La guerre de classe mondiale s’intensifie


L’organisation Oxfam et la Confédération syndicale internationale viennent de publier ensemble un nouveau rapport qui confirme l’accélération de la guerre de classe dans le monde.


Macron portant des lunettes de soleil : tout va bien pour la bourgeoisie, engagée dans une guerre de classe et un pillage généralisé des richesses.

Ce chiffre d’abord, éloquent : 3428 milliardaires sont recensés par l’organisation, dont 86% sont des hommes. Ils s’accaparent, à eux seuls, 17% du PIB de la planète. 3428 individus dominent l’économie mondiale et réalisent de superprofits grâce au pétrole, à l’agro-industrie, aux ventes d’armes, aux nouvelles technologies ou au secteur bancaire… 3428, c’est la population d’un petit village. Ou d’un bateau de croisière par exemple.

Imaginez ces 3428 hommes âgés et ultra-riches réunis sur une seule même embarcation, qui coulerait malheureusement au fond de l’océan. L’humanité entière en serait changée. En attendant, ces milliardaires n’ont jamais été aussi riches, et s’enrichissent à toute vitesse. Leur fortune totale a augmenté de 126.000 dollars par seconde en 2025.

En élargissant la focale, la fortune des patrons de multinationales a augmenté de 11% l’an dernier, contre 0,5% pour les travailleurs, en moyenne, dans le monde. Ces patrons ont empoché la somme moyenne de 8,4 millions de dollars en salaires et primes en 2025, ce qui est une forte hausse par rapport à 2024 : leurs revenus moyens étaient «seulement» de 7,6 millions de dollars.

Certains lecteurs diront qu’au moins, les salaires des travailleurs et travailleuses ont un peu augmenté en 2025. Mais c’est une erreur : ils se sont appauvris dans les faits. Lorsqu’on augmente votre paie de quelques centimes mais que les prix des denrées explosent, vous vous appauvrissez. Votre salaire ne compense pas l’inflation. Depuis 2019, les salaires réels en dollars constants des travailleurs à travers le monde ont chuté en moyenne de 12%. En parallèle, la rémunération moyenne des PDG a augmenté de 54%.

Autrement dit, ces dernières années, la guerre des classes s’est accélérée à l’échelle mondiale, puisque l’humanité n’a jamais produit autant de richesses, et que dans le même temps celles-ci sont de plus en plus mal réparties. L’immense majorité de ceux qui produisent la richesse ont perdu de l’argent pendant que les plus fortunés en ont capté toujours plus.

À l’échelle de la France, la situation est encore plus radicale. De 2010 à 2020, la fortune des milliardaires est passée de 82 à 442 milliards de dollars. Elle donc quintuplé en 10 ans, et a même dépassé les 500 milliards depuis 2023. Les trois présidents Sarkozy, Hollande et Macron ont été les serviteurs zélés des plus riches, tout en dévastant les services publics au nom de prétendus «déficits» insurmontables.

Sur le même laps de temps, le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a triplé, et il ne cesse d’augmenter depuis la pandémie, comme on l’a vu avec les files de centaines d’étudiant·es attendant pour l’aide alimentaire. Également, le nombre de sans-abri a plus que doublé depuis 2012, atteignant le nombre de 330.000. Une augmentation de 130% alors que le nombre de logements vides est passé de 1,9 à 3 millions entre 2006 et 2019. Et ces chiffres ont déjà quelques années. Le deuxième mandat de Macron a encore empiré la situation.

Il est possible de nourrir tout le monde, de loger tout le monde, de garantir des retraites pour toutes et tous ainsi qu’un accès à la santé et à l’éducation. Il n’y a pas de «crise», il y a un pillage organisé par les possédants et leurs valets. Et les gouvernants veulent continuer de nous voler. Il y a une guerre sociale menée par les riches, et il est temps que le plus grand nombre entre dans la bataille.

SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !

Tous les 15 jours recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque.