Allemagne : mort pour du charbon


Il s’appelait Steffen. Ce jeune journaliste indépendant était présent à Hambach, à l’ouest de l’Allemagne, pour raconter les opérations d’expulsions qui s’y déroulent. Il est mort mercredi 19 septembre.


À l’ouest de l’Allemagne, en Rhénanie, une machine monstrueuse, une des plus grandes jamais construite par l’homme, dévore des kilomètres entiers de paysages. Le gouvernement l’utilise pour extraire du charbon dans le sol. Une énergie fossile, obsolète, et terriblement polluante, encore massivement utilisée par les allemands. Cette machine de 96 mètres de haut s’appelle le Bagger 288 et avale tout sur sont passage : champs, forêts, villages dont les habitants ont été chassés. Et ne laisse derrière elle qu’une immense crevasse désertique de plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Les destructions énormes provoquées par cet engin sont visibles depuis l’espace, par satellite.

C’est contre cette opération de destruction massive qu’une lutte s’organise depuis des années, dans la forêt de Hambach, une forêt millénaire visée par l’énorme machine à extraire du charbon et déjà partiellement rasée. Comme à Notre-Dame-des-Landes, des militants y vivent dans des cabanes, souvent construites dans les arbres, et s’organisent avec les habitants des alentours. Ces derniers jours, une opération d’expulsion de la forêt est organisée par les autorités, avec pas moins de 3500 policiers, des canons à eau, des hélicoptères… Un air de déjà vu.

C’est dans ce contexte révoltant que Steffen est mort, en chutant d’un pont suspendu aux arbres, lors des expulsions. «Notre ami était apparemment en chemin pour filmer l’interpellation lorsqu’il est tombé» écrivent les militants sur place. Les circonstances du drame restent floues, mais une chose est sûre, si l’État n’avait pas organisé une gigantesque opération policière, Steffen serait en vie.

Alors que les gouvernants font semblant de se préoccuper de la planète lors de sommets internationaux, ils mettent en place des aménagements destructeurs et répriment les défenseurs de la nature. De Notre-Dame-des-Landes à Hambach en passant par Bure, partout, mettons un terme aux projets qui ravagent les terres et détruisent des vies pour les profits capitalistes.

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