En Palestine, le génocide se poursuit loin des regards


Avec l’actualité mondiale toujours plus vertigineuse et violente, l’attention médiatique s’est éloignée de la Palestine. Surtout depuis «l’arrêt» officiel des combats, alors que les morgues débordent toujours. Pourtant, l’apartheid, le génocide et les crimes de guerre se poursuivent. On fait le point.


Gaza vue du ciel : la Palestine est un champ de ruines.

L’armée israélienne reconnaît avoir tué plus de 71.000 personnes à Gaza

Début février 2026, Israël a reconnu le bilan réalisé par le ministère de la santé de Gaza sur les massacres dans l’enclave. Selon ce dernier, 71.800 palestinien·nes avaient été tué·es par Israël dans l’enclave depuis octobre 2023, et au moins 11.000 étaient porté·es disparu·es, sans doute enfoui·es sous les ruines. Pendant des mois, les défenseurs d’Israël, y compris dans les médias français, ont répété que ces chiffres étaient faux, qu’ils venaient du Hamas et qu’ils étaient forcément surévalués. C’est l’armée génocidaire elle-même qui finit par les valider, ce qui veut dire que le bilan réel est probablement beaucoup plus élevé.

Ce bilan est en effet considéré comme largement sous estimé selon plusieurs rapports indépendants, qui évaluent les pertes à plusieurs centaines de milliers. Le détail de ces listes des victimes, dont certains extraits ont parfois été publiés, rend palpables les massacres. Dix-sept bébés ont été tués le jour de leur naissance, 115 dans leur premier mois de vie, 1054 avant d’avoir 1 an. Des femmes enceintes sont mortes sous les bombes. Les palestinien·nes sont nié·es jusque dans leur mort, systématiquement mise en doute.

La (fausse) réouverture du point de passage de Rafah

La ville de Rafah, dans le sud de Gaza, est doublement symbolique. En premier lieu, parce que son poste frontière est le seul accès entre Gaza et un autre pays qu’Israël, en l’occurrence l’Égypte. Symbolique aussi, lorsqu’elle était devenue dans l’opinion publique mondiale la représentation des massacres en cours lors de l’offensive israélienne de mai 2024. Le message «All eyes on Rafah», tous les regards sur Rafah en français, était devenu viral sur les réseaux sociaux après les bombardements incessants sur la ville.

L’annonce de la réouverture il y a deux jours a de quoi donner des faux espoirs, tant les félicitations de la communauté internationale dénotent avec les conditions draconiennes qui régiront le poste frontière. Ouvert entre 12h et 18h. Maximum 50 personnes pourront sortir chaque jour, et le nombre d’entrées devra être inférieur à celui des départs…

Netanhyaou et sa clique ne font qu’appliquer le «plan de paix» conçu par Trump. Ces conditions sont volontairement invivables, alors que 20.000 gazaouis se trouvent sur des listes pour un transfert urgent vers un pays tiers pour y recevoir des soins, dont 440 en situation de vie ou de mort. Pourtant, l’État Israël est acclamé par l’ONU, pour avoir appliqué à reculons un simple point de l’accord de cessez-le-feu, déjà violé à de nombreuses reprises.

Israël prend les médecins pour des terroristes

Dans une nouvelle bouffée de délire, Netanyahou et son gouvernement génocidaire ont exigé début janvier l’exclusion de l’ONG Médecins Sans Frontières des opérations humanitaires à Gaza. Pour quelles raisons ? Le gouvernement sioniste a prétexté des liens entre les employés de MSF et le Hamas, afin d’exiger de l’organisation qu’elle lui fournisse les listes de ses personnels présents sur place, ce qui a évidemment été refusé.

Rappelez-vous, en 2024, le même procédé avait abouti à la cessation des opérations de l’UNWRA, l’agence de l’ONU en charge des réfugié·es palestinien·nes. Un drame humanitaire alors qu’à Gaza, les équipes de MSF sont responsables d’un lit d’hôpital sur cinq.

De Ramallah à Naplouse, le nettoyage ethnique se poursuit

En Cisjordanie, territoire morcelé par des colonies illégales israéliennes toujours plus nombreuses, les violences envers les palestinien·nes, considéré·es comme inférieur·es par les suprémacistes juifs, n’a de cesse d’exploser. Alors que 650.000 israélien·nes vivent sur des terres fraîchement volées à des palestiniens, le cabinet de sécurité a approuvé en décembre 2025 l’implantation de 19 nouveaux projets de colonies, en plus des 230 déjà existants.

Dans un territoire quasiment coupé en deux, les ONG en charge de faire respecter les droits humains ont de plus en plus de mal à exister, au vu des niveaux de violence atteints par les suprémacistes envers les populations palestiniennes.

Une humanitaire bretonne passée à tabac

Dernier exemple en date, Albane Buriel, originaire de Concarneau en Bretagne, participait à une mission humanitaire à proximité de Ramallah lorsqu’elle a été lynchée par des extrémistes sionistes. Venue dans le cadre d’une mission de dissuasion, sa présence ainsi que celle d’un israélo-américain n’a absolument pas découragé les colons, qui n’hésitent pas à prendre à partie palestinien·nes comme étranger·es.

Le dos d'Albane Buriel, passée à tabac par des colons israéliens, présente des marques de son soutien à la Palestine.

Réveillée par un palestinien hurlant «Ils arrivent, ils sont là !», la femme de 37 ans n’a pas eu le temps de réagir. Elle était immédiatement tabassée par un assaillant armé d’une barre en métal, tandis que d’autres incendiaient voitures et abris, tout en pourchassant les familles en train de prendre la fuite.

Le «plan de paix» en trois étapes imposé par Trump, qui veut faire de Gaza la «Riviera du Moyen-Orient» est aussi délirant qu’irréalisable, dans la mesure où les solutions politique proposées sont hors-sol et ne correspondent en aucun cas à la réalité des acteurs sur place. Conçu uniquement pour favoriser les intérêts étasuniens à court terme, ce plan, tout comme le fantasme de la solution à deux États, n’offrira aucun horizon politique tant que les colonies israéliennes représenteront presque 50% de la Cisjordanie et que Gaza restera à l’état de ruines et sous les bombes.

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