Victime de la terreur fasciste : le maire de Saint-Brévin démissionne et quitte la ville


Complicité des autorités locales et nationales


Le maire de Saint-Brévin devant ses voiture et sa façade brûlées

Saint-Brévin, paisible station balnéaire sur la côte Atlantique, proche de Nantes. Un centre d’accueil pour les réfugié-es, déjà présent sur la commune, doit y être agrandi prochainement. L’extrême droite a transformé la commune en zone de terreur.

Le 22 mars dernier, des néo-nazis ont tenté de brûler vif dans son sommeil le maire de Saint-Brévin. Les véhicules de l’élu, Yannick Morez, collés à sa maison, ont été incendiés, avant d’enflammer la façade. Heureusement, des personnes ont sonné chez lui, alertant l’élu qui dormait de l’incendie qui embrasait son domicile. S’il n’avait pas été réveillé, il aurait peut-être brûlé vif.

Un mois plus tard, le 29 avril, les réseaux néo-nazis responsables de cet attentat défilaient à nouveau dans la commune, en portant des armes et des étendards fascistes. Ces néo-nazis ont été protégés et même accompagnés par des CRS qui leur ont serré la main, devant de nombreux témoins y compris journalistes. Les CRS ont ensuite tiré des grenades sur les opposants aux fascistes.

Le maire déplore l’absence totale de protection de l’État. Il est, depuis des mois, victime de harcèlement, de menaces de mort, qui étaient des préludes à l’attaque de son domicile.

Ce 10 mai, le maire de Saint-Brévin annonce sa démission et son choix de quitter la ville après l’attentat qui a failli le tuer. Il rappelle qu’il n’a bénéficié d’aucune protection particulière. «Une décision difficile prise en famille, entièrement liée à l’attaque que nous avons subie, explique Yannick Morez. Ni ma femme, ni mes trois enfants ne souhaitent que je continue après ce qu’il s’est passé. Lors de l’incendie, on a manqué de mourir.» Il rappelle le «manque de soutien de l’État».

Le 4 octobre 2016 déjà, quatre coups de feu avaient été tirés sur la façade du centre de vacances de Saint-Brévin, prévu à l’époque pour héberger le centre d’accueil existant. Un attentat armé d’extrême droite. Personne n’a jamais été inquiété pour ces faits. L’affaire avait eu très peu d’écho médiatique.

La terreur fasciste a donc gagné à Saint-Brévin, avec la complicité active du Préfet de Loire-Atlantique et du Ministère de l’Intérieur. Darmanin a davantage dénoncé des casserolades ou des dégradations de banque qu’un attentat fasciste qui a tenté de tuer un élu de centre-droit parce qu’il voulait accueillir des réfugiés. La situation ressemble chaque jour un peu plus à l’Allemagne des années 1920, lorsque des nazis ont commencé à tuer des militants et élus de gauche en toute impunité, faisant régner la peur.

L’extrême droite est au pouvoir. Ses auxiliaires passent à l’acte dans la rue. Les réseaux fascistes s’arment, s’entraident et attaquent avec la bienveillance voire la complicité active des forces de l’ordre. Notre salut ne viendra que de nous-mêmes. Faisons bloc, renforçons nos solidarités, préparons-nous.

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