
Les faits se sont déroulés dans le nuit du 6 au 7 avril près de Los Angeles aux États-Unis. Vers minuit et demi, Chamel Abdulkarim, un travailleur de 29 ans, employé de NFI Industries, un fournisseur de services logistiques pour la Kimberly-Clark Corporation, visiblement en situation de détresse et en colère, se révolte contre son patron. Il considère ne pas être bien payé, et s’est vengé. « À mauvaise paye, mauvais travail », disait Émile Pouget, anarchiste et syndicaliste de la CGT, théoricien du sabotage, au siècle dernier.
Sur les réseaux sociaux, l’homme a partagé en story une vidéo le montrant mettre le feu aux stocks de couches, de mouchoirs et de papiers toilettes de la société Kimberly-Clark, géant du secteur. «Tout ce que vous aviez à faire était de nous payer suffisamment pour vivre. Vous ne nous payez peut-être pas assez pour vivre, mais ces putains de choses sont à prix cassés… Voilà pour votre inventaire !», l’entend-t-on prononcer pendant que celui-ci allume des palettes de papiers hygiéniques d’un bout à l’autre de l’entrepôt à l’aide d’un briquet.
Le site d’Ontario, en Californie a été totalement ravagé par les flammes, transformé littéralement en cendres en l’espace que quelques heures. L’incendie a fait disparaître les 1,2 millions de mètres cubes de l’entreprise. 175 pompiers ont dû être mobilisés pour venir à bout du brasier. Le centre de distribution qui approvisionne plus de 50 millions de consommateurs prévoit de lourdes perturbations.
Cet acte est à l’image de la société capitaliste qui broie et exploite les individus en leur versant des salaires misérables. Une société barbare, où les dirigeants ne nous laissent que quelques miettes nous condamnant à la survie. Les inégalités et les injustices sont telles aux USA que des hommes et des femmes passent à l’action. La révolte gronde.
Plus tard, on apprenait de sources locales que l’employé incendiaire avait été arrêté et que le sinistre n’avait fait aucune victime. Il est poursuivi pour deux chefs d’accusation d’incendie criminel. Il a été placé en détention.
La société la plus riche du monde ne récolte que ce qu’elle sème… Ici, un salarié détruit l’infrastructure de son patron. D’autres vont encore plus loin. Le 4 décembre 2024, le PDG de l’énorme compagnie privée d’assurance maladie United Healthcare, dont l’actif total est de 273,7 milliards de dollars, était abattu par balle dans le centre de New York, devant un hôtel de luxe, par Luigi Mangione. L’affaire avait ébranlé la classe bourgeoise, avec un retentissement mondial tonitruant.
Dans un manifeste, il expliquait son geste : «Je m’excuse pour tout conflit ou traumatisme. Mais il fallait le faire. Ces parasites l’avaient bien mérité». Il y dénonçait le système de santé «le plus coûteux du monde, alors que l’espérance de vie d’un Américain est classée au 42e rang mondial». Une espérance de vie qui est effectivement en baisse dans la première puissance économique de la planète. Depuis, Luigi est devenu une icône anticapitaliste.
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