MacCarthysme 2.0 : le directeur de la police aux frontières veut ficher et licencier les opposant·es à l’ICE

Tom Homan, le directeur de la police aux frontières qui veut ficher et licencier les opposant·es à l'ICE

Les États-Unis s’enfoncent chaque jour un peu plus dans l’obscurantisme et le fascisme. Tom Homan, visage porcin et idées brunes, est le directeur de la police aux frontières, nommé par le président des USA. C’est l’incarnation de la politique brutale, raciste et répressive contre les sans-papiers aux États-Unis. Il est surnommé par la Maison Blanche le «Tsar des frontières» ou encore la «brute épaisse» par ses détracteurs.

En 2018, c’est lui qui avait décidé de séparer les familles qui tentaient de passer la frontière : entre 3.000 et 5.000 enfants avaient été arrachés à leurs parents et placés en rétention. Depuis sa réélection, Trump lui réclame 11 millions d’expulsions, une mission qu’il accomplit avec un zèle et une brutalité extrême. À ceux qui accusent Tom Homan de cruauté et de racisme, il répond : «Dites ce que vous voulez, j’en ai rien à foutre !»

Sur la chaîne ultra-conservatrice Fox News, Tom Homan a déclaré le 17 janvier que ses services récoltaient une base de données sur les opposant·es à l’ICE. «Nous allons les rendre célèbres ! Nous allons diffuser leurs visages à la télévision. Nous allons faire savoir à leurs employeurs, à leurs voisins et à leurs écoles qui sont ces personnes». Hilare, il ajoutait : «Je parie que beaucoup de leurs employeurs ne savent pas ce qu’ils font !» Ainsi, il assumait en direct avoir l’objectif de faire des listes d’antiracistes pour divulguer leurs noms et leurs visages, afin de mettre la pression aux employeurs pour les faire virer. Cette pratique à un nom. Ce n’est autre qu’un Maccarthysme réactualisé, qui désigne toutes celles et ceux qui s’opposent au fascisme de Trump comme ennemis de l’intérieur.

En 1950, l’humanité sort à peine d’une Seconde Guerre Mondiale effroyable. Ce conflit a redistribué les cartes de la géopolitique internationale, et c’est le début de la guerre froide, un épisode de forte tension et d’affrontements par forces interposées entre les USA et L’URSS. Les deux grandes puissances se livrent une lutte pour l’hégémonie partout sur le globe. Sous l’impulsion du sénateur républicain Joseph McCarthy débute une véritable chasse aux sorcières contre les personnes supposément de gauche aux USA. Certaines sont licenciées, d’autres harcelées, arrêtées, voire même tuées. Durant cette période, au nom de la lutte anti-communiste, les États-Unis basculent dans un régime proche de la dictature. Cette période sera qualifiée par les historiens de « peur rouge » ou Maccarthysme.

Les principales victimes des persécutions sont les fonctionnaires du gouvernement, les artistes du monde du spectacle, les universitaires, les politiciens de gauche et les militants syndicaux. Si vous étiez suspects aux yeux des autorités, vos moyens de subsistance étaient complètement anéantis, toute votre vie détruite. Plus de 300 acteurs, écrivains et autres personnes considérées comme communistes vont être placées sur liste noire et exclues du marché du travail. 140 dirigeants et membres du Parti communiste sont inculpés dont 93 condamnés.

Le MacCarthysme avait aussi un objectif électoral, c’était une question de lutte de pouvoir interne étasunienne, une stratégie pour le parti conservateur. Les républicains et McCarthy cherchaient à faire passer le président Truman et le parti Démocrate pour des faibles à la solde des soviétiques… Ce qui est évidemment absolument faux. Truman n’était pas un humaniste naïf en encore moins un homme de gauche, c’est le président qui a notamment décidé d’envoyer deux bombes nucléaires sur le Japon en 1945, pour effrayer l’humanité entière.

Ainsi, avec ses déclarations, Tom Homan promeut une nouvelle forme de Maccarthysme contre la gauche étasunienne. C’est ce qu’il veut faire subir à ceux qui contestent le régime Trumpiste et la police de l’immigration. Sa déclaration s’inscrit dans la continuité de la classification des groupes antifascistes comme «terroristes» et de la déshumanisation de toute opposition à Trump, jusqu’à justifier l’exécution d’une mère de famille de 4 balles dans le corps parce qu’elle se trouvait sur le chemin de l’ICE.

Les États-Unis sont une démonstration en temps réel de la manière dont un appareil d’État peut se fasciser. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter, à moins que la population ne lui résiste vigoureusement.

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