Les violences policières : point aveugle des élections

L’affaire d’Aulnay-sous-Bois est une autre manifestation de la militarisation du maintien de l’ordre. Il y a près de 15 ans, un scandale mondial éclatait après les révélations de viols et d’actes de torture commis par des militaires américains sur des détenus de la prison d’Abu Ghraib en Irak. Toute l’administration Bush était mise en cause, et les soldats impliqués sanctionnés.

Humilier, marquer le corps, violer l’intime sont autant de pratiques dignes d’une armée d’occupation aux relents coloniaux.

Aujourd’hui, c’est sur le territoire français, en plein jour et sur l’espace public qu’un jeune homme est violé par la police. Théo revient sur l’agression qu’il a subie. A lire alors que ces questions sont totalement éludées des campagnes électorales qui viennent de terminer.

“Je me relève, je demande encore pourquoi tout ça. Pas des réponses, des coups. Et le policier qui est à terre me gaze pendant qu’un de ses collègues me fait une clef de bras tandis que l’autre s’accroche à ma jambe. Du coup, je suis penché et je sens mon pantalon tiré vers le bas. Celui qui est dans mon dos est armé de sa matraque. Il ne m’a pas frappé avec. Il me l’a rentrée dans les fesses.

[…]

Un grand du quartier, âgé d’une quarantaine d’années, s’approche à ce moment-là. Il dit aux agents qu’il veut voir ce qu’ils sont en train de me faire. Un des policiers le braque avec son flash-ball, il lui dit “barre-toi”. Mais l’homme est déterminé, il dit je reste. Je le remercie, parce que s’il n’avait pas été là, je serai peut-être mort aujourd’hui.

[…]

Je suis plié en deux, on me traite de sale negro, de bamboula. Un agent dit que tout ça mérite un petit snap, un autre qu’il croit que je saigne “du fion”. Ils rigolent. Moi, j’ai très mal. La douleur est intense.”

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/…/theo-raconte-je-me…

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