Il est 10h ce mardi 13 octobre 2026. Une foule immense se masse miroir d’eau. Plus de 10.000 personnes battent le pavé nantais en cette fin de matinée. Un peu avant 11h, la manifestation démarre, les lycéen·nes mènent le cortège.
S’en suit une marche sur le parcours infernal cadenassé par la police. La jeunesse chante contre la répression, reprend le célèbre slogan des gilets jaunes. Visuellement, c’est encore très fourni en pancartes et en banderoles, des fumigènes colorent l’air, mais la manifestation reste relativement calme jusqu’au retour au miroir d’eau. Après un moment de flottement, une voix appelle au mégaphone : « Vous êtes chauds pour faire un second tour ». Les manifestant·es font demi-tour, direction rue de Strasbourg. Premier moment de tension. Des CRS bloquent la rue, attaquent, viennent au contact d’un cordon de syndicalistes. Des premières salves de lacrymogènes sont tirées. Dans la bataille, un flic perd sa matraque qui est brandie par des manifestants dans la cohue, exhibée en triomphe.
La colère monte, plusieurs milliers de personnes sont nassées. Un escadron de gendarmes mobiles empêchent la manifestation de continuer. Nouvelle charge, mais les manifestant·es tiennent, poussent les boucliers. Des centaines de personnes arrivent à passer derrière les forces de l’ordre qui sont inconfortables, encerclées à leur tour.
Après une charge au pas de course, le dispositif se redéploie le long de la ligne de tram longeant le carré Feydeau. Au niveau du terrain de foot, deux policiers traversent la foule, ils sont chassés aux cris de « Carton rouge, le commissaire est hors-jeu » ! Cette fois-ci ce sont les manifestant·es qui chargent le cordon de flics, la nasse est brisée. Deux camions de gendarmerie se percutent dans la panique. Le cortège s’extrait et remonte vers le CHU. La BAC et les CRS gazent massivement l’entrée de l’hôpital.
Une partie des manifestants prennent la direction de la gare , mais des agents cagoulés arrivent au pas de course. La manif fait demi-tour au niveau du Lieu Unique, des manifestant·es enjambent la voie de chemin de fer pour refluer au miroir d’eau. La police décide de siffler la fin de partie, arrose la place de grenades lacrymogènes. La manif se retrouve une nouvelle fois dans une souricière, certain·es s’échappent par les douves, hissé·es au-dessus d’un mur de 3 mètres de haut par d’autres manifestant·es pour échapper aux forces de l’ordre.
Il se dégage de l’ambiance une belle solidarité intergénérationnelle. Les plus courageux·ses continueront de défiler jusqu’à la place du Commerce. Il est 16h. À la fin de cette journée, au moins 17 interpellations sont annoncées dans la presse. Majoritairement des mineurs. Un appel circulait pour rejoindre le commissariat Waldeck-Rousseau pour soutenir les gardé·es à vue.
Images : Oli Mouazan, CA
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