
Un cas de plus qui démontre l’usage décomplexé, massif et criminel des armes de la police. En particulier le 17 octobre, dès le début de la manifestation. Ce jour-là, le combattant de MMA Mathis Chevalier, champion d’Europe amateur de sa discipline et célébrité sur Netflix, se rend au point de rendez-vous de la mobilisation : sur la Place de la République.
À peine arrivé, ce sportif connu pour ses prises de position politiques, notamment contre les violences anti-LGBT+, reçoit un choc en plein visage. Il vient d’être frappé par «un tir frontal d’une grenade lacrymogène à la tête». Il a publié des photos de sa blessure sanglante accompagnées du commentaire : «13h50 arrivée place de la République, 13h55 tir frontal d’une grenade lacrymogène dans ma tête. Qui explose.» Il présente une plaie à la pommette et un hématome à la tempe autour de l’œil. Le sportif souffre d’une commotion, et précise qu’il portait des lunettes, qui ont été explosées par l’impact. Il aurait pu être éborgné.
Ce geste est criminel de la part du policier tireur : le type d’arme utilisée, le lanceur de grenade Cougar, est extrêmement puissant, pouvant projeter à 200 mètres des munitions très dures. Son usage en tir tendu est totalement interdit, et l’arme elle-même est conçue pour ne pas être utilisée ainsi, disposant d’un canon coudé qui tire forcément en l’air. Autrement dit : le policier a délibérément retourné son arme et ajusté son geste pour atteindre la foule afin de causer le plus de dégâts possibles. Ce geste peut tuer. C’est d’ailleurs ce qui a explosé la mâchoire d’un jeune lycéen du Val d’Oise le 28 septembre dernier.
C’est un tir identique qui avait éborgné Manuel Coisne, un gilet jaune qui manifestait le 16 novembre 2019 place d’Italie à Paris. La grenade lui avait fracturé le visage et détruit l’œil alors qu’il tournait une vidéo. Mathis Chevalier a beaucoup de chance, peut-être parce que le tir venait de plus loin.
La blessure du combattant de MMA montre aussi que des tirs potentiellement mutilants étaient effectués avant même 14h, soit avant l’heure de départ officielle de la manifestation, preuve d’une stratégie de terreur et de tension organisée par le gouvernement.
Enfin, elle révèle l’ampleur de la violence déployée : si une personnalité publique témoigne ainsi, combien d’anonymes ont été gravement blessé·es voire mutilé·es le 17 octobre, et ne sont pas recensé·es ?
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Les cryptos-fascistes de la Big Tech peuvent supprimer Contre Attaque des réseaux « sociaux » du jour au lendemain, d’un simple clic. Pour renforcer l’autonomie des médias révolutionnaires, il est urgent de se doter de moyens de diffusion indépendants. Tous les 15 jours, recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque !



