Terreur raciste en Vendée : le domicile d’une famille de demandeurs d’asile incendié deux fois en moins d’une semaine


Scène glaçante à La Garnache en Vendée. La commune située au nord de Challans, qui compte un peu plus de 5.500 âmes, s’est réveillée vendredi 11 septembre sous le choc de la violence d’extrême-droite.


Des photos de l'incendie et du tag raciste retrouvé sur le domicile des demandeurs d'asile à La Garnache

La nuit précédente, le logement de demandeurs d’asile a été la cible d’un incendie volontaire, vers 3 heures du matin, lorsque toute la famille dormait. Sur les murs, au-dessus de vélos d’enfants calcinés, une inscription raciste taguée à la bombe de peinture : «Enlève ton voile». Le O du mot voile a été remplacé par une croix celtique, symbole suprémaciste blanc utilisé par les néo-nazis. Les faits sont graves et la tentative d’homicide est signée : une famille est ciblée pour son origine et sa religion supposée.

Plus effrayant encore, le Courrier Vendéen écrit qu’il s’agit du deuxième incendie en moins d’une semaine visant l’habitation. Cette famille originaire d’Érythrée, comprenant deux adultes et quatre enfants âgés de 1 à 9 ans, est arrivée dans la commune il y a moins de deux mois. Et elle est déjà victime d’une campagne raciste et de tentatives d’assassinat.

Le collectif antifasciste Bastyon de Résistance, basé à La Roche sur Yon, mène un travail de veille sur les groupes et les violences d’extrême droite du département. Dans un post Instagram faisant écho à l’affaire, il indique que plusieurs membres du groupuscule «Virido Galia» – «La Gaule puissante» en latin – vivent dans cette zone géographique. Cette obscure bande fasciste signe ses graffitis nocturnes de croix celtiques, et est proche du Parti Rassemblement Vendéen – PRV – fondé par un certain Eric Mauvoisin-Delavaud. Un militant anti-immigration, passé par le Rassemblement National et Reconquête. Dans un manifeste, le PRV défend le droit des maires de refuser l’établissement de structures d’accueil de migrants sur leur commune.

Cette série d’incendies volontaires intervient dans une séquence politique dramatique et suite aux annonces islamophobes du Rassemblement National. Il y a quelques jours le parti expliquait vouloir interdire le port du voile aux femmes musulmanes dans l’espace public en cas de victoire, une promesse raciste qui encourage la violence et les passages à l’acte. Quels éditorialistes demanderont aux responsables du RN de rendre des comptes sur l’affaire criminelle de La Garnache ?

Les incendies contre les biens et les personnes sont une caractéristique des groupes fascistes violents. En novembre 2015, à Nantes, un bâtiment occupé par une cinquantaine d’exilés était attaqué par des individus masqués qui avaient jeté plusieurs cocktails Molotov sur la façade, ainsi que des bouteilles remplies d’essence à l’intérieur du lieu.

En août 2019, un homme de 84 ans incendiait la porte de la mosquée de Bayonne. Surpris par deux fidèles, l’octogénaire avait fait usage d’une arme à feu, les blessant grièvement. Le coupable : Claude Sinké, ancien candidat du Front national en 2015 aux élections départementales.

Dans la nuit du 22 mars 2023, aux alentours de 5 heures du matin, la maison de Yannick Morez, maire de Saint-Brévin-les-pins, était la cible d’un incendie criminel. Lui et sa famille se trouvaient à l’intérieur du domicile au moment des faits, et ont échappé de justesse à une intoxication mortelle. L’attentat s’inscrivait dans un climat de tensions alimentées par l’extrême droite contre un centre d’accueil de demandeurs d’asile – CADA – dans la commune. Deux suspects opposés aux CADA avaient été arrêtés et immédiatement relâchés après leurs gardes à vue. Aucune autre interpellation n’a eu lieu, et ce qui aurait dû être un scandale d’État était passé sous les radars médiatiques. L’élu, terrifié et abandonné par les autorités, avait dû démissionner.

En août 2025, la maison du parc de la bergère à Bobigny était dégradée et recouverte de tags racistes. Quelques jours plus tard, le bâtiment était incendié, alors qu’il venait d’être officiellement renommé en hommage à la résistante algérienne Danièle Djamila Amrane-Minne.

Historiquement, les attaques risquant de brûler vifs des êtres humains sont une marque des fascistes, comme en novembre 1938 lors de la nuit de cristal : plus de 1.000 synagogues et lieux de culte juifs étaient pillés et brûlés par les SA, les SS et les Jeunesses Hitlériennes. Les pompiers avaient reçu l’ordre de ne pas éteindre les feux. On retrouve ces pratiques pogromistes chez les colons israéliens qui incendient les maisons de palestiniens en Cisjordanie.

Revenons à l’affaire de La Garnache. Heureusement, la famille bénéficie du soutien de la population locale, qui dénonce la lâcheté des criminels. Face aux attaques de l’extrême droite ensauvagée, l’autodéfense et la solidarité sont des questions de survie.

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