
Les images abominables, prises par un passant, datent du 15 mai 2026, dans une artère commerçante de Dublin. Les faits se sont déroulés sur Henry Street aux alentours de 17 heures. Sur cette vidéo de plus de 5 minutes, Yves Sakila, 35 ans, congolais, agonise. Il est immobilisé au sol, face contre terre, supportant le poids de plusieurs agents de sécurité sur le corps.
Dans cette séquence, on peut voir un vigile poser son genou sur la base du cou du trentenaire, tandis que d’autres lui compriment la cage thoracique ou lui maintiennent la tête contre le sol. En tout, ils sont quatre agents de sécurité, rejoints par un cinquième, à participer à cet acte criminel. Ces techniques d’immobilisation brutales, généralement utilisées par la police, peuvent entraîner la mort par asphyxie. Au début de la vidéo, on entend les cris de détresse d’Yves. « À l’aide » prononce-t-il, puis plus rien. Ce qui a déclenché « l’arrestation » serait un simple vol supposé de parfum, qui n’a même pas été prouvé.
La scène est d’une violence inouïe. Pendant plus de 5 minutes donc, ces hommes vont écraser le corps du trentenaire, et personne parmi les passants ne semblent réagir alors qu’Yves Sakila suffoque. On pense évidemment à d’autres images : celles de Goerge Floyd étouffé dans les mêmes conditions, et qui répétait «I can’t breathe». C’est une mise à mort filmée d’un homme noir. Ce décès rappelle aussi celui de Cedric Chouviat ou Adama Traoré en France, tués dans des conditions similaires à la suite d’un plaquage ventral par des policiers.
Lorsque les forces de l’ordre irlandaises arrivent sur place, ils passent les menottes aux poignets de la victime avant de se rendre compte qu’elle est inconsciente. Son corps inerte gît sur le sol. Malgré l’intervention des secours quelques instants plus tard, Yves Sakila sera déclaré mort à l’arrivée à l’hôpital.
Le réseau Irlandais contre le Racisme s’est dit « très perturbé par les images ». Il ajoute que « la mort d’un homme noir dans de telles circonstances est extrêmement inquiétante ». La communauté congolaise a organisé un rassemblement sur les lieux du crime pour dénoncer les violences à leur encontre et rendre hommage au défunt. Des dizaines de personnes ont pu chanter et réciter des prières. Une autre manifestation est prévue, cette fois-ci devant le parlement irlandais ce jeudi pour réclamer justice.
Cette affaire révèle le fétichisme du capital : des travailleurs prêts à tuer un inconnu pour un soupçon de vol. Les agents de sécurité privée ne sont que des auxiliaires de police à la solde d’intérêts bourgeois, des traîtres à leur classe. S’ils sont capables de voler une vie avec les mêmes méthodes violentes que la police, ils ne méritent ni égard ni patience.
Yves vivait en Irlande depuis 2004.
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