Nantes : quand la justice défend ouvertement l’extrême droite

En mai dernier, Erwan et Steven étaient tabassés et laissés pour mort par des militants néo-nazis du GUD. Quelques semaines plus tard, une militante d’extrême droite téléphonait à Erwan – encore hospitalisé – pour l’intimider et le pousser à modifier sa plainte. Une méthode mafieuse. A son tour poursuivie pour “subornation de témoin”, elle passait en procès lundi dernier.

Et devinez quoi ? Le procureur – oui, le représentant de l’État, celui qui réclame habituellement les sanctions les plus lourdes à chaque procès – a demandé… une dispense de peine !

Incroyable mais vrai. L’extrême droite soutenue au plus haut niveau des institution judiciaires.

Affaire à suivre.


“Une femme est jugée pour avoir menacé un jeune homme, infirme à vie après avoir été violemment agressé par des militants d’extrême droite. […] Erwan est à l’hôpital en service de rééducation, le corps enserré du bassin à la tête dans une coque rigide, une vertèbre cervicale brisée, sorti du coma un mois et demi plus tôt avec un an d’interruption temporaire de travail (ITT) et un diagnostic d’infirmité à vie. Au téléphone, pendant plus d’une heure, la compagne d’un des cinq agresseurs tente de minimiser l’attaque du 7 mai à Nantes. […] elle comparaissait en correctionnelle pour «acte d’intimidation pour déterminer une victime à se rétracter».

[…]

Mise en examen, elle s’est montrée «arrogante, supérieure, dégoûtée de la justice», même menaçante, selon sa contrôleuse judiciaire, allant jusqu’à affirmer «Je n’en resterai pas là!» Depuis, elle assure avoir mené une «introspection», choisit les mots qu’il faut : «Je n’ai pas voulu nuire ou heurter la victime», qu’elle appelle «Monsieur» alors qu’elle l’a tutoyé lors du coup de fil qui lui vaut d’être à la barre. Le procureur, séduit par cette «position de remords, chemin intérieur», requiert une dispense de peine.”


Extraits d’un article de Libération.

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