
Le 17 juin, Macron recevait le criminel de guerre d’extrême droite Donald Trump à Versailles, dans des salons et couloirs grandioses couverts d’or et de marbre, érigés par la monarchie absolue. Au XVIIème siècle, la construction de ce château sur des marécages a duré plus de 50 ans et tué des milliers d’ouvriers. Le prix à payer pour que le Roi Soleil puisse installer sa cour dans le luxe, à l’écart du peuple de Paris.
Macron adore s’exhiber à Versailles et épater ses invités en exhibant les richesses du château. Il y avait accueilli Vladimir Poutine dès mai 2017. Il y organisait un sommet européen en mars 2022, puis des «acteurs du monde de l’industrie» pendant plusieurs années consécutives, ou encore des repas avec têtes couronnées et décideurs.
Cette fois-ci donc, c’est Donald Trump qui était reçu. Dans le cadre d’un dîner de travail «sobre», promettait l’Élysée. Quand on parle de repas «sobre», on imagine des nouilles au gruyère ou du riz avec une bonne sauce. Mais nos monarques n’ont pas la même notion de la sobriété que nous.
Le dîner entre Donald Trump et Emmanuel Macron aurait coûté entre 350.000 et 700.000 euros d’argent public selon l’association Contribuables associés, une estimation réalisée à partir du coût des précédentes réceptions à Versailles. Au menu : porc noir de Bigorre et asperges du Val-de-Loire en entrée, caviar, volaille à la truffe accompagnée de pommes de terre et dessert au chocolat par le chef monégasque Alain Ducasse, récompensé de 17 étoiles Michelin.
La note est coquette, surtout pour une trentaine d’invités seulement, dont plusieurs milliardaires comme Bernard Arnault et Rodolphe Saadé, proches de Macron. Pourquoi offrir, avec notre argent, des repas luxueux à des gens qui sont riches à ne plus savoir que faire de leur propre fortune ? S’agit-il d’une manière de nous humilier ?
Quoiqu’il en soit, si l’on retient l’estimation haute, 700.000 euros pour 30 convives cela représente 23.333 euros par personne. Un an de SMIC pour un seul gueuleton. Tout en sobriété.
En juillet 2024, le gouvernement avait organisé un «dîner exceptionnel» dans l’enceinte de la Pyramide du Louvre pour célébrer le début des Jeux Olympiques avec des centaines d’invités prestigieux. Paris Match commentait avec déférence les «mets exquis» servis «pour satisfaire le palais d’invités d’exception». Parmi les invités, le roi d’Espagne, la femme de Joe Biden, le président israélien, François Hollande ou encore la présidente de la Banque Centrale Européenne. Des gens qui mangent déjà bien à la cantine.
Le dîner offert au roi d’Angleterre Charles III en septembre 2023 avait coûté 475.000 €. À l’époque, du homard bleu, de la volaille de Bresse et des macarons à la rose concoctés par des chefs triplement étoilés étaient servis par des domestiques dans la Galerie des Glaces. On trouvait déjà Bernard Arnault et le milliardaire Xavier Niel, à table avec la dirigeante de Chanel, la présidente d’Engie, le patron de Renault ou la PDG d’Eurostar, mais également des vendeurs d’armes, tous venus se régaler aux frais du Prince. Décidément, la République française est généreuse avec sa nouvelle aristocratie. L’Élysée avait même offert aux invités des bouteilles à emporter : des magnums de champagne de marque, dont certains coûtaient jusqu’à 2.700 euros la bouteille. Alors que des millions de personnes peinent à payer leurs courses ou leur plein d’essence.
Pour finir, Macron a fait exploser le budget de l’Élysée. En 2025, le Gouvernement avait augmenté les crédits de 3 millions d’euros pour le palais présidentiel, soit une ardoise totale de 125,7 millions d’euros annuels. Des dépenses qui comprennent la cuisine gastronomique, les chauffeurs, les fleurs, les décorations, les fournitures et les réceptions du couple Macron… Bref, la vie de château. Mais cela ne prend pas en compte les réceptions en dehors de l’Élysée, comme celle de Versailles !
Dès son arrivée au pouvoir, Macron s’est gavé comme un porc avec l’argent de la République. En 2020, il faisait sauter le budget de fleurs de son palais, avec une facture à 600.000 euros dont 400.000 pour des «fleurs coupées» en pleine crise sanitaire. Sous son mandat, le coût de l’Élysée a augmenté de 25%, malgré ses politiques d’austérité à répétition. Les salaires de la plèbe n’ont pas connu la même évolution.
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