«Briser des vitres à la faveur de la nuit, n’est pas automatiquement une stratégie politique efficace. Mais cela peut le devenir en brillant comme une étoile au sein d’une plus large constellation de résistance»

Le monde est traversé par une frénésie réactionnaire digne des années 30. Les dirigeants autoritaires du globe sont en roue libre. Les guerres et le génocide sont là. Les droits des femmes et des minorités de genre sont attaqués. Les autorités traquent, chassent et harcèlent les sans-papiers sans relâche.
Aux États-Unis et en France, on assiste à un emballement répressif contre les personnes exilées. Les lois et décrets racistes sont promulgués tous azimut pour servir l’agenda de l’extrême-droite. Face au marasme ambiant, la résistance s’organise contre le racisme d’État des deux côtés de l’Atlantique.
Un centre de rétention saboté à Bordeaux
Le CRA – centre de rétention administrative – est une prison pour personnes étrangères en attente de leur expulsion. Ils poussent comme des champignons sur le territoire français au rythme de lois racistes votées à l’Assemblée Nationale. À Nantes, les travaux d’un futur CRA devraient démarrer à l’été 2026.
À Mérignac en Gironde, en périphérie de Bordeaux, le futur chantier d’un CRA a été pris pour cible entre le 16 et le 18 janvier 2026. La presse locale horrifiée évoque un saccage. D’autres diraient que détruire les lieux d’enfermement devrait être considéré comme une œuvre pour le bien commun.
Selon le parquet, la ou les personnes se sont introduites sur le site et ont détruit les vitres pare-balles à l’aide d’un marteau ou d’une masse. Le carrelage a été brisé et des gaines électriques ont été sectionnées. «Ça dépasse la centaine de milliers d’euros de dégâts, le vitrage spécifique coûte notamment très cher», affirme le procureur. Les aménageurs auraient dû penser à des vitres pare-marteaux. Dommage…
L’action n’a pas été revendiquée… S’agit-il d’ouvriers en colère contre leur patron ? Ou d’une action en solidarité avec les exilé·es victimes de la répression des autorités ? Quoiqu’il en soit, un chantier retardé et saboté, c’est une perte d’argent significative pour les sociétés qui participent aux projets racistes du gouvernement. Espérons que cela fasse réfléchir les dirigeants d’entreprises qui s’engagent dans cette voie.
47 vitrines du siège fédéral d’Oakland fracassées par les manifestant·es
Aux États-Unis, le meurtre de sang froid de Renee Nicole Good par un agent de la police de l’immigration de Trump a remis un coup de projecteur sur les exactions de l’ICE. La détestation de l’administration Trump et le dégoût de sa politique migratoire sont telles que des milliers d’étasunien·nes se lèvent contre les rafles policières.
Une constellation de citoyens et citoyennes allant des cercles démocrates aux activistes marxistes et anarchistes s’organisent afin d’entraver le travail de collabos des agents de l’ICE. Dans toutes les grandes villes des USA, les réseaux d’autodéfense et d’entraide pullulent pour empêcher les déportations et l’enfermement des exilé·es. À Minneapolis, ces réseaux « d’intervention rapide » identifient et surveillent les déplacements des agents de la police de l’immigration afin d’alerter la population des opérations de l’ICE dans les quartiers, et tentent d’empêcher les arrestations.
À Philadelphie, grande métropole du Nord-Est des États-Unis, des militants Noirs se réclamant du Black Panthers Party équipés de fusils d’assaut sont dans la rue pour soutenir et protéger les manifestations dénonçant l’ICE.
Dans la baie de San Francisco en Californie, c’est un bâtiment fédéral qui a été redécoré par une manifestation anti-ICE. Le 10 janvier 2026, un black block composé d’une centaine de personnes a étoilé 47 vitrines et fenêtres du siège fédéral d’Oakland ainsi que graffé les murs « pour le marquer comme étant un site important des opérations de l’ICE dans la région de la baie de San Francisco ».

Un communiqué de la manifestation relate les faits : « La réaction à cette action a été extrêmement positive. Alors que les manifestant·es brisaient les vitres et écrivaient des messages à la bombe, les passant·es les acclamaient et les automobilistes klaxonnaient en guise de soutien. Certaines voitures ont même décidé de contourner la foule afin de ralentir la progression des voitures de police qui les poursuivaient. Le lendemain matin, des influenceuses et influenceurs locaux se sont rassemblé·es devant le bâtiment fédéral pour filmer des vidéos encensant cette action. Un article sur cet événement publié dans le San Francisco Chronicle a suscité beaucoup d’intérêt et a même reçu le soutien des libéraux. »
Malgré un contexte politique étouffant et l’avancé du fascisme sur l’échiquier international, nous devons ne pas nous laisser aller à la résignation. Seule la lutte paie. Organisons-nous partout !
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