Tentative de meurtre, actes de torture, déchaînement raciste et descentes ultra-violentes : ça s’est passé ces derniers jours, en France, et vous n’en avez probablement pas entendu parler dans les médias nationaux. C’est normal, la bande armée qui commet ces actes porte un uniforme, équipée et payée par l’État et assermentée.

14 mars 2026, Grenoble : un supporter fracassé au visage
Grenoble contre Saint-Étienne, c’était l’une des affiches du week-end dernier en ligue 2. Ce n’est pas des les tribunes du stade mais en dehors que se déroule une scène de barbarie. Après un affrontement entre ultras des deux clubs à proximité de l’enceinte sportive, les forces de l’ordre interviennent sur un mode ultra-violent. Un supporter Grenoblois est lourdement matraqué au niveau de la tête par un CRS.
Les Red Kaos, groupe de supporters Grenoblois, ont annoncé sur les réseaux sociaux porter plainte contre la police. Dans un communiqué, ils dénoncent « une violence brutale et disproportionnée » alors « que les supporters des deux camps se repliaient ». Selon l’avocat de la victime, sa blessure aurait nécessité plus de 70 points de suture sur le visage. Les coups portés ont été tellement violents qu’un bout de chair lui pendait du nez… Le seul blessé grave de cette après-midi là est le fait de la police, pas de la bagarre que la police prétendait empêcher.
Noisiel, 16 mars : déferlement de violences racistes
La vidéo, prise depuis un immeuble par une habitante, avait choqué sur les réseaux sociaux. On y voyait un policier s’exclamer dans la rue : «Vous voulez jouer ? On va vous enc*ler !» C’est ensuite un déferlement de violences aussi extrêmes que gratuites. Des policiers hurlent, armes au poing, sur des passants. Un tir de LBD part aux cris de «lève toi».
Puis un homme subit un lynchage. Un agent lui crie de courir, avant de tenter de lui mettre une balayette, un autre le met en joue au LBD. L’homme est plaqué au sol et immédiatement tabassé. Une grenade lacrymogène se déclenche au niveau de sa tête, pouvant occasionner de graves blessures. Il est traîné au sol, inanimé. La vidéo s’arrête là.
Cet homme, c’est Flavel, 35 ans, agent d’accueil dans une salle de sport et musicien. Dix jours après son interpellation, il est toujours traumatisé. Il a raconté dans une interview au Monde : «A un moment donné, je suis asphyxié, je n’arrive même plus à respirer. Je vois ma vie défiler. Je me prends des coups, des coups. Je vois des étincelles sur mon visage. Aujourd’hui, je sais que c’est une grenade». Il garde le visage tuméfié au niveau de l’œil. «Depuis, je ne sors plus de chez moi, j’ai perdu l’appétit».
Ce soir là, trois mineurs de 15 ans ont aussi été placés en garde à vue. L’un d’eux est celui qui reçoit un tir de LBD dans la vidéo. Il est lui aussi tabassé au sol à coup de pieds par un policier. Sa sœur, Meliane explique : « Il a ensuite essayé de courir. On lui a dit : ‘Arrête-toi’. Il s’est arrêté immédiatement, il a mis les mains en l’air. On lui a tiré dessus avec un flashball, il s’est fait menotter et ensuite il s’est pris des coups de pied », rapporte-t-elle. La jeune femme assure qu’il a été hospitalisé 24 heures à la suite de cette interpellation. Il a aussi été victime d’insultes racistes : « Il s’est fait traiter de ‘sale bougnoule, sale n***' ».
Qu’est-ce qui a déclenché tout ça ? Une première arrestation réalisée à 17 heures, qui a mis le feu aux poudres. Un jeune homme de 18 ans, mis en cellule pour « outrage et rébellion ». Lui aussi porte plainte contre la police. Les médias l’ont présenté comme un « narcotrafiquant », il n’en est rien : ce n’est même pas ce qui lui est reproché.
Enfin, un autre homme, Bader Ibrahim, qui était présent sur les lieux, se dit recherché par la police qui veut le « faire taire ». Il a expliqué au journal l’Humanité avoir « peur ».
21 Mars, Vitry-sur-Seine : passé à tabac pour un barbecue
Dernier jour de l’hiver, et début du printemps. Les jeunes du quartier des Peupliers organisent un barbecue après une maraude. Un moment de convivialité et de partage au pied des HLM gris. Ce sont des adolescents de 16 et 17 ans pour la plupart. Vers 21h, la soirée vire au cauchemar : ils vont être victimes d’une descente punitive de police.
Plusieurs d’entre eux sont poursuivis et coursés par les policiers, certains frappés. Adel, 17 ans se retrouve coincé dans un hall d’immeuble. Menotté, il est frappé par plusieurs policiers et reçoit une décharge de pistolet électrique. C’est une maman du quartier qui s’interpose en filmant la scène. « Ferme ta gueule, tu vas mourir ce soir sale arabe ». Ce sont les mots menaçant et racistes d’un agent assermenté de l’État. Sans l’intervention du voisinage, Adel serait-il mort tabassé par la police ? Malgré ses blessures lourdes, et son admission à l’hôpital, le jeune homme sera placé en garde à vue par les fonctionnaires de police. Il y a derrière les images de blessures un enfant, une famille, des vies.
22 mars, Rilleux-la-Pape : morsure de chien policier à la gorge
Ce dimanche, lors d’un contrôle, un chien policier démuselé a été lâché sur un jeune homme de 16 ans, qui a été mordu à la gorge. Des vidéos montrent les traces de crocs des deux côté de son cou, dont une enfoncée profondément près de la carotide. Les médecins ont expliqué à la famille qu’à 2 centimètres près, il serait sans doute mort. Les habitants dénoncent un climat détestable dans cette commune, avec une omniprésence policière et des violences répétées, notamment de la police municipale.
Le maire Horizons Alexandre Vincendet n’a rien à envier à l’extrême droite : il avait déjà menacé sa population de « retirer les aides » si les enfants « ne rentrent pas chez eux » en novembre 2024. Après cette nouvelle affaire qui a failli couter la vie à un jeune homme, une révolte a éclaté dans le quartier.
Cette fois-ci, le maire raconte que « la laisse du chien cède » et que « l’animal est alors frappé au visage ». Sauf qu’une vidéo montre la scène : des jeunes en bas d’une tour, encerclés par des policiers municipaux agressifs équipés de lampes, et un agent de police qui tire le chien d’attaque vers lui, détache sa laisse et sa muselière, avant que le canidé ne saute sur le jeune, suivi d’un gazage, de coups et d’une mêlée générale.
11 mars Ivry-sur-Seine : un homme handicapé frappé chez lui
Cette affaire a eu lieu durant une perquisition. Ce matin là, la police débarque dans un appartement pour interpeller quelqu’un qui n’était pas sur-place. Pour rien donc. Et plutôt que de repartir, elle en profite pour tabasser un jeune homme de 24 ans soufrant d’un handicap mental lourd. Il est dans un état grave, son oreille a été partiellement découpée. Il s’appelle Islam M., et ne peut pas s’exprimer sur ce qu’il a subi.
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