Sous le régime de Vichy, les collaborationnistes pouvaient dénoncer leurs voisins juifs ou communistes par vengeance, par jalousie, par envie de s’accaparer leurs biens. Ce sont ce genre de passions tristes qui font le lit du fascisme, et révèlent les pires bassesses humaines. En 2026, des scènes similaires ont lieu aux USA, où le racisme de l’ICE est utilisé pour régler des comptes.

L’ICE utilisée pour priver une mère de la garde de son fils, sur fond de rupture conflictuelle
Le 20 mars, le New-York Times révélait qu’un ami de Donald Trump avait fait intervenir la milice ICE pour faire expulser son ex-compagne Brésilienne dans le cadre d’un litige sur la garde de leur fils. Ce proche du président des USA se nomme Paolo Zampolli, un ancien agent de mannequins devenu conseiller spécial de Donald Trump. En juin 2025, il contacte David Venturella, qui est alors haut fonctionnaire de l’ICE – Immigration and Customs Enforcement – après que son ancienne conjointe, Amanda Soares Felizardo Ungaro, ait été placée en détention à Miami pour fraude. Dans cette affaire, à la base, rien à voir avec les services anti-immigration.
Mais le conseiller de Trump, apprenant la nouvelle de l’incarcération de son ex-compagne avec qui il est en conflit, saute sur l’occasion. Il intervient pour qu’elle soit déportée vers le Brésil, ce qui constitue une ingérence directe depuis l’intérieur de la Maison Blanche pour régler d’une façon absolument abominable un différent familial. Zampolli va d’abord balancer aux autorités la situation irrégulière dans laquelle se trouve Amanda Ungaro et pousser pour son transfert d’une prison vers un centre de détention de l’ICE afin de faciliter son expulsion.
Ensuite, c’est David Venturella, le haut responsable de l’ICE donc, qui contacte le bureau de l’agence à Miami. Il va s’assurer que des policiers de l’ICE vont bien chercher Amanda Ungaro en prison avant qu’elle ne soit libérée sous caution. Elle sera transférée puis expulsée au Brésil. Amanda Ungaro était elle-même amie de Melania Trump. Dans cette instrumentalisation de la milice raciste au plus haut sommet de l’État, il se pourrait que ce soit Donald Trump qui ait tranché et acté directement l’affaire pour aider son ami Zampolli. Une méthode de ripoux digne des pires scénarios de films mafieux.
Il y a une affaire sordide dans cette affaire déjà ignoble. C’est dans les années 90 que Trump et Zampolli commencent à entretenir des liens amicaux, habitués de la vie nocturne new-yorkaise. C’est Zampolli qui présente Melania Knauss, la future première dame, à Donald Trump en 1998. En 2002, Amanda Ungaro débarque à New-York avec son agent français à bord du jet privé de… Jeffrey Epstein. Elle n’a que 17 ans quand elle rencontre Zampolli. Deux ans plus tard, les deux débutent une relation qui va durer plus de 20 ans. Ils auront un enfant ensemble en 2010. Zampolli promet un mariage à Amanda pour stabiliser sa situation administrative. Ce qui n’arrivera jamais… Aujourd’hui il a usé de son pouvoir pour évincer de sa vie la mère de son fils. Monstrueux.
Une patronne utilise l’ICE pour éviter de payer ses ouvriers sans-papiers
Dans l’État du Maryland, aux États-Unis, une autre forme de délation cynique a eu lieu. L’arrestation a été filmée en direct depuis un smartphone, par un ouvrier sur un chantier. La séquence a largement été diffusée sur les réseaux sociaux. D’après un témoin de la scène, c’est la propriétaire de la maison que les travailleurs sans-papiers guatémaltèques rénovaient depuis plusieurs jours qui a alerté les autorités. Elle les a embauché, pour ensuite les jeter en pâture aux agents de l’ICE.
Les faits se sont déroulés le lundi 23 mars à Cambridge. Les six hommes arrêtés sont âgés de 18 à 40 ans. Ils venaient de commencer leur journée de travail sur le chantier. Sur les réseaux sociaux, certains accusent la propriétaire d’avoir organisé cette rafle pour ne pas payer les salaires des ouvriers. Des internautes avancent des chiffres de l’ordre de 100.00 dollars.
Selon le témoin, « la propriétaire aurait clairement annoncé qu’elle appellerait à nouveau les forces de l’ordre si d’autres ouvriers immigrés venaient pour terminer son chantier »…
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