant·es. Par exemple, 70% du corps professoral de Madison dans le Wisconsin ne sont pas allé au travail, ce qui a obligé le district scolaire à fermer les écoles. La même scène s’est reproduite à Durham en Caroline du Nord ou à Chicago, où 40.000 enseignant·es ne sont pas allé·es donner cours.

Les salarié·es d’Amazon qui avaient terminé leurs heures de travail ont bloqué le siège de l’entreprise, et ont appelé à stopper les liens entre Amazon et ICE, la milice raciste de Trump. Des employé·es de l’aéroport de San Francisco ont bloqué l’aéroport. La Bourse de New York a aussi été perturbée. À Washington, près du Capitole, des manifestant·es brandissaient des pancartes proclamant «NO ICE» et «Stop aux expulsions» ou «Le peuple uni ne sera jamais vaincu». Un mouvement de «jeunes luttant contre le fascisme» appelé Sunrise Movement a déclaré que plus de 100.000 élèves avaient manqué l’école. Une manifestation étudiante a eu lieu sur le campus de l’Université d’État de Kent, dans l’Ohio.
Derrière toutes ces initiatives, l’exemple de la «grève générale» qui avait paralysé la ville de Minneapolis le 23 janvier dernier, après l’exécution de pleine rue de deux habitant·es par la police. Le mouvement avait obtenu le départ de l’ICE et la mise en retrait de son chef fasciste.
Le 1er Mai aux USA, des revendications sociales appelant à taxer les riches et à augmenter les salaires se sont mêlées aux questions antiracistes, mais aussi contre les guerres impérialistes et contre la toute puissance du capital. Au-delà du nombre, cette journée montre la montée en puissance de revendications fortes, anticapitalistes et parfois révolutionnaires dans une part de plus en plus large de la population.
Le mouvement «No Kings» se contentait de «dénoncer Trump» de manière un peu abstraite et dépolitisée. Ce Premier Mai, la mobilisation réclame des avancées concrètes et s’organise. C’est un sérieux coup de semonce pour le régime impérialiste, une journée qui prépare le terrain à de véritables grèves générales menées depuis la base.
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