À Contre Attaque, nous refusons de nous taire face à la terreur d’État et aux violences policières. Le nombre de victimes est incommensurable. Elles ne tomberont pas dans l’oubli. Voici un nouveau recensement de cas repérés dans la presse ou de témoignages qui nous sont parvenus. Les dirigeants et les préfets devront rendre des comptes tôt ou tard.

Paris
Le 17 octobre, Issa, 17 ans, participe à la manifestation contre la vie chère dans la capitale. Vers 20h30, il s’apprête à rentrer chez lui en prenant les transports vers Clichy-Sous-Bois. Au forum des Halles, il est roué de coups par une dizaine de policiers. Mais les violences ne se sont pas arrêtées là selon nos confrères du Bondy Blog, qui ont pu recueillir les propos de l’adolescent : après avoir été menotté, il a été «contraint de suivre une autre unité pendant près d’une heure», dont les agents étaient cagoulés et non identifiables. Ces derniers auraient utilisé l’enfant comme bouclier humain, les policiers se seraient servis de son corps pour se protéger d’éventuelles attaques extérieures : «Un des collègues du policier qui me maintenait menotté a répété à plusieurs reprises : ‘Le bouclier humain, c’est devant’, en parlant de moi». Issa sera ensuite pris en photo puis relâché sans explications. Des méthodes dignes de régime dictatoriaux, mais cela se passe ici, sous Macron. En droit international, la convention de Genève interdit explicitement l’utilisation de boucliers humains.
Toujours à Paris, le 17 octobre, un groupe de jeunes de 24 à 30 ans est passé à tabac par les forces de l’ordre, près de la gare Saint-Lazare. C’est un véritable lynchage. Ali, 27 ans, souffre d’une triple fracture au visage : «Ils voulaient juste casser des bouches». Le média StreetPress révèle aussi que certains de «ses amis ont eu leur bras fracturé, une plaie au crâne de dix centimètres, des commotions cérébrales».
Reims
Samedi 24 octobre, dans le cadre de la mobilisation contre la vie chère, les contestataires ont fait face à un déluge de grenades GM2L alors que la manifestation se passait dans le calme. Au moins deux blessures graves ont été recensées.
Une jeune étudiante en médecine nous a fait parvenir son témoignage : «C’était la première fois que j’étais street medic en manif, donc j’avais discuté un petit peu histoire de rejoindre le collectif et on s’était organisés par groupes afin d’être dispatchés au cœur du cortège. J’ai donc rejoint un groupe de l’avant du cortège et tout se passait bien : on aidait les gens, on distribuait du sérum phy, des masques, etc. On a aussi dû gérer des brûlures et des tirs de LBD… Jusqu’au moment rue Gambetta où des grenades assourdissantes ont été tirées».
Alors qu’elle propose des soins aux manifestants, une grenade explose à ses pieds. Un éclat vient se loger dans son front. Pendant que des secouristes la prennent en charge, la police continue de gazer abondamment la rue. Elle témoigne : «Je n’entends plus rien, je demande d’où vient le sang, mes yeux, mon nez ? […] Je vois les médics qui s’occupent de moi qui sont en train de pleurer, il faut qu’ils s’occupent d’eux… Ils sont incapables de me soigner dans cet état et moi je continue de saigner et c’est une scène atroce». La blessée nous explique avoir eu l’impression qu’elle allait mourir. L’étudiante sera finalement évacuée par les pompiers.
À peu près au même moment, un autre récit d’une personne présente sur place et qui nous a transmis des images d’une plaie délabrante profonde jusqu’à l’os au niveau du tibia raconte : «À l’admission à l’Hôpital, les médecins ont refusé de soigner le blessé. Ils l’ont fait rentrer chez lui avec du désinfectant. C’est criminel».
Tours
Le 31 octobre, un tourangeau a été éborgné. C’est le second cas de mutilation aux yeux depuis le début du mouvement : Maël, lycéen, avait déjà perdu l’usage de son œil après avoir reçu un tir de LBD le 30 septembre dernier. Ici c’est une grenade de désencerclement qui serait en cause. Cette grenade mutilante projette 18 plots en caoutchouc, dans toutes les directions et à très haute vitesse. La presse locale affirme qu’Enzo, 22 ans, a été touché à l’œil gauche par un tir d’une compagnie de CRS «alors qu’il filmait la manifestation contre la vie chère, place Jean-Jaurès à Tours», le jour d’Halloween. Le jeune homme a porté plainte pour «violence par personne dépositaire de l’autorité publique».
Tours avait été marquée au fer rouge par une répression d’une barbarie extrême lors du mouvement des Gilets Jaunes. Le 1er décembre 2018, Ayhan P., père de trois enfants, avait eu la main arrachée par une grenade GLI-F4. «Le représentant syndical était venu dénoncer l’injustice sociale», écrivait la Nouvelle République. C’était le premier quinquennat de Macron. Depuis, tout a empiré.
Marseille
Rémi est podologue et vit à Marseille. Le 31 au soir, il mangeait dans un restaurant du cours Julien. À la suite de son repas, il se met en route en direction de son vélo pour ensuite rentrer jusqu’à son domicile. Mais la soirée tourne au cauchemar quand il croise la route d’une vingtaine de CRS, qui vont littéralement le massacrer.
Selon plusieurs sources, Rémi s’est pris une balayette et les flics lui ont donné des coups de pieds et de matraques pendant plusieurs minutes. C’est un acharnement d’une sauvagerie extrême contre une victime au sol. Aux urgences, le bilan clinique est lourd. Il a plusieurs points de suture, le nez cassé et a perdu huit dents.
Dijon
Les équipes de street médics présents dans les cortèges de samedi dernier dans la ville de Dijon rapportent des passages à tabac systématiques par les flics, majoritairement de jeunes noirs et arabes. Il s’agit de punitions racistes extra-judiciaires. Les secouristes dans les manifestations sont aussi ciblés par les violences et la répression. Une terrasse d’un bar a été gazée par des agents après la manifestation, alors que des clients entonnaient des chants des luttes sociales.
Si vous avez été témoins ou victimes de violences policières, contactez-nous.
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