«La Gen Z crie à l’aide», «Quitte à finir dans les flammes, autant le faire avec eux»

À Nantes comme ailleurs, le mouvement lycéen monte de plusieurs niveaux en intensité ce 1er octobre. Évidemment, tous les médias se précipitent déjà sur les images du lycée Mandela en flammes, ce qui occulte la réalité de cette mobilisation à la fois massive, déterminée et protéiforme. Des milliers de jeunes de presque tous les lycées de la ville étaient dans les rues ce matin, avec des modes d’actions variés. Nos équipes étaient sur place : récit d’un mouvement aussi spontané qu’incontrôlable.
Au petit matin, dans la cité de Bellevue, le lycée Camus est bloqué, avec un feu qui sera vite éteint devant l’entrée. Des affrontements avec la police éclatent le long de la ligne de tram, avant une intervention de très nombreux agents à moto qui partent en chasse contre les jeunes du quartier. D’après des témoins, un jeune aurait été percuté par une moto. Une barricade était encore en feu autour de 10H30, la BAC armée de LBD quadrillait le quartier.
À Guist’hau et Clémenceau, deux lycées prestigieux du centre-ville, les blocus sont plus sages, avec de nombreuses pancartes et banderoles. Les professeurs, qui ne semblent pas motivés à soutenir franchement leurs élèves par la grève, restent présents pour veiller à la sécurité.
Au lycée professionnel Michelet, où l’on destine les enfants de classes populaires à trimer, de gros incendies sont allumés devant l’entrée, mais aussi sur la ligne de tram. Une rame a par ailleurs été caillassée, entraînant une perturbation du trafic.
À Rezé au sud de l’agglomération, blocage également par des centaines de lycéens du Lycée Jean Perrin – Goussier, comme la veille. Au nord de la ville près des facs, de nombreux lycéens devant l’entrée du lycée Monges et plusieurs feux de poubelle. Des lacrymogènes sont aussi signalés aux alentours de l’établissement La Joliverie. Enfin, au cœur de Nantes, un brasier a été allumé devant les portes du lycée privé Talensac, dont l’entrée a brûlé.
En ce qui concerne les images dont tout le monde parle, celles du lycée Mandela touché par un incendie, nos reporters ont assisté à la scène : une barricade de poubelles a effectivement été allumée devant le portail d’entrée, comme dans la plupart des blocus lycéens. L’armature de l’établissement était en bois, elle a rapidement pris feu. Une présence expérimentée aurait certainement évité l’incident.
Ce récit n’est pas exhaustif tant il s’est passé de choses, les autorités elles-mêmes étaient débordées. Des actions du même type ont lieu dans tout le pays : nous assistons à un soulèvement autonome de la jeunesse.
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