Il y a 50 ans : la Nuit des Barricades


Le 11 mai 1968, le centre de Paris se réveille couvert de barricades et de stigmates d’affrontements Cette nuit d’émeute est le point de départ d’un mouvement insurrectionnel dans tout le pays.


Le 3 mai, la Sorbonne avait été fermée et des affrontements embrasaient le quartier latin pendant toute la nuit. Trois jours plus tard, nouvelles émeutes. Mais c’est le soir du 10 mai que la situation bascule : 30.000 étudiants affrontent plus de 6000 CRS pendant plus de 10 heures ! La dernière barricade tombe à l’aube, vers 6h du matin. 63 voitures ont été incendiées, des dizaines d’autres retournées, 469 personnes ont été arrêtées et des centaines sont blessées. Des rues ont été dépavées sur des dizaines de mètres.

Dans les heures qui suivent, partis et syndicats de gauche ne se désolidarisent pas. Bien au contraire. Ils appellent à manifester en solidarité avec les étudiants et le gouvernement doit retirer les forces de police de la Sorbonne.

Les répliques de ce séisme émeutier ont lieu partout : à Nantes, par exemple, 2000 manifestants dès le 11 mai contre la répression, puis 20.000 le 13 mai, qui attaquent et incendient la préfecture.

50 ans plus tard, le gouvernement commémore Mai 68 à sa façon, en expulsant systématiquement les universités en lutte, en envoyant la police matraquer les étudiants et en écrasant toute contestation avec une brutalité inouïe.

Pourquoi est-il important de revenir sur cette Nuit des Barricades ? Parce qu’en 68, face à des dégradations et des offensives sans commune mesure avec celles qu’on a pu voir ces derniers mois et années en France, la gauche et les syndicats ne sont pas désolidarisés. On peut même considérer que cette nuit d’affrontement a amplifié le mouvement. Dans les médias il n’y avait pas, comme aujourd’hui, des chroniqueurs d’extrême droite sur toutes les antennes pour cracher des torrents de haine sur les mouvements sociaux.

En 2018, la simple dégradation d’une enseigne de multinationale a permis un déferlement médiatique, policier et politique délirant contre nos luttes. On a entendu parler de «guérilla», «d’ultra-gauche», de «saccage», des appels à réprimer plus durement encore venus de la classe politique. On a vu des personnes envoyées en prison sans preuve, pour l’exemple, et sans être soutenues.

Aujourd’hui, la gauche est plus occupée à «condamner» les prétendues violences de la jeunesse qu’à soutenir celles et ceux qui sont dans la rue.

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