Chiens de garde, nouvel épisode


«Ça va, ça vous allait ? C’était bien hein ? Vous aviez plein de choses à dire !»


Le 9 avril, à la fin de l'interview politique de 8h30 sur France Info, Agathe Lambret demande à un ministre si ses questions lui ont convenu.

La voix suave qui s’adresse avec douceur au ministre de l’économie Roland Lescure est celle de la «journaliste» Agathe Lambret. Nous sommes le 9 avril, à la fin de l’interview politique de 8h30 sur France Info, et l’intervieweuse demande au ministre si ses questions lui ont convenu. Si elles ont été suffisamment serviles. Elle pense que son micro est éteint. Ce bout d’émission a rapidement été supprimé du site de France Info, mais il a été conservé par un internaute malicieux qui l’a mis en ligne.

Agathe Lambret n’est pas toujours aussi courtoise. Le 19 février 2026, après la mort du néo-nazi Quentin Deranque, elle participait à la campagne de propagande aussi mensongère qu’abjecte visant à criminaliser l’antifascisme. Elle imposait alors un véritable interrogatoire à l’Insoumis Manuel Bompard, avec des question d’une mauvaise foi stupéfiante. Acrimed avait recensé qu’Agathe Lambret avait interrompu Manuel Bompard à pas moins de 64 reprises en à peine 20 minutes. C’est-à-dire une fois toutes les 18 secondes en moyenne. L’élu n’avait pas pu articuler la moindre pensée construite. Forte avec les faible, faible avec les forts, Agathe Lambret a ainsi démontré sa docilité sans faille envers le pouvoir et sa férocité contre ses opposants.

Agathe Lambret et les médias, c’est une affaire de famille. Après avoir fait ses étude de droit à Assas, elle passe dix ans sur BFM, où elle se met en couple avec Benjamin Duhamel, autre présentateur vedette, pistonné par papa et maman. Et, par un étonnant hasard, elle est ensuite propulsée à l’antenne de France Info, chaîne de service public. La directrice de l’information chez France Télévision n’est autre que Nathalie Saint-Cricq. Sa belle maman.

Parmi les faits d’armes d’Agathe Lambret, cette scène en octobre 2022 : une vidéo montre une députée EELV subissant des coups de la part d’un gendarme lors d’une mobilisation à Sainte-Soline. Commentaire de Lambret en plateau : «On peut se poser la question, que faisait cette élue dans une manifestation interdite ? Et en plus, marchant sciemment vers un cordon de gendarmes, qui sont en tain de maintenir l’ordre dans une manifestation qui agrège son lot de casseurs, de black blocs et de fichés S». Toute en nuance, la militante Agathe Lambret justifie les violences policières sur une députée, malgré des images éloquentes. Plus tard elle explique «tout de même, cette députée marchait en direction de la bassine». Marcher dans un champ vers un trou en terre, ça mérite bien quelques coups. Avant cela, chez BFM, elle «couvrait» LR et le RN, qu’elle bichonnait aux petits oignons. Elle est beaucoup plus compréhensive quand il faut évoquer le récidiviste Nicolas Sarkozy.

Lors de l’attaque des USA contre le Venezuela, Agathe Lambret ne cache pas son admiration pour l’opération militaire, et explique tranquillement qu’il y a eu «zéro mort»… Alors qu’il y en a eu des dizaines, y compris des civils. Fin 2023, face à Clémence Guetté, elle accuse LFI de ne pas avoir dénoncé «les viols commis par le Hamas». L’élue est stupéfaite, elle condamne bien évidemment les crimes de guerre. Lambret l’interrompt : «Je vous parle des victimes israéliennes, on est pas obligés de comparer». On l’a compris, ce sont les seules victimes qui comptent pour l’éditorialiste.

En 2019, alors que Macron est dans la tourmente des Gilets jaunes, elle relaie complaisamment le dernier coup de com’ présidentiel : il est allé dîner dans une pizzeria. Une pizzeria «sans prétention» précise la journaliste avant d’ajouter : «C’est ça aussi le nouveau Macron, le Macron plus humain…» Regardez : notre bon roi mange comme vous, les gueux.

Après ces bons et loyaux services, elle anime désormais une émission modestement nommée «Dans les yeux d’Agathe».

France Info, c’est le canal de la droite radicale, mais payé avec vos impôts. Depuis 2024, la nouvelle directrice se nomme Agnès Vahramian, et elle partageait carrément une publication pro-Trump sur les réseaux sociaux avec son compte officiel au moment des élections aux USA. Auparavant, Vahramian avait travaillé chez France 2. Un ancien grand reporter de la chaîne avait rappelé à quel point elle était «odieuse, humiliante, cassante», à l’humeur toujours changeante. D’autres salarié·es ont dénoncé un climat de terreur, des crises de larmes, des comportements assimilables à du harcèlement moral alors qu’elle les dirigeait. Agnès Vahramian n’a jamais été sanctionnée pour ses méthodes, elle a été promue.

Sur France Info, on trouve aussi une éditorialiste nommée Alix Bouilhaguet, qui a provoqué un scandale sur les réseaux sociaux l’an dernier en balançant pas moins de 4 mensonges en quelques secondes contre le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, qu’elle a accusé d’antisémitisme. Il y a également la «journaliste» Brigitte Boucher, pour qui la marche pour Quentin Deranque, ponctuée de saluts nazis, «s’est bien passée, on l’a vu sur nos images». Elle avait asséné à une élue écolo estomaquée : «Ça s’est déroulé dans le calme ! Il y avait des familles, des enfants, beaucoup de femmes qui ont défilé dans le calme !» ou encore «On a quand même l’impression quand il y a l’ultra-droite, c’est calme, quand il y a l’ultra-gauche, un mort». Plutôt les nazis que les antiracistes, c’est le crédo de Brigitte et de sa chaîne.

France Info, c’est aussi un média dont certaines émissions sont désormais intégralement animées par d’anciens chroniqueurs de Cnews, comme «Le pour et le contre», qui consiste à faire «débattre» des nuances d’extrême droite entre elles.

Et si on utilisait l’argent de l’État qui sert à engraisser des propagandistes comme Agathe Lambret et ses collègues pour financer de vrais services publics ?

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