Plus de 5.000 personnes mobilisées et une répression aveugle
Dimanche 20 septembre, à Nantes comme dans toute la France, des familles de victimes de violences policières, réunies au sein du collectif Stop aux violences d’État, appellent à manifester contre la loi instaurant un permis de tuer pour les forces de l’ordre.
Malgré la morosité sociale et le contexte répressif toujours plus tendu, des centaines puis des milliers de personnes se retrouvent devant la préfecture, sous un grand soleil.
Après des discours très applaudis, soulignant la responsabilité écrasante du Parti Socialiste dans la militarisation de la police, le défilé est emmené par des collectifs de jeunes, et avance au son du tambour dans les rues. Il y a beaucoup de pancartes et de banderoles, de l’énergie, et énormément de lycéen·nes et d’étudiant·es.
Les forces de l’ordre sont très nombreuses et collent le cortège dans le but évident de provoquer des incidents. Mais la manifestation se déroule dans le calme, ponctuée de pauses et de sit-in, et poursuit son chemin vers le miroir d’eau. C’est sur cette esplanade si souvent utilisée pour réprimer les manifestations que le piège se referme : sans sommation ni raison, les CRS arrosent la foule de grenades lacrymogènes, dispersant le gros des participant·es. Quelques groupes tentent de se reformer vers la Place du Bouffay, mais la mobilisation ne durera pas longtemps, face à la disproportion des forces.
Cette manifestation est une réussite numérique incontestable, et montre que la question des violences d’État est un sujet majeur dans le débat politique, malgré les mensonges et l’invisibilisation médiatique. Mais cette date importante été brisée par la brutalité de l’État, à Nantes comme à Paris. Le rapport de force reste à construire pour faire enfin reculer le rouleau compresseur policier, avant qu’il ne nous écrase toutes et tous.
Photos : Oli Mouazan, CA.
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