Un étudiant étranger enfermé dans un centre de rétention et menacé d’expulsion pour avoir participé aux mobilisations


Un appel à se rassembler devant le CRA de Vincennes aura lieu à 14h ce mercredi 28 octobre 2026


Un appel à se rassembler devant le CRA de Vincennes aura lieu à 14h ce mercredi 28 octobre 2026 pour soutenir l'étudiant.

La France de Macron est un régime à bout de souffle, crépusculaire, en état de mort cérébrale. Pour tenter de sauver les spoliateurs du peuple et sa clique d’ultra-riches, les autorités mettent tous les moyens pour étouffer la colère. Quitte à terminer la mue du régime en dictature.

Le mouvement parti des lycéen·nes des colonies d’outre-mer et des banlieues a ouvert la voie et agrégé tou·tes les révolté·es et opprimé·es du pays, au point de vivre une période insurrectionnelle historique mais aussi une répression inédite. Des arrestations de masse, près de 12.000, des peines de prison, des grenades explosives et des cartouches de LBD par milliers visent les corps de ceux et celles qui luttent. Tout est fait pour écraser le camp de la révolution. Et nos camarades étranger·es qui participent aux mobilisations ne sont pas épargné·es par le délire sécuritaire et répressif de la macronie en chute libre, comme le témoigne le communiqué du collectif Œil au beurre noir que nous reproduisons ici.

«Un étudiant placé en CRA après les mobilisations du 24 octobre.
Un étudiant de nationalité étrangère vient d’être placé en Centre de Rétention Administrative (CRA) après avoir été interpellé dans la capitale en marge des mobilisations du 24 octobre. Scolarisé à Paris 8 et syndicaliste de la FSE, il risque désormais une expulsion du territoire français.

Le tribunal de Paris, où il a été déféré après 48h de garde à vue, avait pourtant été contraint d’annuler sa comparution immédiate en raison d’un vice de procédure. Mais alors que ses proches attendaient sa libération devant le dépôt du tribunal judiciaire, ils ont fini par apprendre son transfert au CRA de Vincennes. Cette décision a été prise sans que sa famille ni son avocat en soient informés.

Alors que la justice elle-même avait dû constater l’irrégularité de la procédure, les autorités ont trouvé le moyen de l’enfermer et de le sanctionner pour sa participation aux mobilisations en cours. Plusieurs organisations dénoncent une décision profondément politique, arbitraire et raciste ; d’autant que son cas est loin d’être isolé.

Depuis le début des mobilisations lycéennes et étudiantes, plusieurs personnes ont ainsi, et par exemple, écopé d’obligations de quitter le territoire français. À la répression policière, judiciaire et scolaire s’ajoute la répression administrative avec l’unique et même objectif de briser le mouvement populaire et de punir ceux qui ont osé se soulever.

Les organisations et les proches de l’étudiant enfermé appellent à une mobilisation large ce mercredi 28 octobre à 14h devant le CRA de Vincennes, situé au 48 avenue de l’École de Joinville, dans le 12e arrondissement de Paris.»

Le placement en centre de rétention pour les personnes étrangères solidaires des luttes sociales et antiracistes en France n’est malheureusement pas une nouveauté, mais se replace dans le continuum répressif impulsée par 10 ans de macron et de néolibéralisme autoritaire hardcore.

Samedi dernier, le 24 octobre, trois autocars venus de Paris qui se dirigeaient vers la manifestation contre le meeting du Rassemblement Nationale à Orléans, étaient arrêtés par la Gendarmerie à 5 km au Nord de la ville. 200 militant·es antiracistes et antifascistes ont été bloqué·e sur un péage et se sont vus interdire arbitrairement la mobilisions, et certaines personnes sans-papiers menacées d’être enfermées en centre de rétention.

Le week-end du 22 et 23 novembre 2025, Elena Mistrello était invitée au festival BD Colomiers, afin de dédicacer sa bande dessinée intitulée Syndrome Italie. À son arrivée à l’aéroport, elle était interpellée par trois policiers : «Ils m’arrêtent et me mettent au courant du fait que je ne peux pas mettre les pieds en France, qu’ils ne savent pas exactement pourquoi, mais qu’il existe un signalement du ministère de l’Intérieur concernant le danger que je représenterais. […] Ils ont reçu l’ordre de me rapatrier et si je refuse, ‘ce sera pire pour moi’, ils seront obligés de m’arrêter et, probablement, de me transférer dans un CRA». Son tort ? Avoir participé à un événement antifasciste 2 ans plus tôt en France, notamment des manifestations publiques organisées à Paris en hommage à Clément Méric, assassiné par des nazis.

En novembre 2019, un italien, des allemands et des belges, soupçonnés de vouloir participé à une manifestation des gilets jaunes, étaient placés en rétention pour «menace gave» sans avoir rien commis. Une mobilisation avait eu lieu à Paris pour exiger leur libération.

En mai de la même année, une jeune femme enceinte de deux mois, vivant en France depuis 17 ans, était placée en centre de rétention et menacée d’expulsion. De nationalité espagnole, elle avait été arrêtée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière le 1er mai 2019. Après le G7, trois allemands soupçonnés de se rendre à Biarritz étaient jetés en prison sans avoir commis aucune infraction. Une fois sorti de prison, l’un d’entre eux était placé immédiatement en rétention pour être expulsé vers l’Allemagne.

Ainsi, les CRA sont déjà un moyen d’enfermer les militant·es de nationalité étrangère, vu·es comme des indésirables.

SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !

Les cryptos-fascistes de la Big Tech peuvent supprimer Contre Attaque des réseaux « sociaux » du jour au lendemain, d’un simple clic. Pour renforcer l’autonomie des médias révolutionnaires, il est urgent de se doter de moyens de diffusion indépendants. Tous les 15 jours, recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque !