Scandale international : Ursula Von Der Leyen légitime et arme la colonisation


En toute discrétion et en plein génocide, la Commission Européenne veut conclure un accord policier avec Israël


Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission Européenne, serre la main de Benjamin Netanyahou, le premier ministre génocidaire israélien.

Une enquête de l’organisation britannique Statewatch révèle que la commission européenne, dirigée par Ursula Von Der Leyen, a cherché à conclure un accord de coopération policière avec les services de répression israéliens. Et cela en-dehors de tout cadre autorisé et sans aucun contrôle des instances légales et décisionnaires de l’Union Européenne.

Une fois de plus, des dirigeants sans légitimité enterrent la morale, le droit international et les règles de fonctionnement de leurs propres institutions. Plutôt que de sanctionner un État fasciste qui assassine à la pelle hommes, femmes, enfants, activistes et journalistes, ils préfèrent lui donner les moyens d’opprimer encore plus efficacement. Cette affaire d’État confirme encore davantage la responsabilité de l’Union Européenne dans la poursuite du génocide et de la colonisation en Palestine.

Un accord policier qui arme et légitime la colonisation

La proposition d’accord est disponible en ligne, sur le site de l’organisation Statewatch, qui défend les droits humains et mène des enquêtes. Il est glaçant : cet accord offrirait aux autorités israéliennes un accès aux données d’Europol, l’agence de coordination des services de répression européens. Une mine d’or pour l’État génocidaire qui mettrait alors la main sur un effrayant panel d’informations sensibles énumérées ainsi dans le texte : «L’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, l’appartenance syndicale, les données génétiques et biométriques et celles concernant la santé ou l’orientation sexuelle» de toute personne suspectée, par exemple, de cybercriminalité ou de terrorisme par les polices européennes.

Quand on sait la large définition du terrorisme qu’Israël adopte, les arrestations arbitraires et les conditions de détention inhumaines, l’objectif de cet accord est limpide : intensifier les capacités de contrôle et de répression des palestiniens et des opposants au colonialisme. De fait, ces données pourront aussi être utilisées pour enquêter et poursuivre leurs soutiens associatifs, journalistes, politiques en Europe et sur place.

Plus insidieux encore, l’accord romprait de manière inédite avec la position de l’Union Européenne qui était de ne pas appliquer ses accords avec Israël dans les territoires occupés. Ça serait donc le premier accord international entérinant la légitimité de l’État colonisateur à exercer son autorité en Cisjordanie ou au Golan, et ce au mépris du droit international. Pour rappel, en 2024 la Cour Internationale de Justice a statué qu’Israël doit «mettre fin à sa présence illicite dans les territoires palestiniens occupés aussi rapidement que possible» et que tous les États et organisations internationales doivent éviter toute action susceptible de contribuer au maintien de cette présence illicite. La proposition d’accord dessinée par la Commission européenne est donc parfaitement criminelle et illégale de bout en bout.

Von der Leyen avance masquée et en toute illégalité

Petit rappel des acteurs dans cette affaire : la Commission Européenne a uniquement un rôle mandataire accordée par le Conseil Européen, qui représente les différents gouvernements et est l’organe décisionnaire avec le parlement. Or le service juridique du Parlement a jugé que la Commission avait agi de manière clandestine, en l’absence de tout mandat et sans consulter les autres parties chargées du dossier.

Sans contrôle externe du Parlement, les négociations se sont poursuivies en-dehors de tout cadre autorisé au cours de sept réunions avec des diplomates israéliens entre 2023 et janvier 2026, en plein génocide, et dont les discussions restent à ce jour classifiées. Après le droit international, c’est maintenant le fonctionnement même de l’Union Européenne qui se voit purement et simplement bafoué par ses propres représentants.

Des collaborations répressives qui ne datent pas d’aujourd’hui

Les liens policiers entre les pays européens et Israël ne sont malheureusement pas nouveaux, et en particulier avec la France. Non seulement notre pays a longtemps été le premier fournisseur européen d’armement du régime Israélien, mais il échange aussi des «savoirs» avec lui en matière de répression.

Durant l’été 2023, après les émeutes suite à la mort de Nahel, Gérald Darmanin avait officiellement demandé des conseils à Israël pour maintenir l’ordre. Devant une commission des parlementaires de la Knesset, le chef de la police israélienne disait avoir reçu un fax du ministère de l’Intérieur français pour un partage d’expérience sur la gestion des manifestations. Le ministre de la sécurité israélien d’extrême droite a donc proposé des pistes à la police française pour mater les révoltes. De fait, les forces de l’ordre se comportent dans les quartiers à la manière de colons en zone occupée. Après les émeutes de 2005, Nicolas Sarkozy avait déjà demandé des conseils aux autorités israéliennes. Et inversement, la France propose des formations et outils aux polices du monde entier, dont Israël.

Le projet d’accord européen s’inscrit donc dans une continuité, mais il franchit une étape de plus. Pour Von Der Leyen et ses sbires, tout est bon pour protéger Israël de la moindre conséquence de ses actes : mettre discrètement les pétitions citoyennes à la poubelle, ignorer la justice internationale et désormais outrepasser ses propres lois et institutions.

Alors que les sanctions devraient pleuvoir, nos dirigeants font le choix de franchir une marche supplémentaire dans leur soutien au génocide. Plutôt que de soutenir l’exécution des mandats d’arrêt de la Cour Pénale Internationale, elle met sa force à disposition des criminels de guerre visés par ceux-ci. L’inversion des valeurs est désormais totale.

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