Le 24 novembre en chiffres


5000 GRENADES, DEUX MAINS ARRACHÉES, UN HOMME ÉBORGNÉ, DES DIZAINES DE BLESSÉS


Samedi après-midi dans les rues de Paris, les «gilets jaunes» ont réussi à envahir les Champs-Élysées, l’artère la plus luxueuse et la plus célèbre de la capitale. Pour se venger, le gouvernement, qui avait bouclé tout le cœur de la capitale, a déchaîné une répression hors norme face aux milliers de manifestants présents. Le bilan est affolant. Quelques chiffres :

5000 grenades

En une seule après-midi, 5000 grenades ont été tirées par la police contre les manifestants. La grande majorité ont été envoyées entre 10h le matin et 20h. Ce qui représente environ 500 grenades tirées chaque heure. En moyenne une toutes les 8 secondes sans interruption. «C’est du jamais vu» déclare le Préfet de Paris.

14 heures d’affrontements

Une journée complète, puisque les Champs Élysées ont été investis dès le matin et que la police n’a réussi à reprendre l’avenue qu’à la nuit tombée. La préfecture précise dans un article : «le premier tir de grenade était à 9h15, le dernier à 23h30».

Deux mains arrachées

C’est un bilan extrêmement lourd, et qui n’est peut-être pas définitif. Plusieurs journalistes sur les Champs-Élysées ont constaté qu’un manifestant avait eu la main soufflée par une grenade. Le site Lundi Matin a diffusé une vidéo insoutenable montrant une vaste plaie au bout du bras d’un jeune homme. Le service de communication des pompiers de Paris affirme que deux personnes ont été prises en charge samedi entre 18 et 20 heures en bas des Champs-Élysées pour des «graves blessures aux mains». La préfecture parle d’une victime de sexe féminin. Il y aurait donc deux mains arrachées en quelques heures par les armes de la police, un jeune homme et une femme. L’État français utilise des armes de guerre contre sa population.

Des dizaines de grenades explosives

Sur les Champs-Élysées, les gendarmes tiraient dans la foule un grand nombre de grenades GLI F4, des explosifs contenant une charge de TNT. Cette grenade est mortelle et a causé de nombreuses blessures ainsi que la perte d’une main à Notre-Dame-des-Landes au printemps dernier. Les envoyer dans des rues confinées de Paris, remplies de manifestants, est un acte très grave et lourd de conséquences.

Un homme éborgné

La police a aussi tiré beaucoup de balles en caoutchouc sur les «gilets jaunes», avec des Lanceurs de Balles de défense. Dans le secteur de la Madeleine, un homme «bien en arrière de la ligne de contact avec les forces de l’ordre» qui s’éloignait reçoit un choc dans le visage. «Il a perdu son œil gauche et son globe oculaire est poly-fracturé» écrit un de ses amis. Cela porte à trois le nombre de personnes touchées par les armes répressives qui garderont des séquelles à vie.

Des dizaines de blessés

Le 24 novembre, la plupart des manifestants peu habitués aux mobilisations, ignoraient tout des armes utilisées par la police. Beaucoup ne faisaient pas attention et se trouvaient parfois très proches des explosions, voire tentaient de ramasser les munitions tirées. Il y aurait pu y avoir des morts ce samedi 24 novembre. Par ailleurs, des dizaines de blessés, souvent à la tête, ont été recensés au cours de l’après-midi.

103 interpellations

C’est le bilan conséquent des charges policières en fin de journée. La plupart des personnes arrêtées sont encore en cellule, ou ont commencé à comparaître aujourd’hui, lors de procès à grand spectacle devant de nombreux journalistes. Comme dans toutes les révoltes, il faut faire des exemples et terroriser celles et ceux qui soutiennent ce mouvement. Par les armes ou par la prison.


Sources :

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