Insolite : un millionnaire amateur de safaris en Afrique meurt lors d’une partie de chasse

En haut : une charge d'éléphants.
En bas : Ernie Dosio, millionnaire des USA qui pose devant les cadavres fraîchement abattus d'un éléphant et d'un lion.

Il s’appelait Ernie Dosio, citoyen des USA, millionnaire et propriétaire d’un vaste vignoble en Californie. Sa passion, c’est la chasse, mais pas n’importe laquelle : la mise à mort d’animaux sauvages et rares, essentiellement en Afrique. Ernie Dosio aimait exhiber dans sa propriété de nombreux trophées, possédant l’une des plus grandes collection du pays : des têtes de rhinocéros, zèbres, lion, hippopotame, cerfs, guépard, buffle et de nombreux oiseaux empaillés… Un véritable petit musée de la destruction d’espèces menacées, dans un monde où la biodiversité s’effondre déjà. La soif de dominer la nature étant insatiable, Ernie Dosio a aussi posé, fusil en main, devant le cadavre d’un éléphant, d’un lion ou encore d’un bison.

Quelques trophées d'animaux abattus par Ernie Dosio

Cette passion mortifère est validée par le gouvernement Trump : en 2017, le président des USA a réautorisé l’importation de trophées d’éléphants qui avait été gelée lors du mandat précédent, ce qui a encouragé tous les riches chasseurs du pays à recommencer leurs safaris. Le fils de Donald Trump est d’ailleurs lui-même un activiste de la destruction de faune sauvage, et s’affiche près d’animaux abattus à travers le monde.

Mais revenons à Ernie Dosio. Ce riche septuagénaire s’est rendu au Gabon, pays d’Afrique centrale bénéficiant d’une biodiversité unique, et dont le territoire se compose de près de 90% de forêt. C’est l’un des derniers pays globalement préservé d’Afrique et du monde. Le millionnaire étasunien a versé 40.000 dollars à une compagnie de safaris pour aller chasser dans cet éden de nature. Son dernier caprice ? Tuer de ses mains un spécimen d’antilope d’Afrique rare, la céphalophe à dos jaune. Une tête de plus à afficher aux murs de son ranch.

Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Ernie Dosio et son guide sont tombés nez à nez avec un groupe de cinq femelles éléphants et leurs petits. Et il ne faut jamais déranger une éléphante qui protège son nouveau né. Les pachydermes, se sentant menacées, se sont mises à charger. Le guide a tiré vers les animaux de 4 tonnes, sans parvenir à les arrêter, tandis qu’Ernie Dosio a été piétiné et a été déclaré mort peu après.

L’éléphant de forêt d’Afrique est considéré comme étant en danger critique d’extinction. En 2022, l’un des plus grands éléphants du Botswana avait été tué par un chasseur de trophées nommé Leon Kachelhoffer, qui avait payé 50.000 dollars pour aller tuer cet animal. Les éléphants sont abattus illégalement pour leur viande, leur peau, mais aussi et surtout pour leur ivoire. Entre 20.000 et 30.000 éléphants sont tués par les braconniers chaque année. Sur l’ensemble du continent africain, en 2019, environ 50% des décès d’éléphants étaient provoqués par le braconnage. Parfois, ils retournent cette violence vers les humains dont ils estiment qu’ils représentent une menace.

Il arrive en effet que la nature se défende. Durant l’été 2024, en plein Jeux Olympiques de Paris, des câbles de fibre optique avaient été coupés au milieu de la nuit dans une fan zone au Château de Vincennes hautement surveillés. Les câbles avaient été réparés le plus vite possible… mais ils avaient de nouveau été abîmés à plusieurs endroits dès la nuit suivante. Après enquête, il s’avère que c’est une fouine qui grignotait les fils, et avait donc saboté la retransmission des jeux.

En février 2025, c’est un projet de base militaire américaine en République Tchèque qui avait asséché une zone humide en détournant le cours d’une rivière, qui avait été ré-ensauvagée. Alors que la base nécessitait un terrain stable et sec, une famille de castors – 8 animaux seulement – s’était mis en tête de construire des barrages pour retenir l’eau en amont de la rivière. Et très rapidement, c’est toute la zone qui a retrouvé son hygrométrie naturelle, effaçant les traces de militarisation.

En Argentine, l’un des plus prestigieux quartiers privés de Buenos Aires, hautement contrôlé, où les riches vivent dans des résidences de luxe, avec des bureaux, un centre commercial, des lacs artificiels et entourés de terrains de golf, avait été saboté par la faune. Cet enclos de privilégiés avait été construit sur une zone humide il y a 20 ans. En septembre 2021, des centaines de capybaras ont envahi la zone, détruisant les parterres de fleurs, déféquant dans les jardins et causant des accidents de la route.

Le capybara est un animal typique de l’Amérique du Sud qui peut peser plus de 50 kilos pour 1 mètre de longueur : c’est le plus gros rongeur du monde, qui fait penser à nos ragondins européens. Il ne s’agissait pas d’une invasion mais d’une reconquête. Les capybaras sont également populaires chez les pauvres de la capitale argentine : la construction de projets immobiliers haut de gamme sur les zones humides de Buenos Aires empêchent les sols d’absorber les pluies intenses et provoquent des inondations dans les quartiers voisins. Une revanche écologique et sociale.

En Europe, régulièrement, des sangliers dévastent des terrains de golf. Par exemple au Pays Basque où «au moins six sangliers» sont entrés sur les greens du golf d’Ilbarritz en août 2021, puis rebelote en septembre sur un golf 18 trous de Vieille-Toulouse, dans l’Ain en août 2023 ou en Sologne en mars 2022. En plus d’être un sport réservé aux bourgeois, le golf est une aberration écologique, ultra-gourmand en eau.

Du Gabon au sud de la France, la lutte des classes se mêle à la riposte du monde animal.

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