Néo-nazis en procès à Angers : récidive, arrogance et impunité


Hier, mercredi 25 octobre, avait lieu à Angers le procès de trois militants néo-nazis – François-Aubert Gannat, fils de notable frontiste, Francois Mamès Cosseron de Villenoisy, rejeton de la noblesse nantaise, et Tanguy Martin, grand admirateur d’Adolf Hitler. La bande multipliait les agressions racistes à Nantes et Angers depuis des mois. Le 6 mai dernier, dans un bar, ils agressaient violemment deux copains dont l’un rwandais, était traité de «sous race. Même les animaux ont une race plus pure» avec des saluts nazis et des coups.
Les trois éléments à retenir :


1 – Des agresseurs multi-récidivistes. Combien d’agressions ?

La bande qui comparait le 25 octobre 2017 à Angers est un véritable groupe de malfaiteurs multi-récidivistes. En quelques mois, cette poignée de militants du GUD aura commis des attaques à répétition jusqu’au soir du 7 mai 2017, où ils laissent Erwan pour mort sur l’asphalte de l’arrêt de tram Du Chaffault. La presse nous apprend par exemple que François Cosseron de Villenoisy était déjà poursuivi pour avoir tabassé, avec ses amis, un passant bangladais dans une rue de Nantes « pour se défouler ». On apprend également qu’en février dernier, Tanguy Martin avait commis une ratonnade en attaquant un jeune et sa copine en criant « sale arabe », toujours à Nantes. D’autres agressions en bande sont signalées à Angers, toujours par le même groupuscule. Ajoutons les attaques en bande commises par les mêmes individus contre des manifestants du printemps 2016 à Nantes, et le passage à tabac de militants de gauche près du bar d’extrême droite Le Giggs en février dernier. Et ce ne sont que les affaires que nous connaissons. Mais combien d’autres ont été passées sous silence ? Combien de personnes agressées par ces néo-nazis n’ont pas porté plainte ? Combien d’affaires n’ont pas été communiquées à la presse ?

2 – Un nazisme assumé. Une arrogance hors du commun.

Les prévenus eux mêmes assument fièrement leur idéologie « nationaliste » et leur appartenance au groupe néo-fasciste Groupe Union Défense. Tanguy Martin utilisait, en guise de pseudonyme sur internet, le nom du dignitaire nazi à l’origine des camps de concentration Theodor Eicke. Quand la présidente évoque les saluts nazis effectués au moment de l’agression d’Angers, une de ses amies sourit dans la salle. On apprend aussi à l’audience que les fachos étaient venus à la soirée avec “manches à balai, barres de fer, manches de pioche”, pour chasser les “antifas de merde” et demandaient dans le bar “où sont les quartiers avec des antifas, pour aller se battre.” La défense des agresseurs au moment du procès est elle même particulièrement violente. Plutôt que de faire amende honorable, les avocats estiment que leurs clients néo-nazis étaient «en état de légitime défense », et que l’une des victimes « est venue chercher les problèmes et les a trouvés », malgré les vidéos, les aveux, les témoignages accablants ! Un avocat ose même : «l’antiracisme est le totalitarisme du XXIe siècle». Invraisemblable.

3 – L’extraordinaire gentillesse de la justice

Les agressions à répétition et l’arrogance des agresseurs s’expliquent par l’extraordinaire clémence de la justice. Il y a quelques semaines, une militante du GUD, Manon Le Cardiet, était poursuivie pour avoir intimidé la victime de Du Chaffault – encore hospitalisée à l’époque – pour le forcer à modifier sa plainte. Une pratique quasi-mafieuse. Le procureur avait requis … une dispense de peine ! Trois jours avant l’agression commise à Angers, François-Aubert Gannat avait été condamné suite à une ratonnade commise un an plus tôt à une peine … de prison avec sursis ! Alors que des dizaines manifestants sont condamnés à des sanctions extrêmement dures pour d’hypothétiques dégradations ou des accusations sans preuves de jets de projectiles n’ayant occasionné aucun blessé, la justice semble faire preuve d’une mansuétude inédite pour cette série d’agressions racistes en bande organisée. En quelque sorte, la justice a donné carte blanche à ces néo-nazis, jusqu’à ce qu’ils commettent l’irréparable.


Étant donné le nombre important et sans doute sous-estimé d’agressions commises par cette bande, n’hésitez pas à nous contacter si vous aussi vous avez été victime d’une attaque raciste ou à caractère politique de la part de militants d’extrême droite ces derniers mois.


[Illustration : Double page du quotidien Presse Océan, 26 octobre 2017]

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.