
Depuis l’après-guerre, plusieurs générations ont grandi avec le slogan «plus jamais ça», nous pensions que les images des années 1930 et 1940 vues dans les livres d’histoire étaient révolues, que les étendards de la mort étaient enfouis dans les poubelles de l’Histoire. Il a suffi de quelques décennies d’abrutissement, d’irresponsabilité politique et de médiatisation du racisme pour en faire ressurgir les spectres les plus lugubres. L’internationale fasciste avance à nouveau à visage découvert, elle n’a même plus besoin d’apparaître comme «respectable» ou «dédiabolisée», la preuve en Espagne et aux USA.
Bras tendus et déferlement raciste à Madrid
Des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Madrid, en Andalousie et dans toute l’Espagne contre l’immigration. Et partout des bras tendus et des symboles fascistes. C’est une vague de racisme comme le pays n’en a pas connu depuis très longtemps qui monte chez nos voisins. Depuis la fin de la dictature de Franco, l’Espagne était plutôt préservée par la montée de l’extrême droite. Il faut dire qu’une partie des anciens franquistes avait été absorbée par le grand parti de droite, le PP.
Mais, depuis quelques années, un vent mauvais souffle aussi de l’autre côté des Pyrénées. Un nouveau parti d’extrême droite nommé Vox réalise des scores à deux chiffres et entre dans les institutions, mettant fin à l’exception espagnole. Plus grave, des groupes ouvertement franquistes reprennent les rues. Des émeutes racistes ont notamment éclaté en 2023, en 2024 et durant l’été 2025. Des célébrations pour les 50 ans de la mort de Franco ont été organisées en octobre dernier.
Mais ce 2 septembre, ce sont littéralement des scènes fascistes qui sont filmées en plein cœur de Madrid, devant le Congrès. Profitant de la crise migratoire à Ceuta, la droite et l’extrême droite organisent de grandes manifestations xénophobes contre le gouvernement socialiste, et elles rencontrent un succès inquiétant.
C’est dans ce contexte qu’un groupe paramilitaire néo-nazi appelé Nucleo Nacional parade dans plusieurs villes. Dans la capitale, ses membres ont chanté le Cara al sol, l’hymne franquiste, effectué des saluts nazis et appelé à la «remigration». Ce groupe défilait aussi à Barcelone, Gijon et ailleurs, et a créé une section à Majorque. Sur les drapeaux : la rune Wolfsangel qui était utilisée par les SS, surmontée d’une croix. Ultra-nationaliste, le groupuscule a été créé en 2023 pour dénoncer les indépendantistes catalans et basques, ainsi que les immigrés. Fin 2025, il réunissait des centaines de personnes devant le Congrès, affichant le slogan «Sang, sol, tradition», reprenant la formule nazie «Blut und Boden», qui prônait la pureté raciale. Leurs pancartes menaçaient : «Notre patience a des limites».
Le 31 juillet dernier, Nucleo Nacional et la Phalange, autre groupe nostalgique de la dictature, organisaient des manifestations devant l’ambassade du Maroc. À Ceuta même, des commandos ont mené des attaques contre les migrants.
Nazisme décomplexé aux USA
Samedi 29 août à Orlando, un combat de kickboxing opposait un sportif ouvertement antisémite à un combattant juif pro-Israël. D’un côté Paul Miller, la peau constellée de tatouages et symbole SS, multipliant les propos nazis, racistes et partisan assumé d’une «guerre civile raciale». De l’autre son adversaire, Ben Azoulay, soutien d’Israël, lié à la sphère masculiniste et à l’influenceur d’extrême droite et proxénète Andrew Tate.
Pour regarder ce combat obscène de toutes parts, des milliers de spectateurs en furie. Et pour conclure la bagarre, un salut nazi réalisé par Paul Miller, qui insultait son adversaire après l’avoir battu. Dans les tribunes remplies à ras bord, un drapeau à croix gammée et des saluts hitlériens. Vision dystopique et insoutenable.
Cette banalisation de l’horreur, cette mise en spectacle des pires idéologies de l’humanité, s’est déroulée dans une salle municipale publique, prêtée par la ville : un stade où se déroulent d’ordinaire les matchs de basket. Le combat de kickboxing a d’ailleurs été promu sur un site web de la mairie. Voilà comment reviennent les heures sombres : tranquillement, avec la complicités des institutions, et sous forme de bouffonnerie.
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Les cryptos-fascistes de la Big Tech peuvent supprimer Contre Attaque des réseaux « sociaux » du jour au lendemain, d’un simple clic. Pour renforcer l’autonomie des médias révolutionnaires, il est urgent de se doter de moyens de diffusion indépendants. Tous les 15 jours, recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque !



