En Grèce : pluie de feu contre la police dans les facs

La presse grecque rapporte un événement d’une exceptionnelle intensité le 7 février : l’arrestation de 313 personnes samedi dernier au matin, lors d’une importante descente de police dans l’Université Aristote de Thessalonique. Il s’agit de la fac de la deuxième ville du pays. Les images montrent des personnes retranchées dans le bâtiment utiliser des extincteurs contre les forces de l’ordre, puis de nombreuses personnes menottées entourées de policiers.

Plus tôt, une véritable pluie de cocktail Molotov avait visé des forces anti-émeutes stationnées près de l’université. Les autorités parlent d’au moins 100 engins incendiaires lancés en quelques minutes. La version policière évoque des «individus cagoulés qui ont émergé du campus avant l’aube et ont pris pour cible» des policiers chargés de «gérer les troubles liés aux rassemblements nocturnes non autorisés».

En réalité, ces affrontements faisaient suite à la répression d’un concert organisé à l’université par plusieurs groupes anarchistes pour financer les futures luttes. Cet événement n’avait «pas été autorisé» par la direction de l’université, et la police a donc été envoyée. Un fait inhabituel.

Les universités sont des bastions de résistance en Grèce depuis la dictature des généraux. Ce sont des zones en principe préservées de la répression, qui sont abondamment taguées, bloquées, occupées, pendant les mouvements sociaux comme le reste de l’année. Depuis trois ans, les gouvernements de droite tentent d’imposer le retour de la police sur les campus, pour mettre fin à ces espaces de liberté et de contestation. Ils ont tenté de créer une police universitaire, ce qui a provoqué d’immenses mouvements étudiants. À Thessalonique, c’est la police habituelle, l’équivalent des CRS, qui a transformé le campus en zone de guerre.

Le 31 janvier, une manifestation antifasciste à Thessalonique avait déjà été attaquée par les forces de l’ordre à coups de grenades.

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