17 Octobre : un carnage policier sans précédent, nouveau recensement de la sauvagerie policière


Deux arrêts cardiaques, un nombre de mutilations sans précédent en quelques heures, des centaines de blessés graves


Quelques-unes des blessures d'une gravité sans précédent infligées ce 17 octobre par la police française à sa population.

Depuis une semaine, l’équipe de Contre Attaque tente de reconstituer l’ampleur de la violence d’État déployée le 17 octobre. Un bilan que les médias, trop occupés à pleurer sur des vitrines, n’ont aucune intention de faire. Nous avons pourtant vécu, en quelques heures seulement, le plus grand carnage policier depuis le 17 octobre 1961, jour où les forces de l’ordre ont massacré des manifestants algériens à Paris. Cela dépasse tout ce que nous avons connu, même à Sainte-Soline, lors des Gilets jaunes ou de révoltes de banlieues.

Le même jour, nous avions déjà comptabilisé deux morts lors d’interventions policières, au moins quatre éborgnés ou gravement blessés aux yeux, une main explosée, des morceaux de pieds ou de mollets arrachés par des grenades, un pénis mutilé, des impacts dans le dos, le ventre… Mais depuis notre appel à témoignages, les messages affluent, à tel point que nous ne pouvons pas tout traiter. Voici une troisième liste de blessés par la police, classée par ville.

Dijon

Un enfant de 14 ans a été éborgné par un tir tendu de grenade lacrymogène. D’après les propos recueillis par une équipe de médics, l’adolescent a été pris en charge par les urgences et souffrait d’un saignement intra-crânien. Il aurait définitivement perdu l’usage de son œil. Une courte vidéo montre l’adolescent assis par terre, saignant abondamment de l’œil, avec un manifestant essuyant son visage. C’était à 17h30, place Darcy. «Son œil a été touché par un projectile, son oreille a été touchée, il a aussi des brûlures sur le cou», explique sa cousine, qui confirme qu’il a «reçu une grenade de la police».

Nous avons reçu par mail d’autres images de violences policières dans la même ville. Un lecteur nous écrit que son ami «s’est fait tabassé par des CRS samedi. Il a eu le tibia et le péroné cassés. Résultat : Il a du se faire opéré et s’est vu prescrire 3 mois d’ITT pour sa jambe immobilisée». Une vidéo de quelques secondes, prise près de la Place du 30 octobre, montre un agent fracasser la jambe de la victime, qui tombe au sol.

Marseille

Le soir du 17 octobre aux alentours de 18h, à la Noailles, une étudiante en 3ème année de médecine qui participait à la manifestation nous raconte avoir vu de multiples blessures graves causées par des grenades explosives, tirées vraisemblablement depuis les blindés de la Gendarmerie : «Il y a eu un homme blessé avec une plaie profonde de 5 cm au niveau du cou (sterno-cléido-mastoïdien)». Elle raconte que la victime, nécessitant une prise en charge en urgence vitale, présentait des troubles de la conscience et a perdu beaucoup de sang. Une autre jeune femme a aussi reçu un éclat dans la gorge qui, par miracle, n’a pas pénétré la chair en profondeur.

Toujours au même endroit, nous avons recueilli les récits de plusieurs victimes : un homme de 21 ans qui se trouvait Boulevard Dugommier. Vers 18h, il «reçoit un éclat de grenade dans le mollet droit» lors de tirs depuis le blindé. La photo de la plaie est une blessure de guerre : 6 centimètres de profondeur sur 6 centimètres de largeur, «ils ont donc pas pu la refermer. Je dois marcher avec une machine pendant 1 mois pour m’aider à cicatriser, et j’ai des soins médicalisés à domicile. On était au moins 5 aux urgences, touchés par le même genre de grenade».

Une autre victime sur le même boulevard nous confie avoir été touchée au niveau du pied gauche : «L’explosion de la grenade m’a occasionné une grosse plaie ouverte, 4 fractures. La plaie était souillée avec de la terre et un bout de métal».

Toulouse

Dans la ville rose, une victime ayant reçu un tir de grenade dans la cuisse, lui laissant un trou dans la peau, nous rapporte avoir rencontré de nombreux blessés dans l’hôpital.

Et le bilan des secours volontaire de Haute-Garonne relatent un nombre incommensurable de blessures graves. Une adolescente de 16 ans a fait un arrêt cardiaque après un traumatisme crânien, elle vomissait, a perdu connaissance et a fait une pause ventilatoire. La jeune femme a dû être évacuée en urgence. Un homme de 30 ans souffrant d’une hémorragie au niveau du genou suite à un éclat de grenade. Un autre de 20 ans évacué, présentant une plaie au crane avec suspicion de perte de connaissance. Un manifestant de 24 ans, touché au doigt, nécessitant une prise en charge aux urgences pour une hémorragie. Plusieurs dizaines de personnes ont été touchées par des éclats de grenades GM2L ou assourdissantes au niveau des membres inférieurs.

La liste serait trop longue et nous vous invitons à aller consulter leur rapport de la manifestation du 17 pour prendre conscience de la barbarie organisée par le ministère de l’Intérieur sur cette journée.

