Jeudi 8 octobre à Nantes : mobilisation massive et résistance collective face aux provocations policières


Reportage


Une nouvelle manifestation de la jeunesse a rassemblé plus de 10.000 personnes à Nantes ce jeudi 8 octobre. Sous le soleil, une belle énergie se dégageait du cortège. Énormément de pancartes et de visuels ont encore été aperçus, notamment contre la répression.

Les lycéen·nes et étudiant·es, accompagné·es de syndicalistes et de soutiens, ont déferlé sur le parcours classique qui longe le cours Saint-Pierre, la préfecture et le Cours des 50 otages, reprenant en chœur les traditionnels slogans anti-capitalistes et antifascistes.

À la croisée des trams, première provocation policière : une colonne de CRS bloque le passage de la manifestation qui devaient se terminer au miroir d’eau. L’objectif assumé des forces de l’ordre est de repousser la jeunesse en-dehors du centre ville. La colère légitime ne doit pas déranger ou être exprimée dans les artères bourgeoises. Après un moment de latence, le cortège descend la chaussée de la Madeleine et enjambe la Loire jusqu’à Vincent Gâche.

C’est à ce moment que le cortège prend la direction du tribunal, situé à l’ouest. La manifestation décide de rejoindre ce haut lieu de la répression nantaise mais elle en est empêchée par un escadron de la BAC. Le parvis est inaccessible, mais les jeunes, avec force et détermination, avancent au contact des agents : première salve de lacrymogènes suivie d’une interpellation. Les manifestant·es ne désarment pas, tiennent la rue. Le dispositif finit par être renforcé par un cordon de gendarmes mobiles. S’en suivent plusieurs charges au corps à corps entre révolté·es et forces de l’ordre. Une étroite rue est saturée à de multiples reprises de gaz.

Après de longues minutes de tension le cortège se dirige sur l’esplanade des machines de l’île, où une assemblée lycéenne doit se tenir. Ici encore, la police a organisé une souricière et siffle la fin de partie. Énième déluge de lacrymogènes et de grenades de désencerclement sur une foule immense, composée essentiellement de mineur·es et d’étudiant·es. La BAC charge et fait des arrestations opportunistes derrière les Nefs, ou un adolescent est étranglé au point de perdre connaissance.

Malgré cette répression inouïe organisée par la préfecture, des grappes de manifestant·es arrivent à se reformer pour revenir vers le centre-ville et la place du commerce. Il est 15h et les armes de la police ne font toujours pas taire la jeunesse nantaise qui brûle de renverser la table.


Photos : Oli Mouazan, Marina F, CA

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