Un riche touriste jette des cailloux sur une espèce de phoque protégée, un activiste le corrige en direct, il est remercié par son gouvernement


À Hawaï, on ne s’attaque pas à la faune sauvage impunément


En haut : un touriste jette un énorme caillou sur un phoque qui n'a rien demandé.
En bas : le même touriste se fait défoncer par un militant écologiste hawaïen.

Hawaï est un archipel d’îles volcaniques isolé dans le Pacifique. De fait, il s’agit d’un territoire colonisé par les États-Unis d’Amérique. Il a été annexé sous l’impulsion de riches commerçants et planteurs étasuniens à la fin du 19ème siècle, après plusieurs décennies d’incursions européennes successives. Aujourd’hui, on connaît ces îles pour sa végétation dense, ses reliefs accidentés, son eau turquoise et sa faune incroyable. C’est dans ce décor de carte postale que s’est déroulée une scène qui a provoqué l’effroi et l’indignation des internautes le 5 mai 2026.

Les images sont devenues virales, et elles ont fait le tour du monde. Sur une plage de Maui, deuxième plus grande île de l’archipel, un vacancier s’en est pris à un phoque-moine, jetant un caillou sur l’animal.

L’attaque a été filmée. On y voit le touriste saisir un énorme galet avant de le projeter en direction de la tête du phoque qui prend immédiatement la fuite. Le mammifère marin en question est une espèce rare, en voie d’extinction, donc protégée. La population du phoque-moine est estimée à seulement 1600 individus sur la planète selon La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOOA).

«Les actions ou tentatives de harceler, chasser, tirer, capturer, piéger, tuer, collecter, blesser, nuire ou poursuivre les mammifères marins peuvent être punies par des amendes», a déclaré un porte-parole de la NOAA. À Hawaï, s’attaquer une espèce en voie de disparition peut entraîner des sanctions allant jusqu’à 50.000 euros d’amende et une peine de prison.

La femme qui a pris les images l’interpelle : «Qu’est-ce que vous faites ? Pourquoi vous lui jetez une pierre ? Nous allons appeler la police». «Je m’en fiche. Mettez-moi une amende, je suis riche» lui répond l’assaillant goguenard. Une arrogance qui va immédiatement être punie par un activiste Hawaïen.

Une autre vidéo, tournée quelques instants plus tard, montre ce même touriste se prendre une vraie correction après les faits. Le richissime vacancier s’est fait corriger par une pluie de coups de poings par un polynésien, protecteur des écosystèmes qui n’a pas accepté qu’on s’en prenne à un animal de son île. L’argent n’achète pas tout, en tout cas pas l’amour-propre…

La scène va prendre un caractère insolite dans un monde où les riches sont systématiquement protégés. Plus amusant encore, le gouvernement d’Hawaï a récompensé l’activiste pour son geste. Un élu a même demandé aux compagnies aériennes de diffuser la vidéo où l’on voit le touriste agresseur de phoque se faire tabasser avant l’arrivée des voyageurs : un avertissement éducatif. Imaginez, c’est comme si un ministre de l’écologie ou de l’agriculture français remerciait par exemple des militants anti-bassines pour leur lutte contre l’accaparement de l’eau par l’agro-industrie, glorifiant les actions de débâchage de bassins auprès de touristes dans le marais Poitevin. Mais en France, l’activiste aurait sûrement fini en garde à vue avec un procès.

Enfin, l’individu qui a lancé la pierre a été identifié par les autorités de l’île et a été arrêté. Il s’agirait d’un homme de 37 ans originaire de Seattle, dans l’État de Washington. Ces derniers mois, d’autres vidéos montrant des touristes malmener des tortues de mer et autres espèces menacées avaient déjà provoqué la polémique. Les patates contre ce riche touriste et son attitude de colon écocidaire serviront-elles de leçon ?

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