12 avril : récit d’une journée en mouvement


Jeudi 12 avril, ça a bougé de partout à Nantes et dans la région. Sur les routes, à la ZAD, dans les lycées, dans les rues. Retour sur une journée de luttes dans tous les sens.


  • Vigneux-de-Bretagne, à l’aube. Une barricade de pneus enflammés est allumée sur la 4 voies reliant Nantes et Rennes, au niveaux de Vigneux. Le trafic est interrompu plusieurs heures, les bouchons sont énormes, et bloquent à la fois les flux et les déplacements des forces de l’ordre.

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  • Nantes, au même moment. Plusieurs lycées sont bloqués contre la sélection. A chaque fois, ce sont des dizaines de camions de CRS qui viennent empêcher toute mobilisation lycéenne, notamment à Jean Perrin, Clémenceau, et Guist’hau. Une lycéenne témoigne : « on arrive à 6h tous déter, environ une dizaine, on commence à bloquer le lycée [la police] arrive, et bien sûr prévenu par notre cher proviseur, M. Cocotier. Nous avons été fouillé, bombe, banderole et drapeau volé, parce que oui c’est du vol ! […] Nous avons dû donner notre identité, nos numéros parents et de nous, adresse, et même des photos de prise. Plus tard, […] le directeur, pousse violemment les lycéens bloquant. Ce n’est pas normal, et nous décidons de rester jusqu’à 14H pour partir ensuite en manif tous ensemble. »
  • Sur la ZAD, au matin. La situation est plus calme, des barricades se renforcent et se construisent. On panse les plaies, on recense ce qui a été détruit. A présent, ce sont plusieurs centaines de personnes qui sont sur zone, prêtes à défendre le bocage face aux forces de l’ordre.
  • Nantes, 14h. 800 jeunes manifestants dans les rues de Nantes. Pour la première fois, il y a plus de lycéens que d’étudiants dans un défilé pour la sélection. La contestation lycéenne monte en puissance. Après un premier tour de manifestation tranquille mais très encadré, les CRS décident de nasser les participants Place du Bouffay, pendant plus d’une heure. Les manifestants tournent en rond dans la nasse. Ils finiront pas se disperser dans l’après-midi, avec la ferme envie de continuer.
  • 14h, carrefour de la Saulce, sur la ZAD. Escarmouche avec les gendarmes, qui envoient une série de grenades explosives et lacrymogènes puis se replient. Situation étrange. On signale de nombreux déplacements de véhicules aux quatre coins de la zone. Au même moment, Macron passe à la télé, et raconte que « tout ce qui était expulsable a été expulsé ». Le début d’une trêve ? Le doute persiste, mais l’hélicoptère a disparu du ciel, et la situation s’apaise, sous le soleil. Deux heures plus tard, nouvelles détonations dans le bocage. Des affrontements ont lieu autour de l’ancienne route des chicanes. Ils dureront plusieurs heures.
  • 18h à Nantes, contre la métropole. La manifestation de soutien à la ZAD, devant la préfecture, rassemble 200 personnes. Un rendez-vous est donné dans le bas Chantenay, pour protester contre le projet touristique «d’arbre aux hérons» et plus globalement contre la métropole. Les aménageurs prévoient de reconstituer, ex-nihilo, dans une ancienne friche industrielle, un jardin artificiel, luxuriant et très coûteux, avec des cascades et de la végétation. Un comble, alors que le vrai bocage est en proie aux destructions au même moment. Ce jeudi 12 avril, c’est l’inauguration de l’événement «Complètement Nantes», 80 jours pour promouvoir «NANTES DEMAIN». Malgré un énorme dispositif policier, quelques personnes arrivent à perturber la fête, en déployant une banderole «Nantes complètement ZAD. Métropole, ras le bol !» et en faisant du bruit, avant de repartir en bloquant les rues.

https://nantes.indymedia.org/articles/40903


Ça crépite, à Nantes comme partout, sur différents fronts. Rencontrons-nous !


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