Perquisitions ratées, agressions racistes, déploiement militaire, contrôle du net… Le point sur l’état d’urgence


Depuis que l’État d’Urgence est décrété voici notre troisième revue de presse. Il n’y a pas un jours sans une avalanche de mesures autoritaires et d’agressions en tout genre. Alors que l’État sécuritaire se renforce, les policiers, eux, continuent à faire n’importe quoi…


Perquisitions ratées

À Nice, le RAID débarque surarmé dans un appartement. Ils font sauter la porte et blessent une fillette de 9 ans. «J’ai cru que ma fille était morte», témoigne le père de famille, par ailleurs suspecté à tort. L’appartement visé n’était pas le bon, la police voulait perquisitionner le voisin.

http://www.nicematin.com/nice/video-une-fillette-blessee-lors-dune-descente-du-raid-a-nice.2401142.html

Gérard, habite avec sa famille dans un village du Gard. En pleine nuit, il est perquisitionné par 50 militaires cagoulés et armés. «La fenêtre de la chambre de ma fille a reçu un impact. Je l’ai entendu dire : ‘Papa, papa, on m’a tiré dessus», raconte-t-il. Après avoir ravagé la maison familiale, les gendarmes sont repartis bredouille. En s’excusant.

http://www.objectifgard.com/2015/11/19/exclusif-pres-dales-temoignage-cetait-lassaut-de-saint-denis-chez-moi/

En Belgique, une autre maison saccagée et une famille agressée en pleine nuit et «par erreur» par la police anti-terroriste dans la banlieue de Bruxelles.

http://www.rtbf.be/info/dossier/attaques-terroristes-a-paris/detail_une-famille-arretee-par-erreur-lors-des-perquisitions-a-molenbeek

Racisme

Marseille, deux agressions racistes mardi et mercredi. Une femme voilée malmenée et traitée de terroriste, un enseignant juif tailladé au cutter. Islamophobie et antisémitisme : mêmes fachos, mêmes méthodes.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/video-agressions-racistes-a-marseille-les-auteurs-toujours-en-fuite-19-11-2015-5293003.php

Blaye, paisible village Girondin. Un kebab attaqué et visé par des tirs de fusil aux cris de «sale arabe» et «terroriste».

http://m.20minutes.fr/bordeaux/1733883-20151119-attentats-paris-kebab-blaye-vise-tirs-fusil-insultes-racistes

Lyon, place forte des identitaires : un jeune musulman tabassé par des fascistes, en plein cœur de la ville :

http://www.bladi.net/lynchage-islamophobes-lyon,43638.html

Guerre intérieure

C’est le journal très à droite Le Point qui s’en félicite, le gouvernement veut faire la guerre «à l’extérieur et à l’intérieur du territoire français». L’hebdomadaire annonce avec gourmandise l’envoi de l’armée dans «certaines banlieues, en Île-de-France, autour de Lyon, de Grenoble ou de Lille, devenues pratiquement des zones de non-droit». Le Point souligne les avantages de l’État d’Urgence, qui permet «l’utilisation massive de l’armée» dans les cités, “de jour comme de nuit, sans le feu vert d’un juge d’instruction – «et sans que Christiane Taubira vienne mettre des bâtons dans les roues des forces de l’ordre”, murmurent certains». Le journal conclut toujours sur un vocabulaire de guerre ce «déploiement va permettre de reconquérir les quartiers». Et demain, les militaires sur la ZAD ?

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/michel-colomes/attentats-de-paris-operation-reconquete-en-banlieue-16-11-2015-1981966_55.php

Blocage d’Internet

Une autre mesure dont Le Pen n’osait pas rêver, et que le PS est en train de faire passer en toute tranquillité. À la faveur de l’État d’Urgence, l’État pourra bloquer des sites Internet sans aucun délai ni contrôle. Lecteurs et lectrices, partagez les médias libres – notamment Nantes Révoltée – avant qu’il ne soit trop tard !

http://www.numerama.com/politique/131442-letat-pourra-bloquer-des-sites-internet-sans-aucun-delai-ni-controle.html

Insolite pour finir

À Nantes : sur les conseils avisé d’une balance, la police débarque dans un domicile vide, dont le propriétaire est en vacance. Ils sont persuadés de tomber sur une cache d’armes. Les fusils saisis sont finalement… en plastique !

http://www.20minutes.fr/nantes/1734811-20151120-nantes-policiers-saisissent-kalachnikov-plastique


Dictature (du latin dictatura) :
Pendant la République Romaine, magistrature exceptionnelle qui attribue, en cas de troubles majeurs, tous les pouvoirs à un seul homme ou un groupe d’hommes de façon temporaire.

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