Bordeaux

Les mêmes scènes d’une violence extrême ont été constatées à Bordeaux. Une victime hospitalisée nous écrit : «Mon camarade de chambre à l’hôpital a perdu ses doigts de pieds… Moi j’ai 21 ans. Vers 16h, à la cathédrale Saint-André, j’ai été touché par une grenade. J’ai le nerf fléchisseur endommagé, côté gauche de la jambe et pied paralysé suite à la déflagration».

Nantes

Vers 14h30, place Foch, un jeune était touché par un tir de LBD dans la tête selon un témoin : «Il avait une plaie de deux centimètres. Ça pissait le sang et on aurait dit qu’il allait tomber dans les pommes». Nous n’avons pas pu retrouver la victime et établir ses séquelles.

Aux alentours de 18h, c’est un enfant de 16 ans qui était touché par une grenade assourdissante. Plusieurs écrits qui nous sont parvenus parlent d’une «main trouée», pas arrachée mais très gravement mutilée. La victime a dû être prise en charge par les pompiers.

Rouen

Un homme a eu la jambe sectionnée vers 16h, rue des Carmes. Selon un témoin, une personne lui «a fait un garrot de fortune en attendant les secours, ralentis par la saturation des lignes téléphoniques et le centre-ville bloqué».

Caen

Le bilan médic provisoire est interminable. Il comprend un jeune homme de 20 ans ayant reçu des coups de matraque à la tête, occasionnant «une fracture du crâne et de nombreux points de suture», un trauma crânien suite à un tir LBD dans la tête, une plaie ouverte avec déformation du crâne suite à des coups de matraque, une plaie ouverte du crâne suite à un impact de grenade lacrymogène, une personne tabassée au sol présentant de multiples contusions.

Nancy

Vers 17h45, une témoin envoie une photo de la jambe d’un manifestant très gravement lacérée au niveau du quadriceps : une large bande de peau et de chair emportée par une explosion. Elle rapporte que cette blessure a eu lieu à proximité du jeune homme ayant eu une partie du pied arrachée, que nous rapportions dans notre dernier bilan. «Les manifestants qui ont reçu ces grenades étaient pacifistes et absolument pas les responsables des pillages» rapporte notre source.

Paris

Parmi les atteintes physiques les plus alarmantes, un photographe a failli mourir après avoir été gravement blessé à la cuisse, touché à l’artère fémorale par une grenade. Une vidéo montre une rivière de sang s’écoulant sur le trottoir et dans le caniveau, puis l’évacuation du blessé par des manifestants, sans qui cet homme serait mort sur place. Son pronostic vital a été engagé. La victime se nomme Ahmed Benmezroua, et Libération rapport que «l’équipe médicale est parvenue à le maintenir en vie» de justesse «et à sauver sa jambe après plusieurs heures d’intervention».

Un lecteur nous rapporte un autre cas : «Ma copine a été gravement blessée le 17 octobre vers 18h40 place de la République. Le chirurgien lui a confirmé que c’est bien une grenade qui a causé les blessures et rapporte qu’il y a de nombreux blessés similaires. Sur le moment elle s’est effondrée par terre, et a fait une hémorragie. Les pompiers ont fait un garrot, puis l’ont amené au urgences». Elle présente une fracture ouverte à la cheville avec une grosse plaie profonde, et a déjà subi deux opérations.

Une personne nous raconte «une agression par une équipe de la BRAV-M, au niveau du restaurant Oz, 110 rue de la Boétie» vers 18h30, alors qu’elle avait «commandé à manger et nous apprêtions à nous assoir». Les policiers sont «rentrés dans le restaurant, nous ont attrapés très violemment, puis tabassé, tasé, insulté sur un mur à droite du restaurant, sans aucune indication».

Un autre témoignage raconte avoir vu des policiers à moto foncer au milieu de manifestants et gazer tout le monde sur leur passage aux abords de l’Assemblée Nationale, alors que la foule était calme.

Un manifestant nous rapporte avait été frappé à la tête par des CRS à Châtelet ce dimanche 18 octobre, et présente une plaie saignante au crane.

Grenoble

En plus des graves blessures recensées en début de semaine, une photo montrant un jeune homme gravement touché à l’arcade, manifestement par une balle en caoutchouc, et hospitalisée a été publiée par un autre blessé. Selon ce manifestant, la victime aurait perdu l’usage de son œil.

Poitiers

Une femme nous envoie une photo choquante de plaie profonde à la jambe, et explique que la blessure a eu lieu à 18h15, sur la place de l’hôtel de ville de Poitiers. Son conjoint «a reçu une grenade assourdissante sur la jambe alors qu’il se trouvait à plus d’une cinquantaine de mètres des policiers», il a passé 2 jours hospitalisé et subi une opération. Les médecins «ont dû ouvrir une bonne partie de sa cuisse pour retirer les débris. Ça détruit des vies ces armes de guerre…»

L’État nous fait la guerre et les médias le couvrent. Montrez, partagez et témoignez des tortures que le régime impose à notre peuple. Imposez la médiatisation de ces violences de masse pour contrer le récit dominant.

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