Haute-Savoie : des arrestations lors d’une action contre l’industrie de l’armement


13 activistes violemment interpellé·es sur le site de l’entreprise Nicomatic, complice de Thalès : communiqué


Le site de Nicomatic, en Haute-Savoie, où 13 personnes ont été interpellées lors d'une action contre la guerre et l'armement.

Cette nuit entre 3h et 4h du matin, des militantes et militants se sont introduit·es sur le site de l’entreprise haute-savoyarde Nicomatic puis se sont fait·es violemment interpeller par la police. Il y a deux semaines, une action de sensibilisation avait déjà été menée contre cette même entreprise sur le site Nicomatic de Saint-Cergues, pour dénoncer les agissements du sous-traitant.

Cette action avait été menée dans le cadre de la coalition d’organisations « Guerre à la Guerre » et plus particulièrement dans le cadre de la campagne « Guerre à Thalès » débutée en janvier 2026, pour interpeller les salarié·es de l’armement.

Bien moins visibles mais tout aussi coupables, il existe en France, de nombreuses entreprises qui travaillent main dans la main avec le fabricant d’armes Thalès. La société Nicomatic en fait partie. Elle s’inscrit dans une galaxie d’entreprises (AR-Electronics, Exxelia, Radiall, Lynred NIT, etc.) qui se rendent complices de la guerre en fournissant des composants, même les plus insignifiants, indispensables pour tuer.

De Thalès on connaît le nom. Mais qui soupçonnerait cette petite entreprise “familiale” installée au pied des montagnes ? Et pourtant, Nicomatic est une multinationale française fabricante de composants de matériel électronique vendus dans le monde entier. Électroménager, industrie, aérospatial… c’est surtout dans le secteur de l’armement que Nicomatic puise ses profits. En 2025, son chiffre d’affaires s’élevait à 150 millions d’euros…Un joli butin généré grâce à la mort de millions de civils.

Yermak-McFaul (groupe d’expert·es indépendant·es travaillant sur la mise en œuvre de sanctions contre la Russie et la Biélorussie en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine), après avoir analysé près de 3000 composants retrouvés sur des armes russes (missiles, drones, véhicules blindés, tanks, hélicoptères…), confirme avoir retrouvé à l’intérieur des connecteurs Nicomatic.

En 2024, une enquête RTL révèle que Nicomatic a continué de vendre des composants critiques à Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022. Une affaire qui rapporte puisqu’elle a permis à l’entreprise haute-savoyarde de doubler son chiffre d’affaires entre 2022 et 2024… Dans un cynisme absolu, le complexe militaro-industriel français, y compris de petites entreprises comme Nicomatic, arme tous les belligérants.

L’action organisée la nuit dernière s’est donc soldée par des arrestations. Un témoin de la scène raconte : « Il y a eu des violences policières, certains ont été plutôt épargnés mais une des personnes à quand même pris un coup de genou alors qu’elle était déjà menottée ».

Sous tension, on imagine qu’en plus d’un contexte de répression disproportionnée lié à l’imminence du sommet du G7 et à une récente action la visant, Nicomatic a renforcé sa sécurité.


L’article de l’action du 1er juin

Pour en savoir plus sur la campagne

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