
Le deux poids deux mesures saute aux yeux. Pendant deux semaines, toute la classe politique française était en boucle sur une DJ pro-Israélienne prétendument «lynchée» par la France Insoumise. Tout était faux, il n’y avait ni violence, ni antisémitisme et encore moins de responsabilité de LFI, mais le mal était fait. Avant cela, l’antifascisme était traîné dans la boue parce qu’un néo-nazi avait perdu une bagarre qu’il avait déclenchée. C’est désormais contre le maire LFI de Saint-Denis que la meute médiatique se déchaîne.
Et c’est un flux continu : chaque discours de Mélenchon déclenche des jours de polémiques stériles. À chaque manifestation, on demande à LFI de «condamner» les violences. Mais quand des membres du RN commettent littéralement des agressions, c’est le silence. Personne ne demande de comptes à Bardella ou Le Pen. Personne ne rappelle que le RN est un parti dangereux. D’ailleurs, ces faits ne sont même pas évoqués dans les médias de masse. Pour la majorité de la population, ils n’existent tout simplement pas. Quelques exemples recensés en ce début de mois d’août 2026.
Un colistier du RN assassine son-ex conjointe dans le Vaucluse
C’est le 86ème féminicide depuis le début de l’année. Le 6 août 2026 à Bollène, petite ville de 14.000 habitants de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le corps sans vie d’une femme de 35 ans est découvert à son domicile. Elle s’appelait Katerina Lukesova et était mère de deux enfants.
Elle a été sauvagement tuée chez elle, frappée à plusieurs reprises à la tête par son ex-compagnon, Mojmir Gargula. L’individu a été arrêté par le GIGN d’Orange le soir même, et il est décrit dans les articles de la presse locale comme un homme extrêmement jaloux. Il n’aurait pas supporté la séparation.
Le suspect, un ancien légionnaire, colistier du RN lors des dernières élections municipales dans sa ville, logeait dans un hôtel particulier à quelques centaines de mètres de l’appartement de la victime. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait porté de multiples « coups au niveau du crâne et du visage » de Katerina « avec un objet contondant ». Il était déjà connu pour des faits de « violence par conjoint ».
Depuis le mois de juin dernier, Katerina bénéficiait d’une ordonnance de protection et possédait un téléphone « grave danger » – un dispositif téléphonique, distribué par la Justice aux personnes victimes de violences conjugales ou de viols, sensé déclencher le déplacement prioritaire des forces de l’ordre en cas d’alerte – suite aux agressions de son ex-conjoint. Il devait être convoqué au tribunal en novembre prochain et placé sous contrôle judiciaire pour ces faits.
Mais ces mesures n’ont pas suffi à protéger la victime. Le meurtrier a été présenté à un juge d’instruction et écroué pour homicide volontaire. Les médias, si prompt à instrumentaliser certaines violences sexistes et sexuelles, parleront-ils de cette affaire ?
Une journaliste agressée par un élu du RN à Cagnes-sur-Mer
Le quotidien Nice-Matin s’est fait le relais de l’affaire le vendredi 7 août. Et pour cause : il s’agit d’une de ses journalistes ! Alors qu’elle couvrait les incendies dans la région, une reporter du journal a été violemment bousculée et projetée au sol par un élu de la majorité municipale de Cagnes-sur-Mer, passé au Rassemblement National.
Ugo Massi, agriculteur et membre du RN, lui a arraché son téléphone dans la bousculade. Il s’agit d’une entrave à l’exercice de sa fonction. La journaliste a fini par devoir être exfiltrée par des proches de l’élu. Le Parti Communiste des Alpes-Maritimes dénonce les violences, et écrit que cet acte révèle «le véritable visage de l’extrême droite lorsqu’elle exerce le pouvoir : celui de la brutalité, de la pression sur les contre-pouvoirs et du mépris des principes républicains».
