Eugénie Bastié, chien de garde de la bourgeoisie, recrutée par France 2 pour les présidentielles


Proche de l’Action Française, la chroniqueuse d’extrême droite interrogera les candidats aux présidentielles sur une chaîne financée par notre argent


Eugénie Bastié, une militante fasciste à la télé

Eugénie Bastié, la bourgeoisie radicalisée

Antiféministe revendiquée et fervente défenseuse de la bourgeoisie, Eugénie Bastié est aujourd’hui une des figures de proue de la droite extrémisée. Née d’une famille bourgeoise de la périphérie toulousaine, elle intègre les bancs de Sciences Po après une scolarité dans un lycée privé catholique, où elle se rapproche notamment de l’Action Française, un groupuscule royaliste et antisémite. La reproduction sociale a encore de beaux jours devant elle.

Elle commence sa carrière de propagandiste dans le torchon d’extrême droite Causeur, et rejoint ensuite la rédaction du FigaroVox, une antenne encore plus décomplexée que le grand journal de la droite française. Intervenante régulière sur CNews, chroniqueuse sur Europe 1, la journaliste ratisse depuis des années les médias de Bolloré pour y propager ses idées réactionnaires. Eugénie Bastié est ainsi opposée au droit à l’avortement, et a notamment écrit dans un essai intitulé «Le Porc émissaire : terreur ou contrerévolution» dédié à la critique du mouvement MeToo. Elle y écrivait : «Je crois qu’une main aux fesses n’a jamais tué personne».

Bastié rejoint donc «L’Heure de vérité», la grande émission politique de France 2 pour la présidentielle de 2027, financée par le contribuable. Pourtant, pas plus tard qu’en en novembre dernier, la chroniqueuse d’extrême droite mitraillait encore l’audiovisuel public. Elle y dénonçait «le déni et la gabegie» sévissant sur le service public avant d’estimer que la «case privatisation» est inévitable. France 2 va donc payer grassement une militante réactionnaire qui appelle à liquider la chaîne. C’est tout simplement du jamais vu, comme si Bolloré recrutait des militants anticapitalistes appelant à collectiviser sa fortune.

Le pluralisme n’a qu’à bien se tenir

La chroniqueuse d’extrême droite ne sera pas seule dans cette émission spéciale présidentielles. Et évidemment, aucune figure de gauche n’y sera représentée. À la place, une brochette de toutous de la classe médiatique complètera un plateau télé décidément bien servile. Pour ne citer que lui, Benjamin Duhamel, fils de Nathalie Saint-Criq et du PDG de France Télévision Patrice Duhamel, et également cousin de l’éphémère Ministre de l’Éducation, Amélie Oudéa-Castera, sera de la partie, avec d’autres membre de sa clique médiatique.

Cette nomination s’inscrit dans la fascisation à toute vitesse de la télévision publique. Dernier exemple en date le 18 avril, lorsque France Info avait invité Simon Moos pour commenter l’actualité, un influenceur suprémaciste et génocidaire sorti tout droit du réseau social X. Ce dernier qualifiait en février dernier la population de Gaza «d’animaux», et allait même plus loin que le chef de l’armée israélienne : ce dernier avait parlé «d’animaux humains» pour justifier les frappes aveugles sur la bande de territoire palestinien. Il avait rétorqué «animaux suffisait».

Le poisson pourrit par la tête

Depuis deux ans, la nouvelle directrice de France Info se nomme Agnès Vahramian, qui partageait carrément une publication pro-Trump sur les réseaux sociaux avec son compte officiel lors des élections aux USA. France Info, c’est aussi un média dont certaines émissions sont désormais intégralement animées par d’anciens chroniqueurs de Cnews, comme «Le pour et le contre», qui consiste à faire «débattre» des nuances d’extrême droite entre elles. Ces derniers mois, cette chaîne publique a multiplié les fake news grossières, les diffamations contre la France Insoumise et les campagnes de soutien à Quentin Deranque et ses amis néo-nazis.

À la radio publique, c’est le même scénario. La PDG de Radio France se nomme Sibyle Veil, une énarque qui s’est engagée auprès de Nicolas Sarkozy dès 2007, puis qui a été chargée de «restructurer» les hôpitaux de Paris en pleine vague de restrictions budgétaires dans la Santé. Puis elle a été envoyée dévaster la radio publique à partir de 2018.

En 2022, Sibyle Veil nomme Adèle Van Reeth à la tête de France Inter. Cette dame est en couple avec un certain Raphaël Enthoven, faux philosophe et vrai propagandiste macroniste, qui a déclaré qu’il préférait voter pour Le Pen que Mélenchon à la dernière élection présidentielle.

Pourquoi préciser le CV de ces deux dirigeantes ? Car elles ont organisé une grande purge idéologique dans les médias qu’elles dirigent, en licenciant les humoristes se moquant du gouvernement, de la police ou d’Israël, en essayant de liquider les émissions intelligentes et en faisant monter les intervenants les plus médiocres et droitiers. Résultat ? Un effondrement des audiences. Mais leur but n’était pas d’avoir du succès populaire, juste de saturer l’opinion d’idées rances.

Revenons à France 2. Finalement, avec un profil aussi droitier à un poste clé, le service public confirme son alignement sur l’extrême droite bollorisée. Il semble en effet inimaginable que les pressions politiques exercées sur l’audiovisuel public, notamment au travers de la parodie de commission d’enquête porté par le député d’extrême droite Charles Alloncle, n’aient pas joué dans cette nomination.

Il y a 10 ans, ce sont les médias qui avaient propulsé l’ascension d’Emmanuel Macron. Reste à voir si le Parti des médias parviendra à faire élire le RN en 2027. En tout cas, il ne ménage pas ses efforts.

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