Don’t look up : le désert avance dans l’indifférence générale

Entre des vaches qui broutent une herbe désechée et des touristes observant un incendie géant, Macron fait du jet-ski pour ses dernières vacances de président.

37°C. Il y a encore quelques années, c’était une température inimaginable en France, même au cœur de l’été. Une chaleur qui tue. Cette valeur a pourtant été enregistrée en Gironde le 24 septembre, alors que nous sommes officiellement entrés dans l’automne. Cette chaleur folle, nous la ressentons dans toute la France, et même sur les côtes bretonnes puisqu’il a fait jusqu’à 32°C sur le littoral de Loire-Atlantique. Une température qui était rarissime dans cette région, même au plus fort des mois d’août et juillet, il y a encore quelques années.

Plus stupéfiant encore, à minuit le thermomètre ne descendait pas en-dessous de 24°C dans les Pyrénées-Orientales, à Nice, à Toulon ou en Corse. Des nuits qui restent tropicales, c’est la définition officielle d’une canicule. Le météorologue Serge Zaka alerte : «Si cette température était un épisode isolé, je n’en ferais pas un post. Mais ce n’est justement pas le cas car cela dure depuis le mois de mai». Le cas de la ville de Nîmes, citée par le spécialiste, donne littéralement des sueurs : elle cumule à elle-seule 112 jours à plus de 30°C en 2026. Ce qui équivaut à 4 mois de chaleur intense sur la même année, quasiment sans interruption. Et il semble que ce ne soit pas prêt de s’arrêter, puisque certains modèles prévoient que ces chaleurs se prolongent jusqu’en début du mois d’octobre. Et tout le monde continue comme si c’était normal.

Tout aussi grave et encore plus ignoré, ces vagues de chaleurs s’accompagnent d’une absence de pluie presque totale. La moyenne nationale des précipitations en France au mois de septembre atteint à peine 10mm, c’est 8 fois moins que la moyenne habituelle ! À titre de comparaison, le Maroc, un pays bien plus au sud dont une partie du territoire est un désert, mesure en moyenne en septembre des précipitations entre 6 mm et 16 mm. C’est donc à peu près le climat que nous avons actuellement en France.

Et c’est encore bien pire dans certains territoires : des villes comme Ajaccio, Nice, Paris ou Romorantin n’ont pas reçu une seule goutte de pluie de tout le mois. Zéro millimètre d’eau. Rien, nada. C’est le même niveau qu’en Arabie Saoudite ou dans le Sahara. Une anomalie absolue sous nos latitudes, alors que normalement, la végétation se ressource en eau en automne. Si toutes les années qui viennent se ressemblent, il faut dire adieu à nos forêts, notre agriculture, nos ruisseaux, nos oiseaux. Notre monde, c’est-à-dire l’environnement dans lequel nous sommes nés et avons grandi, risque littéralement de disparaître sous nos yeux à brève échéance.

Il suffit de se promener à la campagne pour s’en rendre compte. Les pelouses sont désespérément jaunes, quand elles n’ont pas carrément disparues. Le météorologue Guillaume Séchet publie une photo de vaches dans un champ de l’Yonne : des bovins semblant hagards sur une terre brûlée, devant un arbre desséché, une image qui pourrait être prise au Sahel.

La France et une partie de l’Europe vivent la pire sécheresse jamais mesurée, combinant intensité et durée. Serge Zaka explique qu’elle est loin d’être terminée, alors que deux pics sont relevés : le premier au mois d’août, période durant laquelle il ne restait plus que 10% du potentiel d’eau stocké dans les sols, et le deuxième qui est toujours en cours. Ce qui est complètement inédit hors de la saison d’été, et que l’eau est désormais quasiment inexistante à la surface des sols, sur une superficie plus vaste que jamais, car il ne pleut quasiment plus depuis la première canicule du mois de mai. Ce stress hydrique, qui pourrait même s’aggraver avec le phénomène El Nino, va avoir un impact désastreux sur les rendements agricoles, et préfigure une potentielle crise alimentaire dans notre pays, qui est l’un des plus gros producteurs d’Europe.

Il ne s’agit plus de prévisions, ni de rapports scientifiques sur le futur : c’est la situation que nous avons là, maintenant, sous nos yeux. Nous ne devrions parler que de cela, tout faire pour agir immédiatement, débloquer des moyens exceptionnels pour sauver ce qui peut encore l’être. Mais le gouvernement préfère dépenser des milliards dans l’armement et continuer la fuite en avant productiviste. Quant aux médias, ils passent leurs journée à diffamer la gauche et stigmatiser l’Islam. Don’t Look Up. De quoi pleurer des larmes de rage.

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