Encore une fois, imaginons que ce soit une élu FI qui ait frappé un ou une journaliste : ce serait une véritable tornade sur les plateaux de BFM, France Info ou Cnews et dans les colonnes de Libération et Médiapart pour dénoncer le «totalitarisme» du parti, et plusieurs livres supplémentaires seraient publiés dans la foulée pour cogner sur les insoumis.
À Caen, une femme voilée se fait insulter et cracher dessus alors qu’elle boit un verre en terrasse
La vidéo cumule des millions de vues sur les réseaux sociaux. On y voit un petit groupe d’adolescentes voilées en train de profiter d’un verre en terrasse, rue Écuyère à Caen. Tout un coup, une passante débarque, visage disgracieux et voix haineuse : elle commence à insulter les jeunes filles de «sales putes» et de «salopes».
Tesnim, 17 ans, qui a pris les images le 8 août raconte : «Elle est venue nous parler de vote, d’Europe, ce n’était pas très clair. Une de mes amies lui a demandé de nous laisser tranquilles, puis elle nous a traitées de ‘sales Arabes de merde’. Je me suis levée pour lui demander de répéter, le serveur nous a séparées. Puis elle est revenue à la charge et j’ai décidé de filmer».
Avant de s’éloigner, l’agresseuse crache sur celle qui prend la vidéo. Tesnim, militante au sein des Jeunesses Communistes, parle d’un racisme quotidien et banalisé auprès des journalistes d’Ici Normandie, et incite les personnes victimes à filmer ces agressions haineuses. «Si on ne filme pas, on ne nous croit pas», déplore la jeune femme.
Violences racistes contre une élue de LFI près de Bordeaux
Aminata Pouye est élue de la France insoumise, elle siège dans l’opposition au conseil municipal de la ville de Talence, commune à proximité de Bordeaux, dirigée par un maire de droite nommé Emmanuel Sallaberry. Femme, noire, de gauche, elle incarne tout ce que les fascistes détestent.
Le soir du 8 août, à la sortie d’une réunion, elle est suivie par quatre hommes à bord d’un véhicule qui profèrent des injures à caractère raciste en sa direction et l’aspergent d’un liquide qui lui provoque une irritation des yeux. Il s’agit vraisemblablement d’un spray lacrymogène. Pire, vu le mode opératoire, ces assaillants semblent s’être renseignés sur l’emploi du temps de l’élue, et l’avoir filée pour pouvoir commettre des violences à son encontre. Des méthodes mafieuses.
Dans l’Yonne, trois individus tendent une embuscade à un militant insoumis
Dans la soirée du dimanche 9 août à Chevanne, un homme de 68 ans est tombé dans un guet-apens ultra-violent alors qu’il circulait à vélo. Trois individus se vantant de voter Jordan Bardella l’ont fait chuter de bicyclette avant de le rouer de coups et de l’étrangler au sol jusqu’à la limite du malaise. La personne agressée est un militant insoumis. Ce sont des voisins qui ont prévenu les secours.
Le sexagénaire sous le choc a ensuite été admis aux urgences, visage tuméfié et arcade ouverte. La tête de liste LFI aux municipales de la ville d’Auxerre, Adrien Provence dénonce un climat de violences et d’agressions à répétition de l’extrême droite dans son département. Le RN y a réalisé des poussées lors des dernières élections.
Ici, les nervis fascistes s’en sont pris à un homme âgé et sans défense, donc l’affaire ne sera pas évoquée en prime time. Mais que se serait-il passé si la victime avait été en capacité de se défendre et avait blessé l’un de ses agresseurs ? Se serait-il retrouvé sur le banc des accusés par les petits procureurs de plateaux TV ?
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Les cryptos-fascistes de la Big Tech peuvent supprimer Contre Attaque des réseaux « sociaux » du jour au lendemain, d’un simple clic. Pour renforcer l’autonomie des médias révolutionnaires, il est urgent de se doter de moyens de diffusion indépendants. Tous les 15 jours, recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque !



