« Conseil de paix » : comment Trump veut gouverner le monde en contournant l’ONU

Les chefs d'États les plus sanguinaires tiennent le monde entre leur mains et veulent maintenant se réunir autour de Trump et son "Conseil de Paix"

Après la barbarie sans précédent de la Seconde guerre mondiale, qui a emporté des dizaines de millions de vie, vu des Empires totalitaires s’affronter dans des carnages industriels, apparaitre des camps d’extermination et l’invention d’une menace existentielle, la bombe nucléaire, l’idée d’une organisation internationale de préservation de la paix s’est imposée. L’Organisation des Nations Unies était créée en octobre 1945 et se donnait pour but de «maintenir» la paix en réunissant les nations du monde dans une même assemblée, afin de faire respecter le droit international.

Une intention louable qui n’a jamais été appliquée dans les faits. Depuis 1945, l’ONU a publié de très nombreux rapports, condamné des dizaines de guerres, de massacres et de génocides, mais n’a jamais vraiment su enrayer concrètement les guerres. L’ONU regroupe 193 États, mais elle est dominée par un conseil restreint de 5 membres permanents qui peuvent bloquer n’importe quelle résolution : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine. Les «grands» du monde ont ainsi pu empêcher toute décision allant contre leurs intérêts.

Pour autant, l’ONU a fini par déranger des autocrates : ses enquêtes, ses agences humanitaires et ses condamnations du génocide à Gaza ont provoqué des attaques sans précédent. Désormais, même rappeler les règles du droit international face au massacre d’une population entière est devenu inacceptable pour les empires. Trump, Netanyahou et leurs alliés ont diffamé l’ONU, traité son président d’antisémite, qualifié l’UNRWA, l’organisme de l’ONU venant en aide aux réfugiés palestiniens, de «terroriste», émis des sanctions…

L’étape d’après, c’est de se passer purement et simplement de l’ONU. De vider cette assemblée mondiale de sa substance. D’officialiser la loi du plus fort, et la fin du droit international.

C’est ainsi que Donald Trump vient de créer son propre «Conseil de la paix» pour concurrencer l’ONU. Une organisation internationale directement dirigée par lui-même : il en serait le président permanent à vie, c’est-à-dire même après la fin de son mandat de président des USA, et avec un droit de veto total sur toutes les décisions. Trump se rêve ainsi en roi du monde.

L’entrée dans ce conseil repose sur la soumission et le racket. Les États qui y adhèrent doivent payer 1 milliard de dollars pour obtenir un siège permanent. Plus hallucinant encore, le génocidaire Netanyahou, le dictateur et criminel de guerre Poutine, le dirigeant argentin d’extrême droite hongrois Viktor Orbán et son homologue argentin Milei ou le dictateur Biélorusse Loukachenko ont d’ores et déjà accepté d’y participer. Officiellement, ce «Conseil de paix» prétend «rétablir une gouvernance fiable et légitime, et garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits». Dans les fait, ce serait le conseil de paix le moins «pacifique» qui soit : composé de tyrans et de chefs de guerre aux mains couvertes de sang.

La France a refusé d’y participer, de même que la Norvège, la Suède et le Canada. Cela a provoqué la fureur de Trump, qui a menacé de taxer les vins français à 200%. Il n’est pas question de résister au roi du monde.

Le 21 janvier, nouveau coup de tonnerre : neuf pays du monde musulman ont annoncé leur adhésion au Conseil de Paix. L’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis, le Pakistan et le Koweït. Ils ont signé une déclaration conjointe disant qu’ils «supportent les efforts de paix menés par le président Trump». C’est une étape scandaleuse : l’une des premières tâches du prétendu Conseil de paix sera de pérenniser la colonisation de Gaza et d’approfondir le nettoyage ethnique, tout en rebâtissant Gaza selon les vœux de Trump, et pour les intérêts d’Israël. Ces pays arabes et musulmans franchissent donc un pas supplémentaire en direction du camp sioniste.

L’ordre mondial hérité de 1945 est mort, les apparences mêmes du droit international, souvent bafoué, sont désormais évaporées, dans une opération orwellienne visant à faire passer les pires seigneurs de guerre pour des faiseurs de paix. La reconstruction d’une internationale des peuples, contre tous les colonialismes et les militarismes, est une urgence mondiale.

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