Mais oui, mais oui, les élections sont finies !


Parlement illégitime, grève des électeurs, et après ?
La rue est à nous, que la joie vienne.


Enfin, les élections sont finies ! L’interminable séquence politique débutée après la fin du mouvement contre la Loi Travail vient de toucher à sa fin, elle aura duré près d’un an. Primaires de la droite, puis de la gauche, élections présidentielles, puis législatives. Cette succession de campagnes et de votes a confisqué la question politique et anesthésié les luttes. Avant de passer aux choses sérieuses, quelques réflexions sur le second tour des législatives.

1 – La grève des électeurs

57% des inscrits sur les listes électorales ont boycotté les urnes. Sur la petite minorité qui s’est rendue à l’isoloir, près de 10% ont voté blanc ou nul ! En terme de désaveu de la classe politique, nous avons ici un record absolu. Le «renouveau» politique, la «moralisation» de la vie publique, l’arrive de la «société civile» au parlement – autant d’éléments de langage vendus jusqu’à l’écœurement par les communicants – n’ont pas réussi à faire illusion. Nous assistons bien à la fin d’un cycle. Remplacer, sur les bancs de l’assemblée, des vieillard cravatés par des quarantenaires chefs d’entreprises ou avocats ne fait déjà plus rêver personne. Mais la désertion ne suffit pas. Il faut à présent transformer l’abstention en action, le dégoût en révolte.

2 – La faiblesse du FN

Depuis des mois, des années, l’espace médiatique est littéralement monopolisé par les thèmes et le lexique de l’extrême droite : insécurité, islam, immigration. Des chroniqueurs ouvertement racistes et largement rémunérés bénéficient de l’audience du service public pour propager leurs idées. Depuis le début de la campagne, Marine Le Pen et ses amis ont été présentés comme des gagnants potentiels, et ont bénéficié d’une couverture télévisuelle en conséquence. Finalement, le FN n’obtient qu’un très faible nombre d’élu et subit un désaveu politique cinglant. Le parti d’extrême droite se révèle tel qu’il est : un épouvantail pratique, utilisé tous les 5 ans par les maîtres chanteurs du vote utile. Si Le Pen a prouvé sa faiblesse institutionnelle, l’extrême droite dispose en revanche d’une hégémonie sur le plan des idées. Les mots et les pensées frontistes ont infusé dans toute la classe politique. Et c’est aujourd’hui le gouvernement Macron qui durcit encore la chasse aux migrants, les violences policières et compte graver dans le marbre l’état d’exception. Il est plus que temps d’imposer une contre-hégémonie.

3 – Ce gouvernement est illégitime

Le «tsunami» annoncé n’a pas eu lieu. Avec environ 300 députés, Macron obtient la majorité absolue mais reste bien loin des 450 sièges proclamés par avance par les sondeurs. L’assemblée sera largement dominée par des cadres supérieurs mal élus dont la bêtise et l’inculture rivalise avec celle de Cyril Hanouna. C’est ce parlement du vide et de l’insignifiant qui doit faire passer par ordonnances, dès les prochains jours, les attaques considérables prévues par Macron. Plus qu’auparavant, le voile de l’illusion démocratique s’évapore. En marche vers la destitution.

4 – Et à Nantes ? C’est la honte

La start-up de Macron fait carton plein et dévore un fief socialiste solidement installé depuis près de 30 ans. Plus qu’une victoire d’En Marche, on peut parler d’une défaite de l’opposition. Sur un territoire marqué par des luttes importantes – contre l’aéroport et la loi travail notamment – et largement acquis à la gauche, les candidats de Mélenchon semblaient avoir disparu depuis le 1er tour des élections présidentielles. Là où ils ont appuyé les mouvements sociaux – par exemple en Picardie, avec François Ruffin – ils s’imposent. Ailleurs, la défaite est au rendez-vous. Le rapport de force se construit toujours avec la rue.

Le mot de la fin est offert par la maire de Nantes, Johanna Rolland qui déclarait quelques instant après les résultats : «Le PS est devenu un archipel d’egos et de clans». Une analyse qui cadre avec l’attitude pathétique d’un Manuel Valls réduit à trafiquer des bulletins dans sa circonscription pour s’accrocher au pouvoir. Cette description peut s’appliquer à la classe politique dans son ensemble.


À nous d’écrire la suite dans la rue. Rendez-vous dès ce lundi soir pour le Front Social. Contre Macron et ses ordonnances, prenons la rue le 19 juin.
Et ensuite…


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