Carcassonne : un jeune homme meurt quelques jours après avoir été violenté par la police municipale


À la tête des agresseurs : César Ramaut, chef de la police de la ville et néo-nazi qui rêve de «tuer les blédards»


César Ramaut, chef de la police municipale de Carcassonne, en haut lors d'une agression qui a aboutit à la mort de Youssef, en bas en tant que membre de la sécurité de Jordan Bardella.

Dans une vidéo révélée le 8 septembre par le quotidien Le Midi Libre, on entend le chef de la Police municipale de Carcassonne, au milieu d’un flot de propos racistes, homophobes et misogynes, confier son rêve d’un «coup d’État» pour pouvoir assassiner les «blédards et les pédés». Cet enregistrement remontait à plusieurs mois et, depuis, cet agent pourrait bien avoir joint les actes à la parole.

C’est ce que révèle une nouvelle vidéo, qui vient d’être publiée : elle remonte au 21 juin 2026, le jour de la Fête de la musique. Comme partout dans le pays, du matériel sonore est installé dans la rue, et on voit un groupe de personnes participer à cet événement qui célèbre le début de l’été. À Carcassonne, un maire d’extrême droite a été élu trois mois plus tôt. À 19h45, des policiers municipaux agressent ce groupe : un homme, les bras le long du corps, est attrapé par surprise par un des agents, qui arrive dans son dos, et qui le projette très violemment par terre. Sur les images, ont voit clairement que son crane cogne le sol. La victime souffre et tient sa tête pendant une trentaine de secondes : elle est tombée à pleine vitesse sans pouvoir se rattraper. Un acte qui peut tuer.

Il s’agit de Youssef E., 29 ans, un homme sans domicile fixe qui résidait à Carcassonne. Ce soir là, alors que la police intervenait pour stopper la musique, son seul tort était de s’être approché de l’enceinte pour récupérer son téléphone qui y était branché. Ce qui a déclenché le geste dangereux, violent et gratuit des agents.

Selon un témoin interrogé par Médiapart, qui a filmé les faits, les tensions ont continué après cette scène. Les personnes présentes ont reproché aux policiers d’avoir «éclaté la gueule» de Youssef et leur ont parlé d’un risque de «trauma crânien». En riposte, ces agents ont ont éloigné les témoins, leur ordonnant de circuler. Ensuite, Youssef «s’est fait gazer» et les policiers ont embarqué un autre homme, celui qui diffusait de la musique.

Youssef E. est mort le 3 juillet, douze jours après cette scène. Les autorités judiciaires ont conclu à un «arrêt cardiaque» dont la cause reste à ce jour «indéterminée». Mais qui se soucie de la vie d’un SDF arabe dans une ville d’extrême droite ? La sœur du défunt, interrogée par Médiapart, explique que Youssef «souffrait de ce monde», et se dit choquée par la violence des images qui viennent d’être rendues publiques.

Au milieu des hommes en uniformes, commandant les agents, on reconnaît clairement un policier grand et chauve, qui intimide des passants. C’est César Ramaut.

Il a été suspendu par la mairie RN après la diffusion de ses propos racistes et la polémique qui a suivie, mais cela ne trompe personne. Le chef de la Police municipale était un proche du maire actuel, et la vidéo en question est connue depuis des mois au sein de l’équipe municipale comme de la précédente. César Ramaut accompagnait Jordan Bardella lorsqu’il était en tournée dans la région, et faisait office de garde du corps. Notamment fin novembre 2025 à Moissac et en février 2026 à Agde, alors que la vidéo était déjà traitée en interne et que l’agent était placé en arrêt maladie. Le 16 mars 2026, dès le lendemain du premier tour des municipales, Christophe Barthès arrivé en tête, remet le flic raciste au travail sur le terrain.

Parmi les nombreuses mesures anti-sociales prises par ce maire RN, un arrêté «anti-mendicité», qui permet aux policiers locaux d’accentuer la chasse aux pauvres et de faire disparaître la misère. Et de les jeter au sol sans ménagement, comme des objets encombrants, risquant ainsi leur vie.

Youssef, dont la famille a été contacté par Médiapart, avait coutume d’expliquer le mode de vie qu’il avait choisi avec les mots suivants : «Ce n’est pas un bon signe de santé mentale que d’être bien inséré dans une société malade». Aujourd’hui, cette société dysfonctionnelle et qu’il n’a pas choisie lui a peut-être coûté la vie.

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