Des millions de personnes ont manifesté aux USA et en Angleterre, mais aussi ailleurs en Europe, samedi 28 mars, contre Trump, l’extrême droite et la guerre. Des mobilisations gigantesques au cœur de l’empire ont eu lieu : tour d’horizon.
«No Kings, No ICE, No War»
Aux USA, c’est le troisième rendez-vous en un an derrière le slogan «No Kings», un mouvement sans leader, lancé après la réélection de Donald Trump, et qui parvient à organiser, à partir des réseaux sociaux, des milliers de manifestations coordonnées.
La première mobilisation avait eu lieu en juin 2025, le jour de l’anniversaire de Trump, qui organisait pour cette occasion un défilé militaire à Washington. Cette protestation «No Kings» avait ridiculisé le pouvoir, en réunissant beaucoup plus de monde que l’événement officiel au garde à vous.
Ce 28 mars, le mouvement revendique 8 million de participant·es aux USA dans les près de 3000 rassemblements organisés contre le fascisme et le militarisme de Trump. L’élément le plus frappant est, comme lors des précédentes dates «No Kings», la présence de manifestations dans les petites communes reculées, en plus de celles massives dans les grandes métropoles progressistes.
C’est à Minneapolis que le cœur de la mobilisation a eu lieu, dans une ville désormais devenue un symbole de la résistance à l’autoritarisme du président des USA. C’est de Minneapolis qu’ont émergé les émeutes contre les violences policières après la mort de George Floyd en 2020, c’est aussi la ville où le mouvement anti-ICE a été le plus fort ces derniers mois, avec des groupes de citoyens qui résistent aux rafles policières, des manifestations massives, des affrontements… Deux habitant·es de Minneapolis en ont payé le prix du sang, assassiné·es par la milice de Trump au début de l’année : Alex Pretti et Renee Good. Cette résistance de terrain a permis d’obtenir des victoires contre l’ICE, notamment la démission du chef local de cette milice.
Ainsi, à Minneapolis, une série de discours ont été ponctués de concerts de grandes stars de la musique comme Bruce Springsteen, Joan Baez et de célébrités comme Jane Fonda. On aimerait que les artistes français·es en fassent autant. Si pour l’instant Trump affiche son mépris pour ce mouvement aussi vaste que pacifique, c’est bien une lame de fond silencieuse qui se lève dans la première puissance mondiale.
Des centaines de milliers de personnes à Londres
Selon les organisateurs, il s’agit de «la plus grande marche contre l’extrême droite de l’histoire du Royaume-Uni». Les estimations montent jusqu’à 500.000 personnes dans les rues de Londres le 28 mars, pour cette marche dénonçant à la fois le racisme, l’extrême droite et le génocide en Palestine. Il s’agit d’un écho aux manifestations du même jour aux USA, organisé en Angleterre par la coalition Together Alliance, qui rassemble des syndicats et des collectifs du mouvement social.
Il y a 6 mois, c’est Tommy Robinson, ancien hooligan néo-nazi devenu fidèle serviteur d’Israël et influenceur raciste, qui mettait dans la rue 150.000 personnes contre l’Islam et l’immigration. En parallèle, des émeutes racistes ont éclaté à plusieurs reprises dans tout le Royaume-Uni depuis deux ans devant des centres d’accueil, et l’extrême droite électorale ne cesse de monter. Il n’est plus exclu de voir Nigel Farage, le chef du parti réactionnaire Reform, arriver au pouvoir. Nos voisins d’Outre-Manche ne sont plus immunisés contre l’extrême droite.
Comme en France, les néofascistes sont bien aidés par les gouvernements en place. Le premier ministre, Keir Starmer, sorte de Manuel Valls britannique, mène une politique militariste, pro-Israël et xénophobe, faisant de la «lutte contre l’immigration» l’une de ses priorités. En novembre, il a mis en œuvre une modification de la politique d’asile et des mesures pour empêcher les traversées de la Manche. Comme Macron, ce dirigeant surfe sur les peurs tout en appliquant des mesures néolibérales qui sèment le désespoir social, pavant la route de l’extrême droite.
Ailleurs qu’aux USA et en Angleterre, des milliers de personnes ont manifesté à l’appel de «No Kings» à Amsterdam, Madrid ou Rome.
AIDEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.






